‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 439 sur 480 · Archives de la Haute- Loire ^ G, n · texte numérisé non relu

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Quelques mois après Tinstallation des deux frères au séminaire de Limoges, le supérieur de Saint-Sulpice écrivait à Emmanuel d'Urfé la lettre suivante : « Il est juste que je vous réponde, Monsieur et très cher en Notre-Seigneur, quoique je n'y voie pas grande nécessité pour vos besoins (spirituels) ; je le dois néanmoins, quand ce ne serait que pour vous assurer en particulier que je ne vous oublie pas. Je me réjouis de la satisfaction que vous avez de Mgr de Limoges. Je vous estime heureux d'être auprès de lui : 1» parce que je ne doute point que ce ne soit là votre vocation ; 2o parce que par les services que vous lui pouvez rendre, et par les petits soulagements, qu'il peut recevoir de votre assiduité, vous pouvez contribuer à sa consolation, et au bien du diocèse ; 3» comme il témoigne être bien content de vous, ce m'est une marque que Dieu bénit vos petits soins, et que vous n'y perdez pas votre temps, qui pour n'être pas employé en des ministères plus relevés, ne laissera pas d'être aussi utile pour l'Église, que si vous étiez appliqué à des fonctions plus éclatantes. Ce que vous avez seulement à y observer, c'est de partager tellement votre temps, qu'il vous en reste pour vos petits exercices ; et, je crois que vous avez cet avantage étant au séminaire, que vous le pouvez plus aisément.' Je souhaite que cela dure et pour votre bien et pour celui de Mgr de Limoges * ».

Cette même année, Emmanuel d'Urfé fut nommé par l'évêque son frère, prieur de Saint-Georges 2. Vers la fin de l'année suivante (1678), à la mort du dernier titulaire Antoine de Neuf ville, archidiacre de Lyon, l'intendant de la maison de notre prélat fut gratifié par le roi de l'importante abbaye de Saint-Just en Beauvaisisde l'Ordre de Prémontré K Le nouvel abbé alla prendre possession de son bénéfice, au commencement de l'année 1679. M. Tronson écrivit ces mots à l'évêque de Limoges, à l'occasion du prochain retour d'Emmanuel d'Urfé : « Je crois que vous aurez bientôt avec vous M. l'abbé de Saint-Just. Il m'a paru bien intentionné, et dans une disposition de vous servir en tout ce qu'il pourra. C'est un bon cœur, et qui a bien de la tendresse et du respect pour vous. C'est ce qui me fait croire qu'il vous peut être utile, et que sa présence vous sera de quelque soulagement. Pour moi je suis persuadé que c'est là sa vocation *. »

S*" Emmanuel iVUrféy prévôt contesté de Saint-Junien.

Tel était bien aussi le sentiment de Tévêque Louis d'Urfé, car il voulut, pour attacher davantage à son diocèse son frère Emmanuel, lui conférer deux ans plus tard la prévôté de Saint-Junien dans les circonstances suivantes 5. La veille de sa mort seulement, Jean Villebois lU, prévôt, avait fait présenter au chapitre de cette ville, le 20 août 1681, une permutation de sa dignité avec la prébende de Pierre Villebois, son neveu. Le chapitre accepta la proposition de son chef, mais, comme ce derniôi' vint à mourir avant les lettres de confirmation de l'évêque, les chanoines regardèrent la permutation comme nulle et caduque. Après les obsèques du prévôt, faites le 23 août, ils s'assemblèrent et choisirent le 9 septembre, pour procéder à une élection. « Ce jour-là

L Lettre «lu -n juin 1677, Correspondance de M. Tronson, t. II, p. 401 et 3«-2.

'2, Ms8. 33, p. 6'i4. C'était un prieuré-cure de neuf cents communiants, situé daus le canton de Pontarion (Creuse). Il avait une communauté de prêtres établie en \Tiùi. Pouillé histor., p. 338.

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