‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 430 sur 480 · R. AUier, ibUL, p · texte numérisé non relu

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LES iVÉQUES RÉFORMATEURS DE LIMOGES 659

culiers en faveur des hospitaliers de Saint-Gérald. Elle chargeait Pierre Mercier, l'un de ses premiers membres, e de vouloir prendre la peine de confesser les petits enfants de ThApital Agés de douze ans ». Lel9 avril 1652, elle priait « M. Mercier et M. deSavignac de faire un mémoire sur les désordres de TliApital Saint-Gérald ». Elle fut par là conduite à méditer la fondation d*un établissement destiné « au renfermement des pauvres mendiants ». A cet effet, elle réussit à faire nommer en novembre 4657, quatre de ses membres, dont Martial de Maledent, bailes ou administrateurs de rhospice. Quand la reconstruction de Saint-Gérald fut terminée, à la veille d'enfermer tous les mendiants de la ville dans les nouveaux bâtiments « pour être employés aux ouvrages et manufactures, selon leur pouvoir », elle décida (!«»' décembre Wôl) « qu'on communierait pour obtenir la bénédiction de Dieu sur l'Hôpital géhéral ».

L'institution elle-même des Dames de charité se rattache, dans ses origines, à la Compagnie du Saint-Sacrement. Le 18 juillet 1647 la direction du zèle de ces Dames était confiée aux bons soins de deux confrères. Un peu plus tard, la Compagnie (Choisissait parmi ses membres un confesseur attitré des mêmes Dames : c'était Jehan Goudin, curé de Saint-Cessateur ; et leur assurait pour l'exercice de leur zèle, un protecteur puissant dans la personne de « M. Tofflcial de Limoges » (juillet 1656). La pieuse société s'occupa encore particulièrement de la protection morale des jeunes filles et donoa dans ce but son patronage à l'orphelinat des Filles de la Providence. Elle plaçait dans cette maison ses protégées et payait leur pension. Un confrère, G. Ruben, les visitait de sa part et en donnait des nouvelles à l'assemblée. La Compagnie plaçait en apprentissage chez des maîtres ou des maîtresses qui lui paraissaient mériter sa con^ flance, les enfants auxquels elle s'intére.ssait. Elle chargeait, en outre, quelques particuliers de veiller sur leur conduite, et de les porter à fréquenter les sacrements. Elle s*employait même k marier les pauvres ûlles orphelines.

Elle n'était pas moins préoccupée du sort des c pauvres honteux » c'est-à-dire des gens de toute condition qui, plutôt que de tendre la main, souffraient en silence et mouraient souvent sans i^tamr». Au commcnc^^ment de chaque séance hebdomadaire, ceux daf confrères, qui croyaient avoir découvert une misère digne de pitié, rinscrivaient sur un billet et déposaient ce billet dans un offret, A la séance suivante, d'autres confrères faisaient, après enquête, un rapport sur le cas signalé, et la société décidait, si TasKislance serait donnée, et dans quelle mesure...

L'assistance des pauvres devait toujours être ar;comf*a{rnée, précédée même d'un secours spirituel. Le 1^ juillet 1^>49, la Coinfia^nie de Limoges arrêtait en s<^ance v que Messieurs les cojjfn-reH e<<'Jêsia.'^tîquf^ et laïques s«^ront di^trjbu«'-s f>ar quartiers < ai n^i qu'on le pratiquait sur Saint-Sulpîce â Paris/, pour visiter les rjilfHsatt^ prochaînes et instruire charitablement l^^s vignerons et autres haliit^nts de la llaiM>n blanche en la créance et ]ef^ disposera la cijnUi^^ïou *.

A l'instigation de la Compagnie, les curés de Limoges et des villes furent priés de n'accorder leurs aumônes, qu'aux pauvres qui accepteraient de suivre un catéchisme. Plusieurs s'étant empressés d'entrer dans cette voie, la société, sans se démasquer, s'arrangea pour leur procurer des religieux chargés de les aider dans cet enseignement. Le zèle des confrères pour l'assistance des pauvres fut constamment digne de tout éloge. « 11 faudrait, nous dit M. Leroux^ reproduire tout le Registre, pour donner une idée de la multiplicité des aumônes faites au nom de la Compagnie. Ses ressources semblent avoir eu comme unique provenance le tronc des confrères, ce qui rendait leurs aumônes plus méritoires» *.

S^ Œuvres de moralisation puhliqve.

Le rêve de la Compagnie du Saint-Sacrement était d'empêcher dans chaque paroisse « tout le mal possible » et dans ce but, de « procurer qu'il n'y ait point d'impiétés, blasphèmes, scandales publics, de mauvais lieux, de brelans etautres maisons semblables, et ce par les voies ordinaires, charitables, évangéliques, envers les personnes intéressées, ou supérieurs et magistrats » 2^ Dans la pensée de la Compagnie, la distribution des aumônes devait permettre aux confrères de découvrir, chacun dans son quartier, tous les« désordres, divisions et animosités )/, puis de les rapporter à la Compagnie, enfin de les faire connaître au curé et solliciter au besoin son intervention.

Les premiers désordres, dont se préoccupa la Compagnie de Limoges, furent les scandales publics du carnaval, qui étaient une occasion à toutes les turpitudes de la chair et se compliquaient parfois de grossières superstitions. Révoltés de ce spectacle, les confrères s'adressèrent au bras séculier et lui demandèrent « de pourvoir aux abus scandaleux, qui se font particulièrement les trois derniers jours du carnaval ». Ce fut en outre aux efforts de la Compagnie que fut due probablement l'institution définitive à Limoges des prières des Quarante Heures pendantce temps. Quant à la célébration des fêtes, qu'il s'agît de Tobligation de tenir les boutiques fermées ces jours-là, ou d'empêcher le roulement des chariots les dimanches, ou du chômage des jours fériés ou delà précaution de tenir les rues plus nettes pour les processions, les confrères de Limoges jugeaient utile dans tous ces cas d'employer les juges de police et de recourir même à l'autorité du lieutenant criminel.

La Compagnie s'attaquait à toutes les formes du mal ; elle avait en horreur la comédie et les comédiens. « On travaillera, dit-elle, à empescherles désordres des comédiens. M. le Directeur parlera à M. le Promoteur, pour défendre à Messieurs les ecclésiastiques d'y assister ; M. le Supérieur parlera à M. de Chamboursac, prévôt, pour obtenir qu'on limite leur temps et qu'on ne joue pas les

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