Con't'sportdance^ t. II, p. 445, en note
3. Grâce à l'entremise de l'évêque de Limoges, le P. Honoré donna des missions qui firent également merveille à Saint-Sulpice à Paris, à partir du 14 janvier 1685 et dans la ville d'Angers, où l'appelait M. Grandet, supérieur du séminaire en mai-juin 1684. Ihid., t. II, p. 457 et t. I, p. 12, 25.
invariablement des manières un peu extraordinaires, et plus italiennes que françaises. Mais il vient à bout de tout. Son auditoire augmente chaque jour. Ce bon homme est fort pénitent, humble, il jeûne tous les jours, et ne paraît qu'en chaire et au confessionnal. Car, pour peu qu'il s'arrête entre deux, il est assiégé de gens ; et à peine puis-je lui parler tout le temps que je voudrais ^... » Louis d'Urfé paya comptant la dépense considérable qu'il fit pour cette mission de Saint- Pierre qui dura près de trois mois. Il présida tous les exercices, encouragea les missionnaires par son exemple en prenant souvent la parole devant son peuple et en favorisant par ses largesses la propagande des bons livres des Pères capucins, et notamment la distribution d'un excellent ouvrage du P. Honoré : sur le « Régime de vie spirituelle, pour conserver et augmenter le fruit de la mission, contenant tout ce qu'il faut faire et éviter après sa conversion, pour y persévérer jusques à la mort» 2,
Notre prélat, que l'on voyait toujours dans son diocèse à la tête • des entreprises honorables et utiles pour la religion, apporta tous ses soins les années suivantes à éclairer le petit nombre de protestants qui se trouvaient dans quelques centres. Il vint présider luimême les missions qu'il fit prêcher à Aubusson dans la Marche, àTreignac, àBeaulieuetàTurenneenLimousin ^. En juin et juillet 1687, il demeura pendant six semaines à la campagne, dans une mission célèbre que fit le P. Honoré de Cannes *. Rien ne pouvait ralentir l'ardeur du zélé prélat; ni les difficultés diverses des pays de montagnes, ni le froid des climats, ni la chaleur des étés, ni les maladies mortelles que de semblables fatigues lui causaient, n'étaient capables de l'arrêter dans ses missions. Partisan (ainsi que la plupart des évêques du Midi) des mesures de rigueur qui ordonnaient « la destruction des temples », il faisait néanmoins tous ses efforts pour « m retire à l'abri des violences ^ des fonctionnaires du roi les protestants obstinés. « Iljntroduisait dans le giron de TEglise les nouveaux convertis ^, et faisait brûler les livres qui les avaient entretenus dans leurs erreurs. Il leur substituait le livre des Evangiles traduits en français, qu'il prenait la peine de leur expliquer lui-même, tâchant de réduire leurs esprits opiniâtres par des raisons sensibles, s'insinuant dans leurs cœurs par ses manières charmantes et leur faisant pour ainsi dire baiser la main qui venait de briser leur idole... »
1. L'évéque terminait sa lettre en parlant humblement de la confession générale qu'il lit à ce Père. Ctn^rospondance, t. II, p. 448.
2 In-12 de 288 pa^es, imprimé à Lyon le i janvier HîSO. Coi^resporuL, t I, p. 10, et t. Il, p. 449. Il existait encore à Saint-Pierre avant la Révulution un monument de cette mission C'était un tableau de sainte Majçdeleine, patronne et modèle des pécheresses pénitentes. A côté de ce tableau en était un autre en bois sur lequel on avait inscrit en grosses lettres d'or le souvenir de la mission faite en cette église l'an 1(580. Labiche, Vh*sdt's SnintSy t. I, p. 62.
3. Dupuy, Oraison f un. y p. 37. Voir d'autres détails dans le chapitre du prosélytisme en Limousin.