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m : av LES SAINTS PÈRES NE SE SONT-ILS PAS FORMÉS A L'AIDE DE at LA MÉTHODE D'ENSEIGNEMENT QU'ON QUALIFIE DE di PAÏENNE AUJOURD'HUI ? ls n’e ati s ut À ! y ÿ F et Vous. nous faites une espèce de mérite, me dit-on, de décrier À la méthode païenne d'enseignement, et, en conséquence, vous
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mettez à sa charge les plus vilaines choses du monde. Mais, quelque plausibles que paraissent les raisons qui étayent votre manière de voir, il y a un fait qu'il vous faut admettre et qui réduit à néant vos belles et ingénieuses tirades. Les saints Pères n'ont-ils pas beaucoup étudié les auteurs païens, selon que le témoignent leurs nombreux écrits, et se seraient-ils adonnés à cette étude si elle était inutile, et même préjudiciable et mauvaise, comme vous ne cessez de le répéter ? Non-seulement vous êtes exagéré, mais vous êtes de plus téméraire, car vous n’ignorez pas qu'il es' strictement défendu de contredire le sentiment unanime des saints Pères.
Ce reproche, qui paraît excessivement grave au premier coup d'œil, n’a de sérieux que de grands mots débités avec emphase et employés à contre-temps. Il ne porte sur rien de réel ; c’est le produit de pures imaginations.
Que les saints Pères, —il s’agit de ceux qui, ont véeu dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, —aient beaucoup étudié les auteurs païens, tout le monde le sait. Mais, que faut-il inférer de là? Que les saints Pères ont cru devoir se livrer à ce genre
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d’études pour se former à l'art de bien dire ou se perfectionner dans le vrai savoir? Pas le moins du monde. Le prétendre ét le soutenir, comme le font ceux que je combats, c’est afficher une ignorance peu commune. L'histoire est le témoin qu’il faut entendre ici, et, consciencieusement interrrogée, voici ce qu’elle répond :
Les Pères des premiers siècles sont nés, les uns’ dans le paganisme, les autres dans le sein de l’Eglise catholique. Les pre: miers, qui ne se sont convertis que dans la maturité de l’âge, avaient fait leurs études lorsqu'ils ont embrassé le christianisme, et naturellement c'étaient les auteurs païens qu'ils avaient étudiés.. La seule conclusion légitime à tirer de ce fait, c’est que les païens avaient le bon esprit de se former avec leurs livres, et n’allaient point, comme nous en avons la manie de nos jours, emprunter des livres à l'étranger.
Les seconds ont étudié les livres païens pour combattre le paganisme sur son propre terrain et avec ses propres armes, car
e leur temps le paganisme était l'erreur dominante, Tel était si bien le sens dans lequel se faisaient alors les études païennes que Julien l’Apostat, qui brâlait de rétablir le règne du pagauisme sur les ruines de la religion chrétienne, porta un édit par lequel il était sévèrement défendu aux maîtres chrétiens de se servir des livres païens dans les écoles, à moins donc qu'ils ne
. consentissent à les expliquer conformément à l'esprit qui les e.
avait dictés. Si l’Apostat revenait aujourd’hui sur la terre. il verrait avec bonheur que la Renaissance a remis en pleine activité l’odieux système que sa haine contré le Nazaréen avait voulu imposer au monde régénéré par la Croix.
De cet autre fait, il n’y a aussi qu’une seule conclusion à tirer : ces Pères ont agi comme font tous les hommes sensés ; ils ont travaillé à bien connaître l'ennemi avant de l’attaquer, afin de ne point guerroyer au hasard et de ne poiut frapper dans le vide.
Donc, s’autoriser de l'exemple des saints Pères, qui ont étudié les classiques païens, pour prétendre et jsoutenir qu'il faut au-
is
jourd’hui que ces livres deviennent matière presque exelusive d'enseignement dans les colléges, c’est absolument comme si l’on disait que les jeunes gens doivent lire toutes les abominations qu'ont vomies Luther et Calvin, de même que les saletés de Voltaire, parce que des laïques instruits, des prêtres éminents, des évêques illustres ont lu ces choses pour en faire bonne justice et par suite prévenir le mal qu’elles étaient de nature à produire. C’est à ce point que le parti-pris et les préjugés aveuglent leurs victimes ; ils les conduisent jusqu'aux antipodes du bon sens.
