‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 351 sur 480 · II · texte numérisé non relu

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D'apr'ei une estampe de la Bibliothèque Nationale

pour le roi au Cotentîn, après la mort de son père, le 12 novembre 1655. Il mourut le 6 janvier 1693. De son mariage avec Catherine de Jugé qu'il épousa le 11 juillet 1643, il eut deux fils, René de Carbone!, deuxième du nom, et François, dit Tabbé de Canisy, notre prélat. René, troisième marquis de Canisy, servit longtemps le roi dans ses armées avec gloire et se distingua en plusieurs occasions, tant en Allemagne que dans les Pays-I^. Aussi fut-il pourvu dès 1676 des charges de son père. Il commanda toujours la noblesse du Cotentin, lorsqu'elle montait à cheval pour le service du roi. Il était tellement considéré que, le 18 juillet 1695, les Anglais alors en guerre contre la France ayant voulu dans une descente brûler la ville de Granville, le nom et le ci-édit du marquis de Canisy y attirèrent en six heures de temps plus de dix mille hommes de toutes qualités, ce qui fit avorter l'entreprise des ennemis qui se rembarquèrent sans délai \

II. François de Canisy, jusqu'à son intronisation épiscopale.

François de Canisy naquit et fut baptisé en 1646 au château d'Avranches, dont Hervé, son père, était gouverneur 2. lisuivitde bonne heure à Paris les coui-s de l'Université, et il y obtint les diplômes de maître es arts et de bachelier en Sorbonne. Il s'attacha ensuite à la personne de Léonard de Matignon, évêque de Lisieux, son parent, qui le nomma grand-chantre de sa cathédrale et lui donna des lettres de vicaire général 3. L'historien Louis Le Gendre, secrétaire de François de Harlay, parle dans ses Mémoires de Tabbé de Canisy qu'il avait connu à cette époque en Normandie, comme d'un ecclésiastique remarquable par sa haute taille, sa piété, son bon sens et sa politesse *,

L'abbé de Canisy fut élu doyen d'Avranchesenl680 s. Le chapitre cathédral de cette ville était composé de vingt-cinq prébendes, dont six dignités, occupées laplupartpar les représentants des plus anciennes familles de la noblesse locale. Les chanoines portaient les noms des lieux ou terres qui produisaient les revenus de leurs prébendes. Le doyen du chapitre en possédait trois, situées à Saint- Léonard de Vains, à Plomb et au Val Saint-Père. Le chapitre d'A-

i. René II de Carbonel n'ayant eu que des filles, la seigneurie et le château de Canisy revinrent par substitution au chef de la postérité mâle qui se rattachait à un frère du premier marquis de Canisy. Voir pour les détails la Généalogie de la tuaison de Carbonupl dressée en 1728. Dossiers Bleus, 153, Chérin 44, n. 944. Mss. de la Bibliothèque Nationale.

2. Avranches, capitale de l'Avranchin, avec un évéché sufTragant de Rouen, un bailliage et une vicomte, formait un gouvernement particulier de place sous la lieutenanco de roi du bailliage du Cotenlin. Le château était une véritable citadelle entourée d'une double enceinte et de fossés. La ville est située sur un coteau au pied duquel passe la rivière de Séez, à une demi-lieue de la mer. On y comptait alors trois paroisses avec six mille ùmes environ. Expilly, Dictionflaire.

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