Du Carrier, Oraison fun., p
2. 11 condamnait hautement dans les prédicateurs l'afYectation de paroles et de pensées ; il était l'ennemi déclaré de tout ce qui paraissait trop fleuri et trop recherché dans un sermon et il proposait à ses ecclésiastiques l'éloquence du P. Bourdaloue, « qui a paru de nos jours, disait-il, dans le souverain degré de perfection ». Du Carrier, Portrail^ p. 140.
3. Les prédications que faisait Louis d'Urfé étaient ordinairement accompagnées d'aumônes abondantes pour les pauvres. Nobiliaire, t. IIÏ, p. 466.
4. Il aimait à faire souvent à son clergé « des exhortations familières et paternelles que Dieu, dit M. Tronson, accompagnait do grandes bénédictions,
Quand il s'adressait aux religieux, on aurait dit qu*il en avait pratiqué tous les exercices : à le voir converser avec les gens du monde, on Taurait pris pour un père de famille, si bien il en montrait les devoirs et les obligations chrétiennes » *. — « Les discours de notre prélat étaient solides et touchants, et comme ses actions se rapportaient à ce qu'il enseignait, il ne parlait jamais sans fruit et sans inspirer le désir de bien faire. Sa voix n'avait qu'à se faire entendre aux pécheurs d'habitude, pour les préparer à la pénitence. Qyelque obstinés qu'ils fussent, ils n'avaient qu'à l'entendre parler des quatre fins dernières de l'homme, qui étaient ses sujets les plus pathétiques, alors ses paroles prononcées d'un ton de voix effectif, accompagnées ordinairement de larmes, d'une onction divine, étaient autant d'éclairs qui effrayaient le pécheuret enfantaient le salut de son âme. 2 » Sa prédication fut toujours avidement recherchée. Les peuples de son diocèse entendirent leur pasteur pendant plus de dix-huit ans, et ils Técoutèrent toujours avec le même plaisir ;'« ce fut toujours le même concours et la même foule à ses sermons et à ses moindres instructions ^. ï>
L'évêque de Limoges ne cessait d'exciter le zèle des prédicateurs de son diocèse par son exemple, par son assiduité à les entendre et par les marques d'estime et de prédilection dont il les honorait. Il avait auprès de lui un camp volant de missionnaires qu'il répandait dans la campagne, afin qu'il n'y eût ni bourg, ni village, ni hameau où la parole de Dieu ne fût pas prêchée *. Non content encore de ses missionnaires ordinaires, pour dédommager, disaitil, le diocèse d'un si méchant évéque, il appelait avec lui des missionnaires de différents Ordres s.
Ce fut par ses soins et par ses libéralités qu'il attira dans son diocèse l'un des plus fameux prédicateurs de son temps, le P. Honoré de Cannes 6. C'était un religieux capucin qui passa trente-quatre ans dans l'exercice des missions et parcourut toutes les provinces du royaume. Il ne connaissait point le repos ni les distractions, s'interdisant toute conversation et toute visite qui n'avaient point le salut des âmes pour objet. Son style simple était pourtant assorti à son auditoire. Sa voix forte, son zèle infatigable, sa vie pénitente, tout contribuait à faire impression et à produire des fruits merveilleux '^.
L'évêque de Limoges voulant ranimer la ferveur dans sa ville
parce qu'il parlait avec tant de force et d'onction, qu'il charmait tous les esprits et enlevait tous les cœurs. » Correspondance, t. II, p. 394 et 400.
1. Dupuy ajoute ici qu' « il suffirait pour se convaincre de l'intelligence supérieure de ce saint homme, de lire le grand nombre de lettres qu'il a écrites à tant de différentes personnes de son diocèse^ lettres pleines d'onction, dont le style s'accommodant à la différence des sujets, portait partout le sel et la lumière. » Oraison fun., p, 26 à 30.
± Ihid., p. 31, 34.