Si l’on ne peut pas s'autoriser de la conduite des saints Pères pour justifier l'existence de notre méthode actuelle d’enseignement, on peut encore moins s'autoriser du jugement qu'ils ont porté sur les classiques qu’elle emploie.
En effet, toutes les fois qu’il s’est agi de l'étude des auteurs païens comme moyen d'acquérir des connaissances littéraires et philosophiques, les saints Pères l'ont généralement blâmée.
Saint Augustin a versé des larmes très-amères sur le malheur qu'il avait eu de se complaire dans les études païennes, et il a protesté avec une énergie sans égale contre le funeste torrent de la coutume où l'on était de son temps d'expliquer les fables des poëtes dans les écoles chrétiennes.
« On me répétait, dit-il : C’est dans ces livres qu'il faut cher cher la connaissance desmots latins et la grande éloquence, pour : bien expliquer et persuader aux autres les choses les plus importantes. Ah!ce ne sont pas des mots qu'on apprend plus commodément au moyen de pareils livres, mais ce sont des turpitudes qu’on apprend à commettre avec plus de hardiesse en lisant ces mots.
« Malheur à toi, torrent de la coutume humaine ! qui arrêtera tes ravages? Jusques à quand entraîneras-tu les fils d'Eve dans cette mer immense et formidable, que traversent à grand’peine même ceux qui se trouvent dans un navire? N'est-ce pas dans l’étude de ces livres que j'ai appris à connaître Jupiter en même temps tonnant et commettant l’adultère! ..... C’est une fiction
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d’Homère, nous dit-on! Oui, c’est une fiction, mais d’une horrible portée ! car par cette fiction, qui accorde aux hommes les plus scélérats les attributs de la divinité, les crimes ne sont plus des crimes ; et, en commettant leurs infamies, on peut se flatter d'imiter, non les monstres de la terre, mais les dieux du ciel...
« J'ai appris dans Virgile bien des mots tout-à-fait inutiles, ou
que j'aurais pu apprendre avec plus de .facilité dans des livres plus sérieux. On m'obligeait à suivre les erreurs d’un certain personnage appelé Enée, tandis que j'oubliais mes propres erreurs; ; ai appris à pleurer Didou qui s'était donné la mort pour avoir trop aimé ; tandis que je ne répandais pas une larme sur ces fables, qui m'avaient éloigné de vous, mon Dieu, ma vie! Ce sont ces folies qu'on appelle les belles-lettres et auxquelles on attache la plus grande importance. Je n'en veux pas aûx mots, mais à la liqueur empoisonnée que des maîtres ivres administrent aux jeunes gens par ces mots... Est-il donc étonnant qu'ainsi enseigné j'aie poursuivi toutes les vanités du monde, que je vous aie entièrement abandonné, Ô mon Dieu ? Que sont toutes ces choses, sinon du vent et de la fumée ? Malheureuse jeunesse | n’y at-il donc d'autre moyen de cultiver ton esprit et de te former à l'éloquence? Vos louanges, ô Seigneur, renfermées dans vos Ecritures, auraient bien autrement fixé le sarment pliant de mon cœur ; et ce cœur n'aurait pas été emporté par tout ce qu'il y a de plus vide dans le vide et ne serait pas devenu la proie des vautours de l’enfer, Ah! c'est encore là une des manières d’immoler les âmes aux anges prévaricateurs. »
Saint Jérôme parle absolument comme saint Augustin; il ne craint pas de trop dire en qualifiant de nourriture des démons, cibus dæmoniorum, l'ensemble de la littérature et de la philosophie païennes. (Commentant la parabole de l'enfant prodigue, il dit : « Les pourceaux sont les démons. La nourriture des démous... Ce sont tous les vices... Nous pouvons donner une autre interprétation à cette nourriture que mangeaient les pourceaux, La nourriture des démons, ce sont les vers des poëtes, c'est la vaine sagesse du siècle, c'est la pompe de langage des
