Sicard, L'ancien clergé de France^ l
charge d'àroes, que celle de la fin du dernier siècle ^ Cette supplication du clergé n'était encore que trop juste. En effet, trois ans plus tard, le 2 juin 1617, Gaspard Dinet, évêque de Mâcon, s'indignait, en présence de Louis XIII, au sujet de ces évêchés, de ces bénéfices que le roi continuait de donner en dot à des enfants en bas âge 2.
Trois autres demandes des cahiers du clergé limousin regardaient la violation du privilège clérical devant les tribunaux civils 3. f On avait étendu Tirnpôt, dit à ce sujet Richelieu, jusque sur les ecclésiastiques, sous prétexte qu'ils possédaient des biens roturiers, tandis que le seul tribut qu'on avait à leur demander était la prière. La juridiction du clergé était méconnue, et les juges laïcs empiétaient sur son autorité 4. ^ Des inagistrals incompétents dans cette matière taxaient les évoques et les corps ecclésiastiques d'aumônes ou amendes pécuniaires. Nonobstant des ordonnances contraires, des juges du roi voulaient prendre connaissance des comptes des fabriques paroissiales, dont le jugement était réservé exclusivement aux curés et à Tévêque du lieu.
ÏJdL vingtième instruction témoigne du parfait accord qui régnait alors entre le clergé et la noblesse en Limousin. « Sa Majesté sera humblement suppliée de vouloir maintenir et conserver Mey;sieurs de la noblesse en leurs libertés, franchises et immunités ».La vingt et unième et dernière demande respire un accent non moins sincère de syuïpathie pour « le pauvre peuple ». « Davantage il plaira à Sa Majesté de jeter les yeux de commisération sur son pauvre peuple, qui est sur le point de ployer sous le faix de toutes sortes d'oppressions qui l'accablent, s'il n'en est relevé par la suppression de ce nombre effroyable déjuges et de financiers qui ont sous eux une multitude plus grande de petits officiers inutiles. - Déjà s'annonçait la plaie du fonctionnarisme ! — « Les tailles ne sont accompagnées d'aucune égalité, mais de la seule volonté des élus ou (conseillers (les finances; i\m en usent à leur discrétion... '' »
i. M. Leroux, Charte», 197-198.