‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 429 sur 480 · Bulletin de Limoges, t. XXXIII, p · texte numérisé non relu

Bulletin de Limoges, t. XXXIII, p

5. Son nom flgure d'après M- AlUer daps le cfitalogue cle^ confrères de Paris.

cathédrale : André, théologal, LAscure et Poillevé, chanoines; René Marrand, abbé du Dorât ; Barrier, chanoine de Saint-Martial ; Beaubreil, chanoine de Saint-Junien, les frères Ruben d'Eymoutiers et de la Pomélie, prêtre, futur prévôt de la collégiale de cette ville. Dès l'origine de la Compagnie, le clergé paroissial de Limoges joua le premier rôle dans la composition du bureau. François de Villemonteix, curé de Saint-Domnolet, fut le premier supérieur de la société. La charge de directeur fut dévolue successivement à Nicolas de Broa^ curé de Saint-Maurice et à Jehan Goudin, curé de Saint-Cessateur ; Juge et Barny, curés de Saint-Pierre et de Saint- Michel, firent aussi partie de la Compagnie. Les vicaires de Limoges, les communal istes des paroisses et les simples prêtres y eurent de nombreux représentants et, parmi eux, les deux plus dignes : Pierre Mercier et M. de Savignac. Le clergé de Limoges compta en résumé la majorité dans la Compagnie, soit trentetrois membres sur soixante *. L'évêque de Limoges avait le droit, en qualité de fondateur, de présider les assemblées. « Lorsque Mgr TEvêque, disent les statuts de Poitiers, fera l'honneur à la Compagnie de se trouver à rassemblée, il sera prié de prendre la carte (c'est-à-dire Tordre du jour), et de faire toutes les fonctions du supérieur et du directeur ^ i>.

Mais il ne suffisait pas à la Compagnie, pour réaliser son programme, de posséder dans son sein de bons prêtres. Pour beaucoup de tâches qu'elle assuma, les laïques pouvaient être aussi qualifiés que les clercs ; souvent ils l'étaient davantage. Il fallait donc qu'ils fussent nombreux dans la société, et qu'ils y eussent toute leur légitime influence. La Compagnie de Limoges ayant dessein de stimuler en même temps la justice et l'administration, recruta ses membres laïques dans la magistrature et la bourgeoisie exclusivement. Aussi compta- t-elle parmi les confrères, le lieutenant criminel de la sénéchaussée de Limoges, le sieur de Douhet, et deux procureurs du roi. Elle eut des intelligences : au Présidial, par un conseiller ou juge de ce ressort, nommé de la Bastide ; au tribunal des élus, chargés de juger les différends concernant les tailles ou impôts, par trois autres conseillers, Verthamon, Malledent et Lapine ; à l'administration des finances, par deux receveurs des tailles et trois trésoriers de France ( D'Alesme, de Chastaignac et de Malledent). L'ordre des avocats du roi eut quatre représentants, dont Antoine Boyol et de Bort, dans les rangs de la Compagnie.

Ce qui importait davantage à celle-ci, c'était de pénétrer dans les conseils de la maison de ville. Or, il nous semble qu'elle y fut maîtresse dans la personne de plusieurs membres, qui furent des agents de l'œuvre des plus actifs, tels que Beaubreil, prévôt des consuls (en 1663), Pierre du Boys, sieur de Chamboursat (l'un des six consuls en d648), deux Malledent, sieurs de Fonjaudran et de la Borie, un second de Douhet, sieur de la Gorce, et plusieurs autres

i. Bulletin de Limoges, t. XXXIII, p. 76. 2. R. Allier, ihid., p. 35.

bourgeois et marchands de la ville, dont on trouve les noms souvent cités dans les Registres consulaires de cette époque ^.

La plupart des confrères laïques, sinon tous peut-être, se recrutaient dans un milieu spécial, c'est-à-dire probablement daos la division des Afcwieurs de la Congrégation, que les Pères Jésuites avaient établie dans leur collège Sainte-Marie de Limoges. Grâce à la prudence scrupuleuse qu'elle apportait dans le recrutement de ses membres, la Compagnie, sans se découvrir, s'assurait partout des agents sûrs qui s'inquiétaient de tout, voyaient tout, notaient tout et s'efforçaient consciencieusement de tout diriger 2.

Vue ainsi de la coulisse où nous sommes, l'histoire du mouvement religieux dans l'ancien diocèse de Limoges, au milieu du dixseptième siècle, prend un aspect particulier. On voit parla liste des confrères, qu'il n'y avait alors dans la ville épiscopale pas un corpus officiel, pas un personnage important qui n'eût à côté de lui quelqu'un chargé de le pousser délicatement où la Compagnie voulait qu'il aille, de solliciter de lui l'action qu'elle désirait. Sa direction discrète et cachée fut partout suivie docilement, comme nous allons le démontrer, en i^assant en revue succinctement les principales œuvres, dont la Compagnie prit ou fit prendre l'initiative.

S^ Œuvres de bienfaisance de la Compagnie.

Un des premiers soucis de la pieuse société fut l'amélioration du sort des prisonniers et des pauvres des hôpitaux. La Compagnie décida dans sa première délibération d'apporter à ces infortunés des secours et des consolations, de « pourvoir à toutes les nécessités » que les confrères découvriraient, et de charger des délégués de faire t des visites aux prisonniers de mois en mois, hormis les cas d'urgence i». Les principaux visiteurs des prisons de Limoges, furent Martial de Maledent et le chanoine Poillevé. On songea d'àborda procurer des secours spirituels aux détenus qui en étaient privés. Bientôt ces visites régulières dans les prisons firent constater que ces malheureux vivaient tous « dans l'infection >. On prît alors des mesures pour remédier h leur misère. Puis l'on sut, eu les interrogeant, qu'un certain nombre de prisonniers avaient été incarcérés trop légèrement, et l'on chargea le confrère « de Chastaignacde parler aux personnes qu'il jugerait à propos, pour hâter leur délivrance ».

La création de THôpital général que nous avons attribuée principalement à l'initiative de Martial de Maledent. fut l'œuvre collective des membres de la Compagnie. Dès le 2;-$ mai 1647, c'est-à-dire avant la conversion du saint homme, elle tentait des efforts parti-

t. liuUelin d** Linuyges^ t. XXXIII, p. 70. Catahtgue des confrères. Notons ici la coutume, vu vi;;ueur à Limo^os, de donner dans le Comité la place de directeur toujoui-s à un eceltsiastique et celle de supérieur souvent à un laïque, parce que « <r(»rdinaire, les laïques avaient plus de connaissance des affaires temporelles que les ecclésiastiques ». Ihid , p. TiO.

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