‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 459 sur 480 · Documents historiques ^ t. H, p. 3(K · texte numérisé non relu

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elles n'existaient pas. Ce besoin profondément senti fut pour une psirt importante dans la fondation des congrégations enseignantes.

Jusqu'à la fin du seizième siècle, les communautés religieuses de femmes avaient été cloîtrées et s'étaient livrées presque uniquement à la prière et à la pénitence. A partir du dix-septième siècle, on vit surj^îr comme par enchantement des congrégations séculières, sans cloître et sans vœux solennels, vouées à l'éducation des enfants. En moins de trente ans, les nouveaux Ordres semèrent la France d'une nuée de maisons d'instruction. Le diocèse de Limoges ne fut pas, on Ta vu plus haut, l'un des moins bien partagés. Les Ursulines et les Filles de Notre-Dame s'occupèrent particulièrement en Limousin de l'éducation gratuite des filles pauvres du peuple. Dès les premiers jours, leurs classes se remplirent d'une nombreuse jeunesse, à laquelle on enseignait la lecture, l'écriture et le travail manuel. Il y eut même dans plusieurs maisons d'Ursulines, notamment à celle d'Eymoutiers, des petites classes élémentaires, destinées aux enfants des deux sexes. C'était l'apparition des crèches ou asiles maternels, annexés au principal établissement. Quant à Tinstruction des enfants riches, de nombreux couvents du diocèse, tels que la Règle, les Visitandines et les Filles de Notre-Dame à Limoges, les Grandmontaines du Ghâtenet, les Bénédictines du Dorât et les religieuses de Fontevrault à Boubon (près Nontron) avaient au dix-septième siècle des pensionnaires appartenant en général à de bonnes familles ^.

De l'ensemble des faits de ce chapitre, il résulte que l'instruction secondaire était au dix-septième siècle plus répandue et plus libéralement distribuée dans le diocèse de Limoges que de nos jours. Quant à l'instruction primaire, il faudrait d'abord connaître le rapport qui exista à cette époque entre le nombre des personnes lettrées et le chiffre de la population totale. Or sur ce point, on ne peut avoir des renseignements précis, même d'après les registres paroissiaux. Néanmoins, rétude comparée de ces documents relatifs aux actes de mariages, a permis à L. Guibert d'attester, d'après le nombre de signatures des conjoints et le nombre total des mariages, durant une période de vingtcinq ans (1650-1G76), que tout le monde s'était progressivement instruit. Limoges, Saint-Léonard, Bellac, Saint-Junien, Magnac fournissent dans l'ensemble la proportion la plus forte de lettrés. A Limoges et dans ces localités importantes, les relevés des registres paroissiaux accusent une proportion d'hommes sachant signer, inférieure à trente-trois pour cent de la population totale. Ce résultat permet de supposer que les écoles étaient très répandues dans ces villes et très fréquentées, surtout si l'on remarque que certains enfants suivaient les classes sans apprendre à écrire, et que sans doute plusieurs des époux avaient perdu à vingt-cinq ans le peu d'écriture qu'ils avaient appris dans leur enfance. Hors des villes naturellement la proportion des lettrés en Limousin descend parfois au-dessous de cinq 2. Ce fait désolant nous explique le cri d'alarme que nous trouvons exprimé au début du mandement de l'évêque Louis d'Urfé, et l'opportunité de l'entreprise des écoles populaires, dernière forme de la renaissance religieuse, dont l'un de ses confrères de Saint-Sulpice, Jean-Baptiste de la Salle, se fît alors, à Reims, le glorieux promoteur 3.

1. Art. L. Guibert, Bulletin de Limoges, t. XLVII, iôirf. ; d'Avcnel, Richelieu, t. IIL p. 400.

2. Art. L. Guibert et M. A.Leroux. Inventaire des archives de la Baute-ViennCy E. Introduction.

3. Le diocèse de Limoges ne comptait encore en 1773 aucune école de Tlngtitut des Frùro

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