Nobiliaire de Limoges, v« de Cai'bonel
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vranches nommait à de nombreux bénéfices. Le doyen était éla par les chanoines et ces derniers étaient tous nommés par févéque ^. Durant ses seize à dix-sept ans de décanat, l'abbé de Canisy se trouva en rapports avec deux prélats qui se distinguèrent à des titres divers. Le premier, Gabriel de Tessé, qui assista au sacre de Louis d'Urfé, se signala comme lui par une résidence rigoureuse dans son diocèse, ainsi que par son grand zèle et par son ardente piété. Le célèbre Daniel Huet^qui lui succéda en 1689, illustra particulièrement le siège épiscopal d'Avranches par l'étendue de son érudition 2.
François de Canisy fut nommé par le roi à l'évêché de Limoges le 8 septembre 1695, grâce à l'influence d'un de ses parents, le marquis de la Luzerne, neveu par alliance du P. de la Chaise. Il fut préconisé à Rome le 14 novembre suivant ^.
Deux mois plus tard, le nouvel évêque envoya des lettres de vicaire général à Michel Bourdon, supérieur de la mission. Le l«'mars1696, Michel Bourdon, qui avait eu soin de remettre la veille au doyen de Limoges, Etienne II de Chevaille,les bulles du seigneur évêque, le placet du roi, et ses lettres de fondé de pouvoirs, se présenta à l'assemblée capitulaire « au nom et comme procureur de messire François de Carbonel de Canisy ». Il requit le chapitre « de le vouloir mettre en vertu de sa procuration en la possession de l'évêché de Limoges pour le seigneur de Canisy », et il offrit de prêter en son nom le serment, ainsi qu'il avait procédé comme procureur de feu M. d'Urfé. Cela fait, Michel Bourdon, revêtu d'une chape et placé entre le doyen et le grand chantre, fut conduit processionnellement au chœur de l'église cathédrale par tout le corps du chapitre, vicaires et choristes avec la croix. Le cortège étant arrivé au chœur et les chanoines et vicaires s'étant mis à leurs places ordinaires, le doyen et le chantre accompagnèrent Michel Bourdon au maître-autel, 011 après avoir fait à genoux leur prière, ils mirent et installèrent le procureur du prélat « en la réelle possession de l'évêché par le baisement de l'autel ». Puis les mêmes dignitaires le conduisirent à « la chaire épiscopale, voisine de la porte à droite du côté de la sacristie, 011 Michel Bourdon commença le Te Deum * ».
« Le 25 mars 1696, rapporte le Mercure^ l'abbé de Canisy, fut sacré évesque de Limoges dans la chapelle du séminaire de Saint- Sulpice ^, par M. TArchevesque de Bourges, messire Léon Potier
1. Pigeon, Le (iioff'itp d'Avranehps. Coutances, 1888, t. II, p. 343 etsuiv. 1 Ibid., p. 336.
3. Le P. Léonard, Augustin érudit qui vivait vers 1710 au couvent des Petits- Pères à Paris, nous révèle le détail précédent dans ses notes manuscrites. Ce religieux y ajoute que « Tabbé de Canisy, dont la famille était alors endetlée, eut besoin de recourir à la générosité de son parent Léonor de Matignon, évêque de Lisieux, qui lui fournit de quoi payer ses Bulles à la cour de Home ». L*annate ou redevance égale au revenu d'une année, que le nouveau titulaire de l'évêché de Limoges payait au pape, s'élevait à cette époque au chiffre de 20 000 livres. Archives natimialeSy L. 71^, n. 1.