‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 370 sur 480 · I. Le devoir de la résidence des curés · texte numérisé non relu

I. Le devoir de la résidence des curés

Sous Tancien régime, la paroisse n'a pas d'histoire : humble elle a vécu, et pauvre comme aujourd'hui. Voici pourquoi ; parmi les paroisses riches, les unes étaient « unies à la mense capitulaire », elles étaient censées administrées par le chapitre d'églises collégiales ^, ou cathédrales ; les autres avaient pour curés nominaux — curés primitifs — des couvents voisins, qui peut-être y avaient à l'origine exercé le ministère. Abbés ou chanoines laissaient depuis longtemps le soin de leurs ouailles à des « vicaires perpétuels D, nommés par eux pour les suppléer. Ils confiaient à ceux-ci la besogne pastorale et se réservaient l'honneur et l'argent, l'autorité et le revenu. Au curé primitif, le droit de dire la grand'messe aux fêtes solennelles, de bénir les buis du dimanche des Rameaux; l'hommage de la cire et du vin, le produit de la dîme. Au vicaire perpétuel, — que le peuple appelle curé, car de fait il l'est — les soins du sacerdoce, de l'instruction de la jeunesse, et une indemnité pour ne pas mourir de faim.

Il était de règle que les bénéfices qui relevaient de la collation des chapitres et des abbayes fussent desservis par des vicaires perpétuels non destituables. Mais cette règle très sage n'était pas au dix-septième siècle suivie partout, puisqu'une déclaration de Louis XIV (1685), porte qu'aucune cure ne pourra plus être desservie par des prêtres amovibles 2. Dans le diocèse de Limoges, . Louis d'Urfé prévenant cet ordre, avait enjoint dès la première année de son épiscopat (1677), à ses communautés séculières et régulières de lui présenter dans le mois des vicaires perpétuels, au lieu et place des amovibles 3. Le prélat fut généralement obéi, notamment à Saint-Junien *. Le curé hénéficiey, c'est-à-dire propriétaire de la cure, lors même qu'il ne dépendait, ni d'un monastère, ni d'un chapitre, ne gardait pas mieux la résidence que le curé primitif 5.

La grande préoccupation des évêques de Limoges au dix-septième

1. Au-dessus des églises paroissiales étaient les collégiales ; au-dessous, les succursales nommées fillettes ou trêves dans les hameaux ; l'érection d'une catégorie à Tautre se faisait par simple ordonnance de l'évèque. Cf. infra.

2. D'Avenel, Richelieu et la monarchie absolue. Paris, 1887, t. III, p. 257.

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