Le Mei'vnre Galant, Paris, août
2. Quand le séminaire des Ordinands fut transformé, de 1816 à 1820, en caserne de cavalerie, la belle chapelle fut démolie, et les restes du corps de Louis d'Urfé furent auparavant transportés et déposés dans le caveau des évéques, à la cathédrale. I^biche, Vies dm Saints, t. I, p. 69 et PlanSy Ducourtieux.
3. Joseph Coignasse du Carrier, né à Limoges, d'une famille ancienne, fit ses études avec beaucoup de succès dans le collège de cette ville. Admis dans là Compagnie de Jésus, il la quitta ensuite, lui conserva quelque temps beaucoup d'affection et d'estime, et eut après avec les Jésuites de Limoges des affaires fâcheuses. Ses discours assez purement écrits, d aiUeurs solides, pleins d'onction, durent faire beaucoup de bruit. Il prononça à Limoges l'oraison funèbre du roi en 1715. Il mourut prieur de Saint-Gildas en 1729 et fut enterré aux Grands Carmes de Limoges. Vitrac, Feuiltp hebdomadaire, 1781, p. 136.
4. L'orateur atteste en terminant son discours que « le prélat lavait honoré d'une bonté particulière ». Oraison funèbre de messire Louis de Lascaiis d'Urfé..., par M. l'abbé du Carrier, A Limoges, chez François Meilhac, in-4de 32 pages.
5. Cure en ville murée qui comptait alors près de deux mille communiants et une communauté de vingt-sept prêtres. Aujourd'hui chef-lieu de canton, voisin d'Ussel. (Corrèze), Pou il lé histor., p. 602.
6. Cure autrefois de mille deux cent quatre-vingts communiants, avec une communauté de vingt-cinq prêtres, aujourd'hui commune du canton d'Ussel. Piruillé hislor.y p. 592.
7. François Dupuy, fils de Pierre, seigneur de Saint-Pai-doux, et de Catherine de Mars naquit à Ussel, en 1642. Il était clerc minoré en 1669, quand il entra à l^aris au séminaire de Saint-Sulpice où il passa trois mois. En 1675, on lui résigna la cure importante de Peyrelevade (quinze cents communiants) siège de
son discours est emprunté à un passage de saint Paul : « Vide ministerium quod accepisti a Domino ut implecis illud (Coloss., 4). Voyez le ministère que vous avez reçu du Seigneur pour en remplir tous les devoirs *. Les paroles de ce texte, notre grand évoque les avait prises dans cet esprit pour sa devise. Il priait, il prêchait et il donnait le bon exemple ». Dans le cadre de ce discours venaient se placer des morceaux d*un style élégant et instructif aussi peu oratoire que possible et remplis de détails historiques, racontés par un témoin de la vie du prélat 2.
« La mémoire de feu M. d'Urfé, évêque de Limoges, est encore aujourd'hui (écrivait en 1698 le premier de ses panégyristes) en grande vénération parmi nous (à Limoges). Toutes les personnes de piété le conservent chèrement dans leurs cœurs, et Ton est généralement persuadé que le vide qu'il a d'abord laissé par sa mort dans ce diocèse est en quelque sorte irréparable. » Pour l'utilité et la consolation du public, l'abbé du Carrier se complut ce à tracer le portrait du grand évêque dans un petit recueil de ses actions les plus remarcjuables, des maximes les plus importantes sur lesquelles il réglait sa conduite et des principes qui animaient toutes ses actions». Comme il avait vécu quelque temps dans l'intimité de son héros, l'auteur avait été à même de révéler des particularités intéressantes de sa vie très peu connues et de rapporter quelquesuns de ses pieux entretiens de famille. L'abbé du Carrier nous a fait connaître encore la profonde vénération cfue le P. Honoré de Cannes avait conçue pour le prélat. Ce célèbre missionnaire ne pouvait se lasser de la publier particulièrement dans les églises du diocèse de Limoges, a Votre évêque, disait-il au peuple qui accourait en foule pour l'entendre, votre évêque, mes chers auditeurs, c'est un saint, c'est un saint, et vous ne sauriez assez témoigner à Dieu la reconnaissance que vous lui devez de vous avoir donné un tel Pasteur. » L'auteur du Portrait termine son ouvrage par une réflexion semblable : « Regardons, dit-il, notre saint évêque avec la même vénération que nous regardons les saints que l'Eglise révère, et ce qu'elle publie do chacun d'eux en particulier : a qu'il n'a pas son semblable i>, disons-le hautement de feu messire Louis de Lascaris d'Urfé, évêque de Limoges : « Non est inventas similisilli ^. »
Tarchiprêtré de Chirouze (aujourd'hui commune du canton de Sornac, Corrèze). Louis d'Urfé le transféra à l'archiprétré de Saint-Exupéry. H fît réparer à grands frais l'oglise et le presbytère qui étaient délabrés, et restituer les revenus curiaux qui avaient été usurpés par divers particuliers. U mourut le 7 septembre 1705. Son nom et sa mémoire furent longtemps en bénédiction à Saint-Exupéry. Du Boys, Arbellot, Biographies Unions., t. I, p. 219.
