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L'ordonnance épiscopale, qui visait principalement les directeurs de confréries si nombreuses et si jalouses de leurs droits, fut promptement appliquée partout dans le diocèse et notamment à Limoges. « Les églises des paroisses de Limoges, nous apprend le P. Bonaventure de Saint-Amable, reçurent un grand accroipsement par suite des soins des confréries de Pénitents, qui prirent à tâche d'orner et d'embellir les lieux sacrés, qui leur avaient été accordés, pour y faire leurs exercices». Les Pénitents Noirs «accommodèrent D Saint-Michel dePistorie; les Pénitents Blancs, Saint- Julien ; les Pénitents Bleus, Saint-Paul ; ceux de Feuille-Morte, Montjauvy ; les Pénitents Gris établis à Saint-Christophe bâtirent une chapelle dans le cimetière de Saint-Michel, près la porte des Arènes; les Pénitents Pourpres ne furent pas moins généreux à Saint-Cessadre. Entraînés par ces exemples, plusieurs curés restaurèrent aussi leurs églises. François de Villemonteys, curé de Saint- Domnolet (l'un des principaux membres de la Compagnie du Saint- Sacrement à Limoges), rendit son église très belle, quoiqu'elle fût petite. « On ne pouvait y entrer sans dévotion, voyant toutes choses si bien ajustées *. »
Les évêques réformateurs de Limoges n'eurent pas moindre ^ouci dans leurs règlements de la bonne tenue des sacristies, que de l'ordre matériel des églises. L'office de sacristain devait être confié, par le curé de concert avec les marguilliers et les bayles de la confrérie du Saint-Sacrement, à un prêtre communaliste ou à un diacre de la paroisse, « de bonne vie et conversation honnête i», qui eut les qualités requises pour s'en acquitter dignement. Le sacristain devait rendre compte à l'évêque ou à son grand vicaire, en chaque visite, de l'ordre et de l'état des objets du culte, suivant l'inventaire de son entrée en charge. Les prêtres de la paroisse étaient tenus, sous peine de suspense, toutes les fois qu'ils en seraient requis, d'exhiber au sacristain, chacun en son particulier, les vases sacrés, les ornements et les livres d'église. Le sacristain recevait du curé ou d'un de ses vicaires, au commencement de chaque mois, l'huile et les cierges destinés au luminaire de Téglise. 11 était responsable de l'ordre et de la bonne tenue des sacristies ; il était encore chargé de la publication des offices et des anniversaires, qui devait être ,affichée sur un tableau attaché dans la sacristie.
I. Histoire de Saint-Martial, Limoges, 1685, t. III, p. 846. Les chapelles rurales et les chapelles domestiques furent soumises par P. de la Fayette à des ré-^ glements sévères mais justes, dont les visiteurs diocésains eurent à surveiller de près Tapplication. Par les premières, il était défendu « à tous prêtres d*y célébrer la messe aux jours de fêtes solennelles, sans une permission écrite de l'évêque, et même aux jours de dimanches et fêtes chômées, sans l'agrément des curés ». Ordonn. synod. de iôlS, p. 180. « Ceux qui ont des chapelles dans leurs maisons, dit le môme prélat dans son Ordonnance de d648, n'y convoqueront pas le peuple, pour y ouïr la messe les joui*s de fêtes et le dimanche ; ils ne souffriront pas qu'il y soit fait aucune fonction préjudiciable aux droits curiaux et ne se prévaudront pas de la commodité qu'ils ont d'ouïr la messe dans ces chapelles, pour s'exempter sans cause légitime des devoirs qu'ils sont obligés de rendre dans leur église paroissiale. » Mss. 14, ibid.
Dans le but de surveiller rexécution des pieuses intentions de nombreux fondateurs, les curés devaient dresser un état des chapelles fondées sur leurs paroisses et dans leurs églises, y marquer les noms et les qualités de ceux qui en étaient pourvus et qui en jouissaient, et en communiquer une copie à Tévêché. Ils avaient Tordre de tenir la main, à ce que le service religieux, qui était du à raison de ces fondations, se fit régulièrement dans les chapelles et aux autels où il était prescrit. Ils devaient dénoncer à Tévêque les chapelains, qui refusaient de s'acquitter de leurs obligations.
Les communautés de prêtres étaient tenues de leur côté d^exhiber à Tévêque en cours de visite leurs fondations et leurs statuts, afin qu'ayant pris connaissance des offices qu'ils devaient faire, le prélat put les y obliger en cas de négligence de leur part, ou réduire les fondations et en modérer les charges, s'il les jugeait excessives, eu égard au revenu ^.
\ I. Le temporel des églises paroissiales et le budget du culte.
i» Les fabriquai paroissiales.
Les officiers appelés : « fabriqueurs », marguillers ou « gagers i, qui s'occupaient dans chaque paroisse de la gestion des biens d'église, étaient des associations laïques, qui participaient aux privilèges des corps ecclésiastiques. Les prescriptions conciliaires de Bourges (tilre IX) les avaient mises dans la dépendance de l'Eglise, sous son inspection et à ses ordres. Les marguillers étaient élus chaque année au sufl'rage universel dans les assemblées générales des habitants. On nommait ordinairement les principaux notables qui résidaient sur la paroisse et se distinguaient de la foule par leur situation sociale, leur fortune, ou leurs talents 2.
Tous les marguillers et fabriciens devaient comparaître t par devant l'évèque de Limoges ou ses députés faisant la visite des églises paroissiales, et rendre compte des rentes et des revenus aiïeclésaux fabriques, comme aussi do ce qu'ils avaient quêté dans les paroisses, et de l'emploi qu'ils en avaient fait. Ils ne pouvaient être valablement déchargés, que leurs comptes ne fussent approuvés et signés de l'évèque ou de ses visiteurs. Les deniers qui se trouvaient entre leurs mains, et qu'ils recevaient de divers côtés, devaient être employés aux réparations, aux ornements et à la décoration des églises, suivant ce qui leur était ordonné par l'évê- * que 3. »
1. Ordonn. stjnod. de iGiOy p. 143 et suiv. et Statuts paroissiaux de i6$9y p. 47. Les réductions de fondations pieuses étaient fréquentes, comnae le prouvent de nombreuses liasses de documents de ce genre, qui proviennent du fonds de révôcliê de Limoges, et sont cataloguées dans la série G des Arcfiives de ta HautP-Vif'tifu'.
2. Voir dans le maudemcnl. Vvéïace des Statuts paroissiaux de i629^ la composilion du bureau dus marguilliers pour les éylises de Saint-Pierre et de Saint- Michel à Limoges.