‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 378 sur 480 · III. L'exercice du ministère paroissial · texte numérisé non relu

III. L'exercice du ministère paroissial

i^ La prédication.

Si Ton examinait soigneusement, dit Michel Bourdon dans son Pastoral, pourquoi les peuples (du diocèse de Limoges) étaient (à la lin du seizième siècle) dans une ignorance si prodigieuse des choses de Dieu, et dans une si grande insensibilité pour leurs devoirs religieux, on découvrirait aisément que cVlait parce qu'on négligeait (alors) de les instruire ou qu'on le faisait d'une manière trop défectueuse. Et si l'on recherchait la cause de cette négligence et de tant de défauts, on trouverait que c'était parce que la plupart des pasteurs ignoraient la manière de faire utilement une instruction pastorale ^. Dans le but de remédier d'abord à la négligence des pasteurs, l'évêque Raymond de la Martonie prescrivit à tous les curés de faire tous les dimanches et jours de fêtes au prône de la messe paroissiale un sermon ou une exhortation ^. Voulant aussi mettre fin à des instrusions assez nombreuses à cette époque, il défendit « à toutes personnes ecclésiastiques et pareillement aux administrateurs des églises, aux consuls et syndics des villes ou des communautés, d'employer ou de recevoir à prêcher aucuns prêtres séculiers ou réguliers, s'ils ne font apparoir d'une permission signée » de l'évêque ou de son grand vicaire et scellée du sceau de l'évéché ; et de même, il défendit c à tous prédicateurs de s'ingérer D en cette fonction, sans la mission de l'évêque, sous peine de prison ^.

L'objet de la prédication était marqué dans le règlement suivant : « Nous ordonnons aux curés et à tous autres ayant charge d'Ames

i. Oi'donnancrs fttjnod.^ p. 1()8.

2. Les évoques François de la FayeUe et Louis dTrfé oairourngoaient de bons prêtres de leur diocèse qui n'y pensaient pas à prendre leurs grades, afin de leur faire requérir les cures (pii venaient ù vaquer dans les mois affectés aux gradués. Kn ce qui regarde les bénéfices dont ils avaient la coUaUon, les évêques de Limoges au dix-soplième siècle se conformèrent sur ce point aux exhortations de Richelieu. Us faisaient examiner les prétendants aux cures par une commission de quatre ou cinq ecclésiastiques les plus capables de leur diocèse. Cet examen des bénéficiers portait sur les matières de la confession ou des cas de conscience, sur les fonctions sacrées, les choses saintes, l'administraUon des sacrements, la manière d'instruire les peuples et sur les obligations professionnelles d'après les décrets du concile provincial et les slaluts synodaux du diocèse. Mss. n. 1(50, p. 167.

3. Pastoral dp Limoffrs^ t. II, p. 4. Grandet va jusqu'à dire que beaucoup de curés du diocèse de Limoges à cette époque « ne savaient pas lire ». Lfis sa'nUs prvtrrs, t. Il, p. 412.

4. Si les curés manquent de mémoire, est-il dit dans le titre 3« des décrets du concile de Bourj^es, ils liront en français quelques homélies, telles que l'évêque du diocèse les leur indiquera.

Page 1