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les évêques, qui dirigeaient l'entreprise des réunions, les historiens protestants en conviennent aujourd'hui: c'étaient les intendants et les commandants de troupes, lesquels étaient eux-mêmes dirigés par l'impérieux et redouté ministre de la guerre, Louvois ^...
Par ses ordres l'intendant de Gourgues à Limoges et le gouverneur de la Marche, de Foucauld de Saint-Germain, opérèrent sans aucun ménagement des conversions en masse, qui firent disparaître les dernières petites églises calvinistes du diocèse de Limoges. Les biens insignifiants des consistoires limousins furent saisis et leurs temples démolis (1685-1686) 2. De tous les actes du gouvernement royal, il n'en est aucun, qu'aient autant loué les contemporains, qu'ait autant blâmé la postérité 3.
Si dans ces circonstances, l'évêque de Limoges fut impuissant contre les abjurations forcées, il s'efforça du moins de préserver les prétendus convertis de toute nouvelle contrainte. Il redoubla de zèle pour les missions après l'édit de révocation, et se fit un devoir d'aller instruire lui-même les mal réunisdans tous les centres calvinistes *. Dans un mandement du 26 octobre 1686, il recommanda instamment aux maîtres et aux maîtresses d'écoles et à tout son clergé d'instruire et de préparer avec soin les enfants des nouveaux catholiques, avant de les admettre aux sacrements et d'observer sur ce même point les règlements de son rituel pour les adultes s.
Les groupes de protestants, que les dragons avaient si mal convertis, persistèrent encore de longues années à Beaulieu, Argentat, Treignac, Aubusson et Rochechouart. Demeurant partout sans ministres, sans organisation, sans assemblées régulières, ils virent leur nombre peu à peu diminuer, sous l'influence du milieu où ils vivaient, des sollicitations de leurs proches, du vide qui se faisait autour d'eux, et des missions sans cesse renouvelées du clergé ^.
1. Art. du Vicomte de Meaux, Correspondant, 10 décembre 1901.