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porte de la ville, et pour les autres fois, au dehors de la porte de l'église principale. Près de l'endroit où l'entrée avait lieu, devait être disposée une table convenablement recouverte avec une croix et un prie-Dieu. C'est là qu'à son arrivée, le prélat devait se revêtir de ses ornements pontificaux. Puis, l'ecclésiastique le plus élevé en dignité, couvert d'une chape précieuse, présentait à l'évêque une croix à baiser au moment où celui-ci s'agenouillait sur le prie- Dieu. Alors, les chantres chantaient l'antienne sacerdos et pontifeœ. C'est à la porte de la ville que les magistrats devaient offrir leurs hommages au prélat et raccompagner ensuite, en portant sur lui le baldaquin. La procession défilait dans les rues, au son des cloches et au chant du Te Deum et du Benedictus. Après l'aspersion de l'eau bénite à la porte de l'église principale, la bénédiction de l'encens, et l'encensement de l'évêque, le cortège se rendait au maître-autel. Le prélat en montant les degrés, donnait au peuple la bénédiction solennelle et exposait ensuite dans une courte allocution les motifs de sa venue. Puis, changeant d'ornements, le pontife se rendait en mître simple au cimetière, pour y donner l'absoute. Au retour dans l'église, l'évêque commençait la visite par les tabernacles, les fonts baptismaux et les chapelles. Il se transportait ensuite à la sacristie, dans les hôpitaux, dans les écoles et dans tous les lieux, sièges de confréries ou d'œuvres de piété. C'est après cette inspection seulement qu'il procédait à l'administration du sacrement de confirmation aux enfants, et qu'il donnait audience, en dehors de l'église, à tous ceux qui avaient des communications à lui faire ou des plaintes à lui adresser. Il examinait les comptes de la fabrique, de la communauté des prêtres et des confréries. On dressait enfin un procès-verbal minutieux de tout ce qu'il avait remarqué ^.
Conformément à ce programme, Louis d'Urfé avait commencé la visite générale de son diocèse selon l'usage par les églises de sa ville épiscopale. M. Tronson écrivait au nouvel évêque, deux mois après son arrivée à Limoges, qu'il prenait (c une grande part au succès de la visite de Saint-Pierre-du-Queyroix, que Dieu avait accompagnée de grandes bénédictions 2. » Le 21 juillet de l'année suivante (1678), le supérieur de Saint-Sulpice répondait ainsi à l'évêque, qui était en pleine tournée pastorale : a Je bénis Dieu de tout mon cœur du succès qu'il a donné à votre visite... Pour la confirmation je crois que c'est s'exposer à faire une infinité de sacrilèges, que de la donner à des enfants que l'on n'a point préparés par la confession. C'est ce qui fait que plusieurs évéques qui confirment dans leurs visites, font avertir auparavant les curés que, un tel jour, on confirmera dans un tel lieu, afin que tous ceux du voisinage aient à instruire ceux de leurs paroissiens qui doivent être confirmés, les confesser et les amener, à une telle heure, pour recevoir ce sacrement. Il y en a d'autres qui confirment à la fin des missions, ou qui
1. L'investigation des visiteurs diocésains était analogue. Voir de plus amples détails dans le RHhH de Limoges, édition de 1698, p. 194 et suiv. 214 et suiv.