Mss. n. 40, p. 381 et
la parole dans les grandes solennités, notamment le jeudi 11 octobre, sur la place de Sous-les-Arbres, devant Tévêque Henry de la Martonie et messieurs de la justice, à la suite d'une procession solennelle en actions de grâces pour l'heureuse naissance du dauphin, depuis Louis XIJI.
C'est encore le P. Solier qui fut chargé de la prédication, au mois de juin 1ti02 ; lorsqu'on fit la procession réparatrice, où l'on rapporta solennellement à la cathédrale la custode renfermant le Saint-Sacrement, qui avait été volée dans l'église de Saint-Michel de Pistorie par deux hérétiques, Jean Farne et Maureil son frère, et cachée par ce dernier dans les fossés de la ville, devant la Croix de Saint-Gérald. L'évêque, le clergé des paroisses, les religieux de divers Ordres, les consulset les magistrats, qui portaient le dais, et une foule qui fut estimée à cinq mille personnes, prirent part à cet acte solennel de réparation ^.
Les succès oratoires du recteur durèrent encore quelques années, tant que les susceptibilités d'une partie du clergé de Limoges n'eurent pas été éveillées contre lui. Le P. Solier, après avoir été présenté par l'évêque à son chapitre pour la station du Carême de 1606, donna régulièrement ses sermons dans la cathédrale trois jours par semaine (les dimanche, mardi et vendredi). Au cours de cette station, un incident quelconque qui est resté ignoré, produisit entre Torateur et les chanoines une certaine mésintelligence ou de l'antipathie, qui ne tarda pas à se manifester publiquement. Quelques mois plus tard, les grands vicaires de l'évêque, qui se trouvait alors à Paris, chargeaient en son nom le P. Solier de publier solennellement à Limoges, selon la forme accoutumée, un jubilé général, que le nouveau pape Paul V venait d'octroyer au monde catholique. A cet efTet, le 18 septembre 1605, jour fixé pour l'ouverture du jubilé à Limoges, une procession générale sortit de la cathédrale après la messe, traversa les rues de la cité et de la ville, et vint se ranger sur la place de Sousles-Arbres, à côté de Saint-Martial, avec le clergé et une grande foule de peuple. Or au moment où l'on espérait entendre le sermon sur la promulgation du jubilé, qui devait être faite au nom de l'évêque, le P. Solier ne monta en chaire, que pour demander à son nombreux auditoire, de se rendre incontinent dans la vaste salle du réfectoire de Saint-Martial, où il voulait seulement prêcher. En vain les chanoines de Saint-Étienne le prièrent de ne pas déroger aux usages, et d'avoir égard aux désirs de l'assemblée. Le Père ne voulut rien entendre, et le chapitre dut aussitôt retourner seul à la cathédrale, « sans oyr prédication, au grand scandalle de tout le peuple qui crioit qu'il y avoit trop d'ambition en cest homme, et qu'il était trop convoiteux d'honneur ». Les chanoines décidèrent ce même jour, en séance capitulaire, de ne plus employer dorénavant le P. Solier pour aucune prédication à la cathédrale, et d'adresser à a Monsieur de Limoges » et au Père Provincial d'Aqui-
1. Bulletin de Tulle, t. IX, art. de Tabbé Arbellot, p. 381 et suiv.
HKîCBV Î>K Ï^V MAI^ÏVSXIV:
fjilne^ une plainte au î^ujtH di* co jjrjivx^ incidoiU ^ l.<^ T. l^lt^>A^v^r> PrcivîTJCîAÎ, réuîla ce dilToroiid d'îino ù<x^« <|in phU -"H^^ ohA|^iïr<* de Sainl-Éiieime : il nojnmii à la plaoe dn P. Solù'T^ q«'iî enxwA À Saintes, un nouveau nvteur, le P. Auivr>\ t^ia «e 1lv<^ulr^ pluî^j conciliant ^. Rtvoncniô a\w le::i^lVr\^sio<uilo^ |\ar 'cvtte <(>>m>(>:^<i^u opjwrîune, le chapitre de la c;iilîu*\irale leur lon^oijiua sii ^at^st'aelion en dêputanU le iO juillol itW, quatre doses nuMul>r\^s |>our le représenter le lendemain^ ;\ la cênMUonie de la |v^se de la pivuu<Hv pierre, de la ehapi^Ue du oollè^ -"^^
Quelques un>is apK^s, la vieille chapelle du oolKV<' î^'^lî^^^l iVin>uïée, les Pères tran5|>orliMx^ut pi\>visoiivnient leui^ exeiviees du cuite, dans rêjjlise de 8aint-Pierre-<iu-0ueyiMi\. snr riuvilaliou méniedeRalthazar de rk>uhel,curo do la |>î\i\>isso \ A la fin du eni^ na\"al de lti(>8, les Jésuites nurontpour lapivnuoivfoison houuour dans cette é|îlise rOniison dos Ouarauto-llouivs 'v Dans lo hul do rendre populaire cette institution, ils oivî^nii^i^ronl, on ItUO, dos processions qui eurent un ^rand ôolat» î.o diuianoho îiO février ol les deux jours suivants, on vit dolilor dans los ruos do l.imo^os» près de cinq cents écoliei^s, los plus jeunes habillés on au^os ol portant les attributs de la Passion ; d'autres, los uiombros do la congrégation delà Sainte Vierge, au nombre do soixante, oouvorts des insignes de la pénitence, d'autres figurant los rois, los palrtarchesy les prophètes, les apùlros, los évangélislos, los dootours, los marijrs et les confesseurs. Colle mise ou soéuo, rt»Ue féorio snoréo émerveilla beaucoup la population do la ville. « Jamais, dtl un chroniqueur, on n'avait vu à Limoges une lollo dévotion ot une procession plus magnifique, i» Durant trois jout*s TégHî^^* ï^<' Hésomplitpas. L'évéque de Limoges lit le sermon du mardi soir ol donna la bénédiction du Saint-Sacrement. Par sa présence active j\ cette pieuse manifestation, le préhU consacrait aux yeux de son peuple le triomphe des Pères Jésuites dans son diocèse. Ils ne cessèrent pas, jusqu*àsa niort, dï»tre« loutentiersj\ sadévolion », elcravancer de toutes leurs forces l'œuvre de la rèfornuî nHigicMise ".
IV. Essais de réforme indépendante des ohapitres et des couvents.
Un service inappréciable rendu par I(*s Pères JésnilcH au clerué de Limoges, fut de le réveiller immédiatement de son apalhin séculaire et profonde, et de le ramener [nm h peu jiar leurs propres exemples à la pratique de Tapostolat et h la correction des abus invétérés, dont auparavant il ne semblait même pas avoir conscience.