‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 323 sur 480 · Dupuy, Omisnn fun., p · texte numérisé non relu

Dupuy, Omisnn fun., p

avec une simplicité évangélique les vérités saintes que Dieu lui avait communiquées dans la ferveur de ses prières. Il disait en chaire tout ce qu'il voulait avec une facilité surprenante, parce qu'il voulait de tout son cœur pratiquer ce qu'il enseignait aux autres, et que dire ce qu'il fallait faire, n'était autre chose à lui, que raconter ce qu'il faisait *. » — « Il montait quelquefois dans les chaires élevées, pour instruire les savants; il marchait d'autres fois sur le pavé des églises ou de semblables lieux, pour catéchiser les ignorants ; là, il développait des mystères avec une clarté admirable ; ici, il n'employait que des paraboles et des instructions familières, et partout il répandait des lumières proportionnées à la portée des auditeurs.

Quand il parlait aux grands, à qui les maximes de l'Evangile paraissentsi dures, il trouvait le secret de les adoucir ; sans rien affaiblir de leur force, il faisait voir la douceur du joug de Jésus-Christ, et les engageait à le porter sans murmure. Il apprenait aux ministres de la parole de Dieu la manière de parler apostolique. Par les raisonnements sensibles et pleins d'onction dont il usait dans ses instructions, il faisait voir en quoi consistait l'éloquence chrétienne et la différence qui se trouve entre les lumières que l'on peut acquérir par l'étude, et celles que l'esprit de Dieu nous communique par la piété 2. H n'oubliait pas encore dans son ministère que Dieu l'avait envoyé dans ce diocèse, pour prêcher l'Evangile aux petits comme aux grands; et dans cette vue, il allait souvent instruire les pauvres, qui sont ordinairement les plus négligés du troupeau. Ainsi avant de leur dispenser la nourriture corporelle ^, il leur rompait le pain de la nourriture de Tâme, les consolant sur leur misère, leur apprenant le bonheur de leur état, et l'usage qu'ils devaient faire de leurs croix et de leurs souffrances, pour être du nombre de ces pauvres, àqui le royaume du ciel devait appartenir. Par une charité qui a peu d'exemples dans le monde, il n'oubliait pas d'instruire ceux de sa maison. Renfermé avec ses domestiques dans une des salles de son palais épiscopal, il pratiquait ce que saint Paul demande d'un bon évêque, et avec sa douceur charmante leur enseignait les éléments de la foi chrétienne.

Les lumières de son esprit éclairaient tous les différents états de son diocèse. Il parlait aux ecclésiastiques dans ses conférences et dans ses synodes, comme un autre saint Charles, ou comme un autre saint François de Sales, dont il imitait parfaitement l'esprit, leurdécouvrantjusqu'auxmoindresobligations de leur ministère *.

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