II. Sous le règne de Henri IV
A. Jii8qu*à la pacification de io96.
Henri III était tombé, le 2 août 1589, sous le couteau d'un moine fanatique; la couronne royale fut dès lors revendiquée par un prince protestant. La fidélité des royalistes fut soumise à ce moment à une terrible épreuve. Les catholiques avaient grand peine à voir dans le filsde Jeanne d'Albret, autre chose que le chef du parti huguenot, et à ceux d'entre eux qui ne pouvaient imaginer de moyen terme entre le rôle de tyrans et celui de martyrs, l'avènement de ce Constantin de la Réforme semblait devoir être le signal du triomphe des calvinistes et de la persécution des catholiques. A ce moment*là surtout, au lendemain de la mort de Henri III, la Ligue se manifesta partout comme une révolte généreuse du sentiment national pour le maintien des vieilles traditions de la France. Pour tous ses partisans de bonne foi, elle était réellement, il faut le remarquer, la vraie et indispensable sauvegarde de la religion nationale dans le royaume.
En Limousin, comme ailleurs, beaucoup de gens, qui avaient hésité jusque-là, se déclarèrent alors ouvertement pour la Ligue. De ce nombre fut l'évêque. Nombre de bourgeois suivirent son exemple. Cette fois l'ardent prélat fut le principal inspirateur d*un nouveau complot, qui eut pour but de faire tomber la ville de Limoges au pouvoir "de la Ligue. Par ses soins, des personnages qui jouissaient à Limoges d'une très grande influence et occupaient d'importantes fonctions y adhérèrent ; c'étaient entre autres Martial de Petiot, juge et consul cette même année, homme d'une piété ardente, fort aimé et estimé de tous ; Aymeric Guibert, avocat du roi au Présidial, Claude Rouard, greffier criminel et ancien consul de la ville, Léonard Delauze, hôte du Cheval Blanc et capitaine de la milice bourgeoise, et Pierre de la Roche, vice-sénéchal, plus connu sous le nom de capitaine Vouzelle. Le brave Vouzelle était fort connu et fort aimé à Limoges ; il avait donné depuis quinze ans beaucoup de preuves d'un talent militaire remarquable. Dans la pensée de l'évêque, il devait être le chef militaire des ligueurs de la ville, celui qui, par son autorité et son influence, soulèverait le peuple et se mettrait à sa tête. Henry de la Martonie ne réussit à ramener à ses vues et à le gagner complètement qu'à la suite de « plusieurs remontrances » qu'il lui fit dans diverses entrevues et conférences, qui eurent lieu à Tévêchéetau château d'Isle. Ce furent les discours de l'évêque qui contribuèrent le plus à lancer les conspirateurs dans leur entreprise. Leur plan, qui paraissait inspiré d'un précédent complot, consistait à livrer d'abord aux ligueurs la porte