ÉRASME CONFIRME CE QUI VIENT D'ÊTRE DIT A PROPOS DU LATIN
Tout le monde lettré sait qu'Erasme, né en 1467 et mort en 1536, fut l'un des plus grands latinistes qui aient jamais paru, et en même temps l'un des Renaissants les plus enthousiastes : tous nos latinistes actuels, échelonnés les uus sur les autres, ne lui vont pas à la cheville du pied. Ila propagé avec tant de zèle
et d'ardeur le paganisme dans l'éducation, qu'il a frayé la route à Luther et que, sans lui, cet hérésiarque aurait complètement échoué. Lui-même ne peut s'empêcher de le reconnaître : « Ego peperi ovum, Lutherus exclusit : c'est moi qui ai pondu l'œuf, dit-il, et Luther l'a fait éclore. »
Si donc Erasme, tout grand latiniste, tout zélé Renaissant et tout saturé de paganisme qu'il est, s'élève avec force contre l'étude du latin païen, il faudra bien admettre qu'il rend homnage à la vérité : il ne saurait être suspect. Or, tel est le cas. Il démontre d'abord, et jusqu’à l'évidence, que c’est un contre sens énorme de prétendre former des Cicérons, en étudiant, comme l'ont fait, Cicéron et les auteurs païens.
« Vous êtes dans le faux, dit-il, complètement dans le faux. Vouloir faire de vos jeunes gens des Cicérons, c’est-à-dire de grands orateurs et de grands. écrivains, en leur faisant étudier, comme vous faites, les auteurs païens, c’est l'antipode du bon sens. Avec votre méthode, vous pourrez former des cymbales