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et la métropole du Midi. Revenu dans sa famille, le jeune homme se consacra tout entier à des œuvres de piété. Sos parents voulaient lui voir acquérir une charge au Présidial : il refusa énor*,nqiiement, avec cette belle parole que rapportent ses contemporains : ce Je ne saurois rendre la justice, et ne la veux point acheter ». Il demeura donc simple avocat au siège de Limoges; mais il ne plaidait que pour les indigents, pour les orphelins, pour les veuves; en un mot, sa science et son talent de parole étaient au service de ceuxlà seuls qui ne pouvaient lui payer d'honoraires. Aussi mérita-t-il le beau surnom d'avocat des pauvres, que lui donnaient ses concitoyens ^.
Après avoir perdu sa femme, qui mourut victime de son dt'*vouement pour les pauvres, Cardon de Brun ne mit plus de bornes à son zèle et à ses austérités. Ayant vendu tous ses biens, il en donna le prix aux pauvres, et accepta à titre d'aumône Thospitalité chez un de ses amis receveur des impots. Puis cédant aux conseils de son directeur, il embrassa Tétat ecclésiasti(|ueet rerut vers 1615 les ordres sacrés. Une aftluence considérable de peuple se pressa à sa première messe dans Téglise Saint-Franrois des Récollets, pour y communier de sa main et y entendre la prédication. Bernard renonça aux dignités ecclésiastiques qui lui furent proposées, comme il s'était refusé aux emplois de la magistrature. Sur les instances de son beau-frère Petiot de Chavagnac qu'il assista à son lit de mort, il accepta par devoir de tenir lieu de père à ses enfants, et vint résider sous le même toit que ses neveux, sur la paroisse de Saint-Pierre-du-Queyroix. Tel était l'homme de Dieu, simple laïque ou prêtre libre, qui, sous l'épiscopat de deux prélats Henry etRaymondde La Martonie, participa à tout le bien qui se fit à Limoges. Une vénération profonde s'attachait à sa personne ; l'évêque de Limoges, nous apprend Gollin, l'honora toujours de sa confiance ; les prêtres et les laïques le vénérèrent de son vivant comme un saint.
Son zèle était infatigable, malgré ses infirmités habituelles, fruit de ses austérités. On le vit d'abord s'employer activement à la fondation d'un premier couvent de Récollets à Limoges-. Le 20 juin 1596, le chapitre cathéd rai, à qui ces religieux avaient présenté leur requête, consentit à leur établissement à Limoges dans l'Église Sainte-Valérie. Le !•"' août suivant, les Ilécollets prirent possession de l'ancien prieuré de ce nom fondé à la fin du douzième siècle, sur le lieu du ujartyre de la Vierge. Le jour de la fête de Saint-Etienne, li août, les Frères Mineurs célébrèrent à Sainte- Valérie le service divin avec une grande solennité, et s'installèrent provisoirement au prieuré Saint-Gérald en attendant la construction de leur couvent.
Les Pvécollets reeurent des hal)itants de la ville tant d'aumônes et d'offrandes, qu'ils furent bientôt en état irélever une nouvelle