1. Il fait allusion dans son exorde à un magnifiqiw maitsolêp, qu'il voyait dressé dans cette vaste église, à une multitude de flambeaux qui l'éclairaient, à un grand nombre de pasteurs et d'ecclésiastiques accourus pour l'environner, aux ordres de la ville assemblés, aux compagnies de piété, au concours extraordinaire de peuple et à la tristesse générale...
2. Oraison funèbre de messire Louis de Lascaris d'Urfé, prononcée par M. Dupuy de Saint-Pardoux à Tulle, chez Jean Chirac, t(595, in-4 de 60 pages.
3. Portrait de feu messire Louis de Lascaris d'Urfé, par Tabbé du Carrier, à Poitiers, chez Antoine Fleureau, 1698, in-12 de 221 p. avec préface.
De fait, les prêtres et les pieux fidèles du diocèse de Limoges conservèrent religieusement la mémoire du saint évéque. Les directeurs de l'ancien séminaire attestèrent plusieurs fois qu'il s*était opéré des guérisons miraculeuses au tombeau de M. d'Urfé. Le peuple de Limoges avant la Révolution allait en foule souvent dans la belle chapelle de Sainte-Marie réclamer sa protection par de ferventes prières. C'est dans cette église, où avaient lieu ordinairement les ordinations, que le clergé limousin vint au dix-huitième siècle puiser ses meilleures inspirations ^.
La réputation de sainteté de notre prélat dépassa les bornes de son diocèse 2. L'illustre président de Lamoignon célébra en pleine audience au palais, la piété, le zèle, la pauvreté et l'humilité de l'évêque de Limoges. Il rapporta notamment que le digne prélat s'était montré si attaché à son église qu'il avait refusé plusieurs fois des évêchés plus riches et plus considérables 3.
Quelques mois plus tard, au début de Tannée 1696, le savant abbé de Fourcroy, qui avait déjà fait part au Mercure de France de quelques éloges de grands personnages, crut devoir la même justice au dernier évêque de Limoges, mort en odeur de sainteté. Il en parla en ces termes. « Un parfait évêque, c'est un Elle qui se retire dans la solitude, pour recevoir les ordres du Ciel, et qui ne paraît dans le monde que pour les publier. C'est un Jean-Baptiste qui prêche au désert aussi volontiers qu'à la cour, et c'est un saint Paul qui brille, dès que le moindre de ses frères est scandalisé ; qui se fait tout à tous, pour les sauver tous. Ne reconnaissez- vous pas ici le portrait de Mgr l'Illustrissime et Révérendissime Louis d'Urfé, évêque de Limoges? Sensible aux intérêts de Jésus-Christ et de son Eglise, et insensible à tout le reste, il ne s'est appliqué qu'à faire servir le Seigneur dans son diocèse. Pour cela, que ne sacrifiait-il pas? Ses biens, sa santé, sa fortune, sa propre vie, rien né lui coûtait... L'on voyait revivre en ce saint prélat les vertus des Apôtres, par son mépris de tout ce qu'il y avait de plus engageant dans le monde. Tout son plaisir était de souffrir les plus fâcheuses incommodités, pour annoncer l'Evangile. Digne ouvrier qui travaillait à la vigne du Seigneur à ses propres frais, et qui portait le poids du jour et de la chaleur sans se plaindre. Serviteur fidèle qui arrosait de ses sueurs et de son propre sang le champ qu'il cultivait, quoiqu'il n'en voulût recueillir la moisson qu'au profit des pauvres... Fervent ministre enfin qui s'épuisait pour son troupeau, et qui se refusait le nécessaire pour en assister les indigents... Que ne puisje vous rapporter toutes les vertus de ce saint prélat? Vous y remarqueriez ce qu'il y a de plus grand et de plus saint dans les