‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 448 sur 480 · II. L'affaire de rArchidiaconô de Malemort · texte numérisé non relu

II. L'affaire de rArchidiaconô de Malemort

i» Les archidiacres du diocèse de Limoges,

IjSl collation de Tarchidiaconé de Malemort, troisième dignité du chapitre cathédral donna lieu, au dix-septième siècle, à des discussions et à des procès non moins interminables. Au moyen-âge (de la fin du douzième à la fin du quinzième siècle), le diocèse de Limoges avait compté onze titres d'archidiacre attachés à des localités. Chaque archidiacre dans son district, connaissait des plaintes, rendait des sentences, faisait des ordonnances, levait des droits aux synodes de révoque, et était nourri aux frais des curés dans le cours de ses visites. L'archidiaconé de Limoges fut appelé, (à partir de 1280 environ) de Malemort. Le nom de ce bénéfice ne venait pas toutefois de cette paroisse, située près de Brive, avec laquelle il n'eut jamais d'attache, mais de l'évoque de Limoges, Gilbert de Malemort, qui le dota à cette date en lui réunissant les dîmes des paroisses de Queyssat et de Goules 2. Par bulle du 21 janvier 1476, du consentement de Févèque et du chapitre, les archidiaconés furent supprimés dans le diocèse de Limoges. Il n'y eut plus dès lors jusqu'à la Révolution qu'un seul archidiacre, celui de Limoges, titré toujours du nom de Malemort et surnommé le grand archidiacre. C'était un dignitaire du chapitre cathédral, mais il n'avait, à rencontre de ses prédécesseurs, aucun pouvoir, aucune juridiction, ni môme de prébende canoniale. Après 1476, l'évoque de Limoges continua comme avant à nommer seul ce dignitaire de son église, sans aucune opposition 3.

2o Origines de Vaffaire de VArchidiaconé,

Au lendemain de la mort de Pierre Benoist, prieur de Saint-Gérald et archidiacre de Limoges (le 20 novembre 1565), le chapitre de Saint- Etienne procéda pour la première fois en l'absence de l'évèque à la collation de l'archidiaconé de Malemort, qui échut ainsi à Jean Poylevé *. Néanmoins le chanoine Pierre Cibot, pourvu du môme titre par l'évèque peu de temps après, prit possession de ce bénéfice et ne fut point troublé dans sa jouissance. Une seconde fois, le 31 décembre 1579, le chapitre prétendit nommer à cette dignité Guillaume Masmouret. Contesté aussitôt par l'évèque, l'élu du chapitre se démit de son bénéfice (1581) entre les mains du prélat, qui, pour le bien de la paix nomma à sa place un an après Pierre Benoist, Chanoine et prévôt de Compreignac, sur qui s'étaient portés les suff'rages du chapitre. Après ce célèbre archidiacre de Malemort, catéchiste de Henri IV, cette dignité fut possédée régulièrement, malgré les contestations du chapitre, qui nom-

1. Bulletin de Limoges, t. XLVI, p. 3*i6, 3*27. Le conflit apa>s(^ reprit en 1719 entre l'ëvéque Antoine de Génétines et le chapitre de sa cathédrale. Il durait encore probablement à la veille de la Révolution. Voir d'autres dossiers sur ces disputes aux Archives de la Haute- Vienne, G, n. p. 335 et suiv.

2. En 1318, la paroisse de Goules fut comprise dans le diocèse de Tulle. Néanmoins l'archidiacre do Limoges était appelé an dix-septième siècle archidiacre de Goules, parce qu'il continuait à jouir de 2000 livres de revenus qui provenaient en partie de cette paroisse, dont il était le patron présentateur. Bulletin de Limoge», t. XLVII, p. 140.

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