‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 54 sur 480 · L. Guibert, Les confrrries des JV-ni/cnts, p · texte numérisé non relu

L. Guibert, Les confrrries des JV-ni/cnts, p

2. Laforest. Limoges, 322 et suiv. ; Du Boys et Arb(;llot, Biographies liniousinesj p. 46 et suiv. ; Gollin, Vies desSai>Us. Limo|zes, 1G72. p. '22.

chapelle sur les ruines de l'ancienne église, et des bâtiments conventuels, qui servirent de premier noviciat à leur ordre dans le royaume ^. Ils y entretinrent au dix-septième siècle jusqu'à plus de 80 religieux, ils y formèrent un grand nombre de prédicateurs distingués, et peuplèrent de leurs novices une partie de leurs maisons de France.

Les Frères Mineurs vivaient en 16l4dans leur couvent de Sainte- Valérie avec tant d'édilication et ils rendaient tant de services à la ville, que plusieurs notables habit^mts, parmi lesquels se trouvait leur conseiller Bardon de Brun, firent attribuera ces religieux une seconde maison, qui devint Thospice Saint-François. Les consuls de Limoges mirent à leur disposition l'ancien hùtel de Guillaume de Julien, appelé le Bâtiment, « où les basleleurs fai.saient jadis leurs exercices » sur remplacement de Técole primaire supérieure actuelle. Les Récollets s'établirent dans cette maison le 14 avril 1614; on la désignait par le Petit Couvent, pour la distinguer du grand couvent de Sainte-Valérie. La première pierre de la chapelle fut posée lel4juillet'1616 *-. D'après de Bernage, le nombre des religieux de cette maison en 1698 était de quinze environ. Le gardien du couvent de Sainte-Valérie était supérieur des Bécollets de l'hospice. Ces derniers avaient pour mission spéciale d'assister dans l'intérieur de Limoges les pauvres malades ^.

Par ce service d'assistance hospitalière, dont on apprécia l'importance durant la peste de 1631, les Bécollets de Saint-François se rendirent bientôt très populaires à Limoges, comme ils l'étaient partout à cette époque en qualité de missionnaires et d'aumôniers militaires. Bien qu'ils se soient encore occupés en Limousin de la direction spirituelle dans les villes, de missions dans les campagnes et aussi de controverse et de la conversion des protestants '*, ils furent cependant sur ce terrain du prosélytisme promptement dépassés par d'autres religieux plus ardents et plus habiles, et comme eux nouveaux venus dans cette province.

Nous avons nommé les Pères Jésuites, dont le saint homme de Limoges, Bardon de Brun, se fit le principal introducteur dans son pays. Les fils de saint Ignace n'étaient pas à la fin du seizième

1 Cette chapelle subsiste encore ; on la désigne aujourd'hui sous le nom d'Ancienne-Comédie.

1. C'était près de l'ancien séminaire des Ordinands qu'était situé le couvent de Sainte- Valérie, dont une école communale occupe actuellement une partie.

.'3. Limo;]res, Plans Dnconvt'icnx, p. 98 et 101. Archivas hhtonqncs iJn Limousin, H, p. 128 et suiv. Annales tnanuscrites, p. 377. I^aforest. Liniogt's, 328.

4. Citons ici, parmi les Récollets qui se distinguèrent dans la controverse, le | »

I*. Florent, qui reçut à Limoges en l.jOi- l'abjuration de Mme de la Tour Neu- > \ ?

villars (voir Laforest) et le V. François de Leyniac, né à Lonzac, dans le dio(!èse

de Limoges, homme d'une grande vertu et très zélé pour la réforme religieu- '

se. Xomraé définiteur au chapitre de KilV, il fut élu second provincial de la !

Guyenne, en septembre 1(518, et commissaire général de son ordre au chapitre tenu à Paris (1619). Elocpient prédicateur, il donna des stations diverses dans les villes principales du Midi. La foule était si grande à ses sermons, qu'on était obligé de placer des gardes aux portes des églises, pour empêcher la confusion. U mourut à Toulouse vers 1635. Le Parlement assista à son enterrçment. Mss. n. 18, p. 192.

siècle (les religieux inconnus dans la capitale du Limousin. Dès 1570 les habitants de Limoges les avaient vus paraître avec éclat dans les chaires de leurs églises. Le P. Fximond Auger, qui passa pour un des meilleurs controversistes de son temps, présida lui-même à Limoges cette année-là une mission qui produisit des fruits abondants. Les Jésuites revinrent depuis à plusieurs reprises donner d'autres missions et prêcher dans les principales localités du Limousin, notammentà Limoges encore, à Tulle et à Brive. On s'explique ainsi, par la continuation de leur propagande et de leurs succès do missionnaires, que les habitants de Limoges aient désiré vivement en 1597, que le collège municipal fut placé sous leur direction.

La Compagnie de Jésus, en fondant à Paris vers 1560 son premier collège, et quelques années plus tard ceux de Rodez, Pamiers et Tournon, avait commencé sa réputation pédagogique et méritait déjà la confiance du public. Les consuls de Limoges, qui cherchaient depuis longtemps à doter leur ville d'un enseignement classique régulier, avaient vu avorter leur dernière tentative. En avril 1597, Pierre Cibot, principal du collège,déclara se démettre de ses fonctions, attendu, dit-il, que le collège n'avait ni régents, ni discipline. Préoccupés de relever l'œuvre, les consuls songèrent alors à réclamer l'assistance des Jésuites. Dans ce but, le prévùt Gabriel de la Brousse fil d'abord des ouvertures au provincial d'Aquitaine, le père Alexandre Georges ^.

