‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 316 sur 480 · I. Visites pastorales du prélat · texte numérisé non relu

I. Visites pastorales du prélat

« Nul évêque, a dit de notre prélat l'un des historiens de l'abbé de Rancé, ne s'occupa davantage de son diocèse, nul ne le visita avec plus de fruit et de bénédiction, nul ne jeta plus d'aumônes dans le sein des pauvres, nul ne se signala par plus de bonnes œuvres pendant ses dix-huit ans d'épiscopat * ». C'est là d'ailleurs, textuellement, le témoignage éclatant que rendent à Louis d'Urfé les auteurs du Gallia christiana ^.

De l'aveu de M. Tronson, son directeur, la visite des paroisses fut considérée par notre prélat réformateur comme la première et la principale de ses préoccupations pastorales^. Ce devoir si important des visites annuelles du diocèse pour chaque évêque, sur lequel insiste particulièrement le concile provincial de Bourges (titre 33c), Louis d'Urfé le pratiqua de la façon la plus édifiante tous les ans, dans l'intervalle du temps qui séparait la tenue de ses synodes (depuis le mois de mai jusqu'aux premiers jours d'octobre). La suite du prélat se composait d'un train de dix personnes et de sept chevaux, conformément aux instructions de saint Charles pour les évêques de son temps. En vérité, ajoute Michel Bourdon, on ne peut réduire les choses à un moindre nombre, car il faut que l'évoque d'un diocèse soit accompagné dans ses visites d'un grand vicaire ou d'un ecclésiastique de son conseil, d'un promoteur, d'un secrétaire, d'uA aumônier et d'un valet de chambre *. Bien qu'il eut à cœur d'être à charge le moins possible à ses curés, notre prélat exigeait de leur part, comme son prédécesseur le paiement d'un droit (le visite. La taxe établie au commencement, dans le diocèse de Limoges était d'ailleurs fort modérée, dit le vicaire général Bourdon : chaque église était imposée pour une contribution de vingt ou de trente sols ou d'un écu selon les proportions du revenu paroissial. Les curés trop pauvres étaient exempts de toute redevance 5.

Quand l'évêque devait faire son entrée pour la première fois

dans une ville de son diocèse, le clergé du lieu, précédé de la croix

• devait aller au devant de lui en procession, jusqu'en dehors de la

1. Dubois, Histoire do Vahbé de Rancé, l. II, p. 046. L'auteur fait remarquer que le jugement porté ainsi sur ce prélat est tiré de plusieurs fragments de lettres adressées par lui à son ami.

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