Mss. 160, f. 333 et suiv
de cette censure était réservée à Tévêque seul. Tous confesseurs des religieuses étaient examinés et approuvés par Tévêque. Tout prêtre confessant les religieuses hors de leur monastère, sans une permission expresse de Tévêque, encourrait la peine de suspense des Ordres^.
Notre prélat faisait avec une attention édifiante et scrupuleuse la visite annuelle des monastères de religieuses, pour voir si la discipline régulière s'y observait fidèlement, en ce qui regarde le vivre, le vêtir, la clôture, les exercices spirituels et les constitutions ou les règles de chaque Ordre, comme aussi l'élection de la supérieure, et le gouvernement intérieur et domestique. Après avoir annoncé d'avance les jours déterminés de sa visite, il se transportait en l'église du monastère de la Visitation de Limoges, par exemple, accompagné de la suite ordinaire des ecclésiastiques de sa maison. Ayant célébré la messe du Saint-Esprit et fait chanter aux religieuses le Veni Creator^ l'évêque leur adressait de la grille du chœur une exhortation sur le sujet de sa visite. Après le chant du Tantum ergo, il faisait l'inspection du tabernacle, des autels, de la grande grille, de la fenêtre de la communion, comme aussi de la sacristie, des tours, et des parloirs extérieurs, pour se rendre compte de leur état décent et en dresser un procèsverbal qu'il signait et laissait entre les mains de son secrétaire. Le même jour, l'évêque montait dans l'après-midi au parloir où il faisait venir les religieuses du monastère, l'une après l'autre, pour procéder au scrutin, c'est-à-dire aux auditions secrètes des religieuses, qu'il était parfois nécessaire de continuer jusqu'au lendemain et même le jour suivant. De tous ces colloques l'évêque dressait à la fin un procès-verbal qu'il signait. Puis il se transportait avec ses officiers ecclésiastiques tous revêtus de surplis dans la clôture du monastère, pour y faire la visite de l'intérieur. Il devait être reçu à la porte par la supérieure du couvent et ses religieuses qui lui mettaient entre les mains les clefs de la maison et le conduisaient d'abord dans le chœur de l'église. Après avoir fait là les prières accoutumées, le prélat visitait le chœur, les grilles, les confessionnaux, les parloirs. Puis, accompagné delà supérieure et des quatre plus anciennes religieuses, il était conduit dans le dortoir, les cellules, à l'infirmerie, au noviciat, au réfectoire, à la cuisine, à la cave, au grenier, dans tous les autres offices de la maison, enfin dans la chambre de l'assemblée. C'est là qu'il tenait le chapitre et faisait les corrections qu'il jugeait convenables. A la sortie de la clôture il se rendait au parloir, pour y examiner les comptes de la gestion du temporel. De tout cela encore il dressait un procès-verbal qu'il signait et faisait signera son grand- vicaire. De l'ensemble des constatations, il tirait des conclusions sous forme de règlements. Il arrêtait, par exemple : qu'on garderait plus exactement le silence au temps marqué par la constitution ; il enjoignait à la supérieure de tenir la main à l'observation de plusieurs