Celui-ci vint à Limoges, en compagnie du père François Solier de Brives, et d'un autre religieux, dans les premiers mois de 1597, afin d'entrer en pourparlers avec févèque, les magistrats et les consuls, relativement à la fondation du collège en cette ville. Les Pères reçurent l'hospitalité chez leur ancien élève de Paris, l'avocat Bardon de Brun, qui travailla avec beaucoup de zèle, à titre d'intermédiaire *-, en faveur du collège naissant. Cette hospitalité des religieux dura plusieurs mois. Le P. Georges, après un court séjour à Limoges, laissa au P. Solier le soin de continuer les négociations qu'il avait entamées. Elles ne pouvaient être confiées à des mains plus habiles 3. Elles aboutirent vers la fin de juillet 1597 à un accorrl, qui fut proposé immédiatement à la ratification d'une assemblée des principaux habitants qu'on convoqua à la maison commune. Près de deux cents notables y assistaient. Gabriel de La Brousse, prévôt des consuls, exposa à la réunion : que, depuis six mois, M. Cibot, principal du collège, ayant été

1. M. Leroux, Inventaire, archives de la Ilaufe-Vicnnc, série 0, introdiicUon.

2. Notons ici, d'après Laforost, que le beau-frèro de Bardon do Brun, Petiot de Chavagnac, était consul de Linnopes cetlp année-là.

3. Le P. l'Yançois Solier naquit à Brivc^s en lôTiS. A Vàç^e de dix-neuf ans, l'an 1577, il entra dans la Compagnie de Jésus. Après avoir i)rofessé la rhétorique pendant dix ans, le P. Solior fut pendant cin«[ ans nriaître des noviees au collège de Verdun, puis pendant quinze ans il prêcha avec un véritable talent et un grand succès dans diverses églises de France. En 1597, il fut choisi par ses supérieurs, pour être le premier recteur du collège de Limoges. BulleLin de la société de Tulle, année 1887, t. IX, p. 37-i et suiv., art. de l'abbé Arbellot.

promu à la dignité de grand chantre de la cathédrale, le collège était sans conduite. Les notables invités à donner leur avis tour à tour déclarèrent : « qu'il était impossible de trouver régents qui fussent plus zélés à Thonneur de Dieu et à l'instruction de la jeunesse que les Pères Jésuites, el qu'il fallait supplier Sa Majesté de permettre l'installation du dit collège sous leur charge et leur direction ». Et, ajoute le procès-verbal de la délibération : « attendu que la jeunesse se déborde de pins en plus et vit sans aucune discipline, les dits citoyens et habitants, d'un commun accord ont été d'avis que lesdits Pères Jésuites soient installés audit collège et dotés dudit revenu par forme de provision, pour faire office de régents et instruire la jeunesse, en attendant de recevoir la volonté de Sa Majesté. » — C'est en vain que les consuls prétendirent que l'autorisation préalable du roi était nécessaire ; « lesdits habitants ne se sont voulus retirer, jusqu'àce que, après plusieurs acclamations, ledit sieur Prévôt les a assurés que denjain, à midi, il y serait pourvu et qu'ils seraient contents. »

Le P. Solier et son compagnon, qui avaient jusque là reru l'hospitalité chez Bardon de Brun, furent donc installés dès le lendemain (1er août) dans les bâtiments de l'ancien collège, en attendant l'approbation de Sa Majesté ^

En conséquence, dans le but d'obtenir cette autorisation préalable, les consuls de Limoges s'adressèrent au roi et firent appuyer leur demande par une attestation de bonne vie et mœurs et doctrine, qui fut délivrée en faveur des Pères Jésuites par M. de Gontaut-Biron, lieutenant général en Limousin 2.

Une nouvelle assemblée de ville, dans laquelle figuraientles trois ordres : clergé, noblesse, tiers-état, en date du l*"" janvier 1508, sanctionna l'accord précédent et s'occupa des voies et moyens d'exécution. L'évêque de Limoges s'inscrivit pour 500 livres de rente annuelle, à prendre sur sa seigneurie d'Isle, le chapitre de la cathédrale et celui de Saint-Martial promirent deux prébendes, dont le revenu pour chacune s'élevait au moins à 500 livres; le corps de ville donna la maison du collège, bâtie et meublée, avec tous les biens et revenus qui en dépendaient, plus deux mille livres de rente formée par une souscription, à laquelle prirent part les principaux habitants. On voit par la liste des quatre cent cinquante cotisations volontaires, que s'imposèrent à celte occasion les bourgeois et le clergé de Limoges, avec quel enthousiasme la population de la ville accueillit les nouveaux régents, à la tête desquels était le P. Solier.

Le 18 juillet de cette même année (1598), le chapitre de la cathédrale, à la requête du P. Solier, donna attestation aux PP. Jésuites du bien qu'ils avaient fait pendant un an dans le diocèse par leur prédication, exhortation et instruction de la jeunesse ^.

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