‹ La réforme catholique du dix-septième siècle dans le diocése de LimogesChapitre 63 sur 480 · Laforest, Limoges^ p. 164 et suir · texte numérisé non relu

Laforest, Limoges^ p. 164 et suir

Nous voyons ainsi, des les premières années du siècle, deux chanoines de la cathédrale rivaliser de zèle avec les missionnaires jésuites dans Texercice de la prédication. A partir de tt)()5, le théolojîal Gayou, et un peu plus tard, Pierre Talois, obtenaient du chapitre la faculté de prêcher des stations du Carême et de TAvent à Felletin, à Uzerche, et dans d'autres villes du diocèse. Dans rintervalle, ces ecclésiastiques s'occupaient de l'instruction des jeunes clercs ^ D'autre part le doyen du chapitre, Mathieu de Verthamont -, et le chanoine Marchandon, « homme savant et d'une éminente piété ». prenaient Tinitiative de réformer les mœurs du personnel de la cathédrale, qui laissaient alors beaucoup à désirer. On sait par les registres capitulaires que plusieurs fois déjà dans les dernières années du seizième siècle, des vicaires et des prêtres habitués de Saint-Étienne avaient été accusés, d'après de graves indices, de mener dans le cloître même une conduite scandaleuse. Aussi le chapitre cathédral décidait-il, le 13 mai 16()4, de faire chasser hors des lieux de sa juridiction a. toutes femmes suspectes, gens desbochés et joueurs, et autres mal vivants ».

11 enjoignit en même temps à tous les prêtres habitués de Saint-Étienne, de purger, dans la huitaine leurs maisons d'une telle société sous « peine de privation de leurs fruits ». Le chapitre fut obligé de renouveler cet ordre à plusieurs reprises. Ces mêmes ecclésiastiquesflànaient souvent par les rues de la cité en compagnie de gens de basse qualité et passaient avec eux leur temps à jouer et à boire dans les cabarets. Cette fréquentation leur fut interdite, le 12 mai 1606, sous les peines les plus rigoureuses, que le procureur d'office devait leur appliquer sans pitié. La tenue de ces prêtres habitués à Tintérieur de la cathédrale ne scandalisait pas moins les fidèles, qui les voyaient bavarder continuellement pendant l'office divin. Les chanoines atténuèrent ce désordre, en prescrivant à ces ecclésiastiques de laisser entre eux une place vide. A voir enco:-ft ces prêtres arriver au chœur comme des automates, on les aurait pris pour des incroyants mal éduqués. Il fallut statuer que désormais, avant d'aller occuper leur stalle, ils fléchiraient les genoux devant le Saint-Sacrement, et feraient une courte prière.

Le pieux chanoine Marchandon, muni de tous les pouvoirs du chapitre, ne cessa d'apporter jusqu'à sa mort (1628) la plus louable énergie dans son œuvre d'assainissement moral du bas clergé. Il dut recourir plus d'une fois au bras séculier, pour faire expulser de la cathédrale les femmes de mauvaise vie, qui poussaient l'effronterie jusqu'à venir y scandaliser les fidèles. Il usa sans se lasser de tous les moyens coercitifs et des voies de persuasion, à l'égard des prêtres qui tardèrent à purger leurs maisons de toute

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