de AOL
rhéteurs. Ces frivolités charment les hommes par la douceur et l'harmonie des vers ; l’âme est séduite par ces charmes trompeurs; elle seilaisse entraîner. Mais lorsqu'on lés a lues avec beaucoup d'ardeur et de travail, elles ne produisent que de vains sons’ et un bruit inutile de paroles. L'âme ne s’y rassasie pas de la connaissance de la vérité; elle ne se rassasie pas de l’amour de la
justice. Ceux qui se livrent à ces études restent privés de là”
vérité et de la vertu .……, Ne lisez donc ni les philosophes, ni les orateurs, ni les poëtes ; ne vous complaisez pas dans leur lecture …... Que jamais on n’entende sortir d'une bouche chrétienne, ces mots : Jupiter tout-puissant, par Hercule, par Castor, ou autres expressions qui sont plutôt des MONSTRUOSITÉS que des noms »
Il faut avouer que toutes ces recommandations dé saint Jérôme, qui assurément ne parlait pas à la légère, sont on ne peut plus mal observées de nos jours ou plutôt ne le sont pas du tout. Dans leurs classes, les jeunes gens ont bien plus souvent les noms des divinités païennes sur les lèvres que les noms dé Jésus-Christ, de Ja sainte Vierge et des Saints.
Il faut croire, ou cesser d'être chrétien et catholique, à cette parole du psalmiste : omnes dei gentium dœæmonia : tous les dieux qu'adorent les païens sont. les esprits infernaux. Eh bien! que fait-on lorsqu'on oblige les élèves à traduire, à admirer, à apprendre par cœur les stances où les poëtes anciens chantent les louanges de leurs dieux et déesses? On leur met à la bouche, Ô profanation trois fois sacrilége! les E ‘nnes en l'honneur de Satan. Cette bouche de l'enfant, sanctifiée au baptême par le sel qu'a béni l'Eglise afin qu'elle serve d’organe aux inspirations de l'Esprit-Saint, est contrainte, par des chrétiens mêmes, à célébrer l'Esprit du mal et à se servir pour cela des formules qu’il a lui même données à ses adorateurs! II ya là dé quoi à faire sérieusement réfléchir.
«dues quelques Pères qu’on cite comme favorables à l'étude des classiques païens ét même comme la conseillant, ont été faussement
interprétés, soit à dessein, soit par ignorance, De ces Pères, saint
ur et urs; coup ns’ et a coude la de là” hes, ni ur lece chré- Castor, És que
int Jéne peut lu tout.
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Basile est celui dont le nom est le plus fréquemment invoqué par les partisans de la méthode païenne. Et cependant, que dit saint Basile? Rien que nous ne disions nous-mêmos, c’est-à-dire que tout n’est pas païen dans les livres des païens ; qu’on y trouve du bon, du vrai, du beau naturels; que ce vrai, ce bon et ce beau naturels, n'appartenant pas au paganisme et ne lui ayant jamais appartenu, sont l'héritage commun de l’humanité et par suite le bien propre de l'Eglise, puisque l'ordre surnaturel, dont elle maïntien l'existence ici-bas, repose nécessairement sur l’ordre naturel comme fondement. Voilà pourquoi nous avons toujours demandé et demandons encore, non pas de bannir les classiques anciens des maisons d'éducation, maïs d’en faire disparaître tout ce qui est imprégné de l'esprit puïen. C'est aussi ce que veut Pie IX, puisqu'il ordonne de ne mettre entre les mains des jeunes gens que des classiques anciens purifiés DE TOUTE souillure.
En définitive, il demeure donc parfaitement établi que combattre la méthode païenne d'enseignement n'est point contredire le sentiment quasi unanime des saints Pères ; c’est, au contraire, y adhérer très-fortement et trayailler à le faire partout triompher.
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