B) FORCE DORGANISATIOX DES COMMUNAUTÉS DE PRÊTRES
Etablis hiérarchiquement entre les chapelains ou vicaires de paroisse et le curé, qui sortait ordinairement de leur corporation, les prêtres de communautés portaient divers noms : à Limoges, et généralement en France, celui de « prêtres communalistes », à Felletin, et dans beaucoup d'autres endroits, celui de «filleuls». « Ils ne formaient nulle part de collège : ils constituaient partout des sociétés d'assistance. Comme telles, ces fraternités avaient un patrimoine commun en terres ou en rentes, des économes, des procureurs, des syndics» 2.
Pour faire partie dune de ces communautés à Limoges, il fallait avoir dix ans de prêtrise, être né sur le territoire de la paroisse, et avoir reçu le baptême dans l'une des églises de cette même paroisse 3. C'était ordinairement parmi les anciens curés, enfants du peuple ou issus de petite bourgeoisie, qui se recrutaient les communautés de prêtres. Les prétendants étaient obligés de faire un certain stage ou noviciat, comme prêtres habitués de l'église paroissiale, rarement en qualité de vicaireis. Ils devaient être «de bonne vie et honneste conversation, entendus au plain-chant », et vaquer régulièrement aux offices divins dans le chœur de l'église. Ils devaient être choisis et nommés par le curé, les marguilliers et les bailes de la paroisse *. Les membres des communautés nouvellement élus payaient au syndic des droits d'entrée de vingt à soixante livres chacun, réservés exclusivement à l'entretien du culte.
Pour avoir part ensuite aux revenus de la mense, et aux portions casuelles, les prêtres communalistes devaient remplir leur devoir professionnel, c'est à dire garder la résidence, assister aux offices accoutumés, sous peine d'amende, célébrer en personne et suivant l'ordre de leur réception les messes des obits et fondations, dont la liste était inscrite sur un tableau dans chaque sacristie, et répondre
I.Abbé V&iauXy Fcllelin. Limoges, 1880, p. 210, art. de M. Iinbart, PoHt///* (fe AVidaud.