Picot, Essai historique, t. II, p. 214 et suiv
3. Voir dans la Revue Le Correspondant du 10 décembre 1901, un excellent article du vicomte de Meaux qui répond péremptoirement à toutes les objections courantes sur la révocation de l'édit de Nantes. Nous nous refusons ici à toute polémique.
cette province une mesure inutile. La royauté aurait pu laisser la liberté de leur culte aux quelques centaines de protestants, qui subsistaient en 1686 du côté d'Aubusson ou de Rochechouart, et n'étaient plus en mesure de fomenter des troubles graves. La propagande légitime du clergé diocésain aurait suffi, pour amener à la longue la complète disparition des derniers partisans de l'hérésie.
Quoi qu'il en soit de la compromission funeste de son ministère, par suite de la présence des intendants de la généralité et des autres fonctionnaires du roi dans quelques-unes de ses missions, l'évêque Louis d'Urfé fit de la conversion des hérétiques de son diocèse sa principale affaire. On vit ce prélat missionnaire se transporter au furet à mesure des besoins dans tous les centres calvinistes, à Rochechouart, à Aubusson, à Treignac et à Beaulieu. Ses principaux auxiliaires furent le P. Honoré de Cannes, capucin, le père Gabriel Ruben de l'Oratoire et surtout les Pères Jésuites. Parmi ces religieux se distingua particulièrement le P. Léonard Fénis, auteur de plusieurs ouvrages de controverse, qui eurent alors en Limousin une grande vogue. Au P. Fénis on adjoignit vers 1680 un prêtre qui avait paru avec honneur à Paris dans des conférences publiques. C'était Pierre Soulier, originaire du diocèse de Viviers, dont le zèle ardent fit beaucoup de bien dans la vicomte de Turenne, où la duchesse de Bouillon l'avait envoyé, pour donner des missions aux hérétiques *.
D'autre part, en exécution d'une ordonnance royale, l'intendant de la généralité (de Moulins) assisté de l'official de Chénerailles, du curé d' Aubusson et de ses vicaires, vint à la fin de mars 1683 signifier aux protestants du consitoire d'Aubusson en audience publique l'avertissement pastoral du clergé de France. Après le discours de l'intendant, l'official justifia par l'affirmation de ses sentiments de charité chrétienne le dessein de Tavertissement, dont il donna ensuite la lecture, qui fut entendue avec un grand silence et beaucoup d'attention -. L'official de Brive fut probablement désigné par l'évêque de Limoges, pour lire et commenter de même l'avertissement aux consistoires de Treignac, de Turenne et de Rochechouart.
On sait comment, à partir de la révocation de Tédit de Nantes (1685), on en vint, pour atteindre un but peut-être chimérique, à ne plus se contenter de procédés purement évangéliques. A ces moyens on en ajouta d'autres pour extirper les derniers restes de l'hérésie du milieu du peuple catholique. C'étaient ceux-là même dont l'hérésie avait donné l'exemple contre les catholiques, dans les pays dont elle s'était rendue maîtresse. Les prélats ne les approuvaient pas, quelques-uns même surenl les écarter de leurs diocèses, mais la plupart durent les subir, et les excuser par les exemples, qu'avient donnés les adversaires. Aussi bien ce n'étaient plus