Archives départ, de la Haute-Loire, série G, n
5. Outre Tattraction naturelle de son neveu le marquis de Langeac, qui nous explique déjà les voyages de François d'Urfé à Langeac, le fait de ses pèlerinages antérieurs ressort avec
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suivante, il fit un voyage en Piémont pour ses affaires domestiques ^, et poussa de là jusqu'à Rome, où il eut l'honneur d'être présenté au nouveau pape par l'ambassadeur de France. Innocent XI le reçut, ajoute Batterel, avec la distinction qui convenait à son nom. Le P. d'Urfé fit au retour le pèlerinage de Notre-Dame de Lorette, et alla prier à Milan sur le tombeau de saint Charles. Il obtint la grâce d'être désormais un zélé missionnaire.
De fait il fut nommé en 1678, supérieur de la maison de Notre-Dame des Vertus, à Aubervilliers, qui servait de résidence à la principale réserve des Missionnaires de l'Oratoire. Sur la fin de novembre 1679, il y reçut, venant du diocèse de Limoges, les frères Ruben d'Eymoutiers, qui furent pour lui de précieux collaborateurs. Il eut à présider en 1680 les exercices d'une fameuse mission auxquels prirent part un grand nombre des Pères de l'Oratoire et d'autres bons ouvriers, qui parcoururent avec lui les paroisses voisines d'Aubervilliers. Dans les pouvoirs qu'il lui donna à cet effet, l'archevêque de Paris, François de Harlay, fit insérer des éloges pour la personne du directeur de la mission ; il voulut qu'il eut dans ces circonstances la même autorité que si lui-même archevêque y présidait en personne. Il parait, dit Batterel, que le P. d'Urfé était Vhomme de confiance de ce prélat ; ce qui était un moyen de n'avoir guère d'accès à celle de la plupart de nos Pères. Aussi Ton rapporte que, nommé supérieur de Saint -Magloire en 1681, il n'eut point de part à la députation de sa maison pour l'assemblée générale des Pères, qui se tenait cette môme année. II y assistait néanmoins en qualité de délégué de Nicolas Pinette, qui lui épargna cette mortification, en le nommant lui-même selon son privilège de fondateur 2.
L'année suivante, François de Harlay ordonna au P. d'Urfé, de la part du roi, de signifier au Général de l'Ordre, qu' c il eût à se tenir au prieuré de Saint-Paul-au-Bois 3 et à ne plus venir à Paris sans une permission expresse de sa Majesté. Le Père insista pour ne pas se charger de cette commission si délicate, et, après deux heures de conférences avec ce prélat, il obtint de ne signifier cet ordre au Général Abel de Sainte-Marthe, que lorsqu'il songerait à quitter Saint-Paul, où il se trouvait alors. Il ne tarda pas d'ailleurs à le lui déclarer, parce que chacun se le disait à l'oreille, et que le bruit en était parvenu jusqu'à celles de l'intéressé par la voie publique. Le supérieur général de l'Oratoire reçut cette nouvelle de la manière du monde la plus chrétienne, selon le témoignage du messager involontaire et soumis. Il prétendit qu'il n'avait été si mal traité du roi, qu'à cause de la dernière visite qu'il avait faite à Saint-Magloire et des reproches que lui faisait l'archevêque, de n'en avoir pas bien usé avec ses boursiers *.
Le P. d'Urfé était alors Visiteur du premier département des maisons
I. Rende de Savoie avait apporte en dot dans la maison d'Urfé en 15S5 le comté de Ri- ▼erole, sitaé en Piémont, ainsi que les comtés de Tende, de Sommerive et beaucoup d'antres terres. Bernard, Les d'Urfé, p. 58.
8. Cette mise en quarantaine du P. d'Urfé par ses confrères fut pour lui des plus honorables.
3. Saint^PauI-aux-Bois est un village du canton de Coucy (Aisne), diocèse de Soissons. où dès le dixième siècle avait été fondé un prieuré de l'ordre de Saint- Benoît. Claude du Saussai, qui en était pourvu en 1C50, le donna alors aux Pères de l'Oratoire qui y continuèrent les traditions de bienfaisance et de discrète piété de leurs prédécesseurs. Dulanre, Biitoire de Paris et des environs, p. 390.
4. C'était là un simple prétexte. S'il fut persécuté par l'archevêque, et s'il encourut la disgrâce du roi, c'est qu'il était justement suspect de jansénisme. Aussi fut-il bientôt forcé de se démettre du généralat. Abel de Sainte-Marthe s'associa à son père et à ses frères dans la rédaction du Gallia christiana (l» édition).
de rOratoire. A l'occasion d'un voyage qu'il fit en 1685 pour ses affaires domestiques, dans le marquisat de Bagé-en-Bresse, près Màcon, il entreprit sur ses terres une mission avec le concours de plusieurs Pères de rOratoiredes maisons voisines. L'année suivante, il dirigea une célèbre mission que les Pères de son Ordre firent aux nouveaux convertis de Dieppe, Il en écrivait des merveilles au Père Général, se louant beaucoup des ouvriers qui y travaillaient. Mais comme par modestie, il s'était oublié lui-même, le P. de Sainte-Marthe eut soin d'apprendre à ses prêtres, que le P. d'Urfé avait opéré la conversion du plus fort des ministres protestants de Dieppe, qui se retira dans le collège de cette ville, pour se mettre sous la direction du chef de la mission. Cette conversion, ajoute Batterel, fit une vive impression sur l'esprit de tous les nouveaux réunis. Plusieurs mois de suite, le P. d'Urfé continua à se montrer à Dieppe un ouvrier infatigable de l'Évangile, mais il finit en terminant sa mission par succomber sous le poids de ses travaux et par être obligé de garder le lit. Revenu à grand'peine dans sa résidence habituelle à Paris, il y mourut chargé de vertus et de mérites, le 3 août 1687 i.