‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 60 sur 480 · Archives histor.,i. VI, p · texte numérisé non relu

Archives histor.,i. VI, p

4. Le premier manuel de ce genre, composé selon la méthode de Canisius, avec Tapprobation de l'évêque, était l'œuvre du premier recteur du collège, le P. Fr. Solier. Il parut à Limoges en 16u6. Note de M. Leroux, p. 123 de son ouvrage sur la Rcfnrnipy Archives histor., t. VI. ihid.

5. Henry de la Martonie faisait habituellement ses ordinations à la cathédrale de Limoges; il donna les ordres plusieurs fois dans l'église des Dominicains de cette ville et dans la collégiale de Saint-Junien. Les premières ordinations qu'il fit à Saint-Etienne de Limoges, en 1588, le samedi avant la Passion et la veille de Pâques, comprirent : 40 tonsurés, 33 acolythes, 47 sous-diacres, 78

Des ordonnances disciplinaires ou règlements de réforme étaient presque toujours l'un des principaux résultats du passage de Tévêque dans les villes de son diocèse. C'est par un acte de ce genre qu'Henry de la Martonie signala le début de sa première visite pastorale. Etant à Bellac le 45 juillet 159Î), il favorisa la réunion dans une même maison d'une dizaine de prêtres communalistes, qui, faute de ressources, vivaient séparés depuis trente-neuf ans. Dans le but de rendre à cette communauté, reconstituée dans l'église Noire- Dame, l'ancienne ferveur delà vie commune, le prélat donna, le 48 du même mois, son approbation à ses nouveaux statuts *. Entre autres règlements intéressants à connaître, le prélat prescrivit aux communalistes de Bellac : de porter des habits noirs décents, pour vaquer à leurs occupations ordinaires, de n'entrer à l'église qu'avec leurs robes longues, les manches vêtues et non pendantes, de porter la tonsure avec labarbe courte sans moustaches; de n'avoir à leurs collets de chemisesetà leurs manches que des choses simples, « sans ouvrages exquis et sans aulcune fraise » ; de ne pas se masquer, ni de danser, ni de hanter les tavernes ; de ne se permettre aucune innovation contraire au rituel dans la célébration de la messe et l'exécution de l'office divin; de ne pas confesser sans avoir des lettres d'approbation; de ne donner à des époux la bénédiction nuptiale, que dans l'église paroissiale avant la célébration de la messe, depuis l'aube du jour jusqu'à midi ; et particulièrement de ne pas assister la nuit à des mariages clandestins, dans des maisons particulières, sous peine d'excommunication et d'amende 2 ; enfin, de ne pas publier des actes judiciaires, et de ne pas lire des choses profanes à l'intérieur de l'église ^.

La réforme des abus nombreux, dont souffrait l'Eglise limousine, subit en 4600 une impulsion nouvelle, du côté du pouvoir royal lui-même, qui avait tant contribué auparavant à les introduire. Le 48 avril, l'évêque de Limoges reçut des ordres du roi, pour s'enquérir des titres de possession de tous les bénéficiers de son diocèse. A cet effet, Henry de la Martonie chargea des curés et plusieurs autres ecclésiastiques, de faire dans ton tes les paroisses l'enquête laplus minutieuse. Les représentants des deux pouvoirs allèrent demander à chaque bénéficier, ses lettres de provisions et les procès- verbaux de sa prise de possession et d'autres preuves du même genre. Mais les pièces suspectes d'un certain nombre de bénéficiers furent si bien « palliées » fet déguisées, quand on les présenta aux ecclé-

diacres, et 62 prêtres, tous de son diocèse et du clergé séculier. Les lettres d'ordination étaient alors pour l'évêque de Limoges un revenu assez important. Ce prélat prenait : quatre livres, pour les lettres de prêtrise ; trois livres pour les autres ordres, et vingt sous pour la tonsure. Mss. du sémin. n. 33, p. 57C

1. Mss. ibid., et Granet., Histoire de Bellac. Limoges, 1890, p. 114.

2. Les mariages clandestins n'étaient pas rares à cette époque dans le diocèse de Limoges. Le 8 septembre ir)84, un vicaire de Pierrebuffière fit un mariage dans une maison particulière à deux heures après minuit : le 13 juillet 1589, le curé de cette même ville en fit un autre dans de pareilles conditions. Mss. 33, p. 576.

3. Documents historiques, Limoges, (883, t. I, p. 294 et suiv.

siastiques inspecteurs, qu'on ne put expulser de leurs bénéfices tous les confidentiaires qui fourmillaient alors. L'enquête officielle fut poursuivie en 1601, où nous remarquons que François Esclacles, grand vicaire de Limoges, accompagné du promoteur du diocèse et de l'aumônier de Tévêque, se trouvaient en tournée de visite à la Roche-l'Abeille *.

L'abus qu'on voulait extirper était si bien enraciné qu'on voyait l'année suivante bon nombre de bénéficiers simoniaques, qui ne résidaient pas. On en était réduit à nommer à leurs cures et aux autres bénéfices de nouveaux titulaires. Faute de religieux dignes, les règles canoniques des bénéfices regxdaria regulariter étaient ainsi tournées par la force des choses. Les séculiers qu'on nommait aux bénéfices réguliers se présentaient devant l'évêque ou son vicaire général ; séance tenante, ils faisaient profession, sans avoir fait de noviciat dans un monastère, et étaient pourvus immédiatement 2.

De même, certains bénéfices séculiers qui réclamaient des titulaires des qualités particulières, ne pouvaient être desservis à cette époque que par des religieux. C'est ce qui arriva pour la collation de deux prébendes, en 1601, dans les chapitres de Saint-Yrieix et de Saint-Junien ; tellement, à lasuite des guerres civiles, la disette de bons sujets et d'ecclésiastiques idoines était grande. A Saint- Junien, on élut cette même année pour théologal Pierre de Labesse, docteur en théologie, gardien des Gordeliers, à la charge de prêcher ou de faire prêcher tous les dimanches, les Avents, les Carêmes et les fêtes solennelles dans l'église collégiale. On le reçut en lui donnant le surplis et en lui mettant l'aumusse sur le bras. Cette élection fut confirmée par les consuls de la ville et par l'évêque de Limoges 3. On élut pareillement en 1601, à Saint-Yrieix, pour' théologal un Cordelier. Ce dernier succédait dans cet office à frère Nicolas Operarii, franciscain, docteur en théologie, qui avait été nommé en 1582, parce qu'il avait les qualités requises et qu'il avait pris à sa charge toutes les prédications du chapitre *.

L exercice brillant de cette même fonction dans les circonstances solennelles était chaque fois une occasion de triomphe pour les Pères Jésuites. Le premier recteur du collège, le P. Solier, qui avait prêché avec succès dans diverses églises de France, devint à Limoges, l'orateur à la mode ; il fut habituellement invité à porter

1. Notons ici (jue les visiteurs diorésains prenaient un droit de visite dans chaque paroisse. A la Roclie-l'Abeille ce droit s'éleva à dix livres seulement. A Saint-Hilaire Bonneval, où ils se trouvaient le 28 avril 1(102, ils reçurent une offrande de quarante à cinquante écus, provenant du grand nombre de conviés (90) à la table du curé, parmi lesquels on en compta quatorae. qui étaient gens de qualité. Mss. de Legros, n. 33, p. 578.

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