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t mort en js paru, et stes : tous res, ne lui int de zèle é la route plètement tre : «Ego odu l'œuf,
naissant et bree vontre read homest le cas.
contre sens ant, comme
ans le faux. st-à-dire de ant étudier, bude du bon es cymbales
retentissantes, des bavards en vers et en prose; mais de grands orateurs et de grands écrivains, jamais.
« La parole suppose la pensée. Pour former des Cicérons, il faut commencer par faire le travail séricux que Cicéron lui même a fait, travail que vous ne faites pas, que vous ne pouvez pas faire, car vous faites tout le contraire. (Celui-là deviendra un Cicéron qui mettra autant d'ardeur à étudier la religion chrétienne, la société chrétienne, les hommes et les choses de son temps, que Cicéron en mit à tudier la philosophie païenue. Celui qni aura recueilli cette moisson de cnnnaïssance pourra, avec quelque droit, prétendre au titre de Cicéronien. En effet, rien n'empêche de le lui donner, si toutefois vous convenez qu'un Cicéron est un homme qui parle avec connaissance de cause, avec lucidité, avec abondance, avec vigueur et convenance, suivant la vature dn sujet, des temps, des lieux et des personnes.
« Horace vous l’a dit et vous l’oubliez : Scribendi recte sapere est et principium et fons. Des idées d’abord, les mots viendront ensuite ; agir autrement, c'est folie, Cette folie, l'éducation en est coupable. Grâce à elle, nous touchons à peine du bout du doigt le Christianisme, bâse de notre ordre social. Nos prophètes, nos historiens, nos commentateurs, nous les méprisons, nous les avons même à dégoût, Par quel miracle deviendrons-nous des Cicérons ? »
Après avoir ainsi fait bonne justice de l'absurde méthode qu'il avait tant contribué à mettre en vigueur, et que nous nous obstinons à conserver par amour de la routine, Erasme établit que le latin chrétien est le seul que puissent parler les sociétés modernes,
« Voyez, continuet-il, quel péché nous commettons contre le sens commun, en imitant les païens dans leurs arts, dans leur langage et dans leur littérature! Pour être beau, éloquent, irréprochable, le langage doit être en parfaite harmonie avec les choses, les temps, les hommes et les idées. Or, que vous en semble ? l'état actuel du monde ressemble-t il au temps où vécut
et parla Cicéron? Religion, forme sociale, institutions, philoso-
Lu 08) —
phie, sciences, lois, mœurs, goûts, tout n’a-t-il pas changé? De quel front vient-on nous dire que la seule langue qui puisse bien exprimer toutes ces choses, c’est la langue de Cicéron ?
« N’est-il pas, au contraire, de la dernière évidence que la scène
. du monde ayant été bouleversée de fond en comble, Le seul moyen
pour nous de parler convenablement, c'est de parler tout autre-
ment que Cicéron? Vous avez beau nier qu'on puisse bien par-
| ler latin, à moins de parler le latin du siècle d'Auguste ; les
| choses elles-mêmes vous crient que nul aujourd'hui ne peut bien
parler latin, s’il ne s'éloigne beaucoup du latin de Cicéron et du
\ siècle d'Auguste. Res ipsa clamitat neminem posse bene dicere,
at nisi prudens recedat ub exemplo Ciceronis ; nisi multum Cice | n° ronis dissimilis.
« Je vous en fait juges! si vous ne voulez que des mots et des
} tournures de la belle antiquité, combien de choses que vous ne
+ pourrez pas dire, que vous ne direz que d’une manière ridicule et
‘il fort dangereuse. Ainsi, dans la langue latine païenne, vous ne 1 trouverez nulle part les mots : Jésus-Christ, Saint-Esprit, Tri- | nité, Evangile, Moïse, prophète, pentateuque, psaume, évêque,
archevêque, diacre, église, hérésie, symbole, baptême, eucharistie, A absolution, excommunication, messe, et une foule d’autres qui expriment toute la vie religieuse et sociale des nations modernes.
si « Que fera l’admirateur exclusif du bon latin de l’antiquité ? Q | Se taira t-il, ou changera-t-il les mots reçus parmi les chrétiens ? 8 Dans ce dernier cas, ne verrons-nous pas Ce que nous voyons t déjà, les anciennes hérésies renaître et le monde retourner au ! À paganisme ? Le moins que puisse dire l’homme de bon sens qui nous jugerait avec équité, c’est qu'avec cette imitation servile du À (e
latin païen, nous déshonorons la majesté du Christianisme : L' Ciceronis verbis, figuris ac numeris, christianæ philosophiæ es majestatem fœdari, »
LL Enfin, parlant avec toute l’antorité que lui donnent son grand bon sens et sa parfaite connaissance du latin, Erasme n'hésite | pas à proclamer que la langue latine chrétienne ne le cède pas
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mots et des que vous ne , ridicule et ne, vous ne Esprit, Trime, évêque; eucharistie, d'autres qui s modernes.
l'antiquité ?
es chrétiens ?
nous voyons retourner au bon sens qui ion servile du hristianisme :
philosophiæ
nent s0n grand rasme n'hésite Le le cède pas
en beauté à la langue latine païenne, Prêtons une oreille attentive à ses paroles et tâchons de les mettre à profit.
« Pourquoi, je vous prie, demande-t-il, pourquoi le latin ehrétien ne serait-il pas du bon et du beau latin ?—Parce qu'il emploie des mots nouveaux et des tournures inconnues de Cicéron et des auteurs du siècle d’Auguste ?—Mais s’il faut regarder comme barbare tout ce qui est nouveau dans le langage, il n'y a pas un mot, pas une tournure qui ne fut autrefois barbare, Combien ne trouvez-vous pas de ces nouveautés dans Cicéron lui-même, surtout dans les ouvrages où il traite de l'art oratoire et de la philosophie! Quelle oreille latine avait entendu avant Ciccron les mots béatitude, vision, espèce, proposition, occupation, contention, compleæion ? C’est lui qui a osé forger ces mots et leur donner une signification jusqu'alors inconnue des Romains,
« Combien d’autres mots ont été introduits dans la langue latine par Plaute, si fort admiré de Cicéron ; par Ovide, par Catulle, par Sénèque, par Pline, par Tacite et par les meilleurs écrivains! Horace lui-même justifie ces innovations et en trace les règles. Sur quel titre refuserez-vous aux grands écrivains du christianisme un droit que personne ne conteste à ceux de l’antiquité ? Devaient-ils emprisonner le génie chrétien dans les entraves du génie païen, ou laisser sans expression cette foule d'idées nouvelles dont le cnristianisme a doté le monde ?
« Et moi je vous dis que le beau latin consiste, chez les Chrétiens, à employer les mots et les tournures convenables pour exprimer les choses chrétiennes : de même que pour les païens le beau latin était celui dont les mots exprimaient le mieux les choses païennes ; Cicéron lui-même, s’il vivait aujourd'hui, trouverait le nom de Dieu le Père tout aussi élégant que celui de Jupiter très-bon et très-grand. Il croirait que le nom de Jésus- Christ donne pour le moins autant de grâce au discours que celui de Romulus et de Scipion. Ne faussons pas le goût de la jeunesse, et, sous prétexte de la rendre cicéronienne, prenons garde de la rendre païenne : A6 simplex ac rudis actas ciceroniani nominis præstigio decepta, pro ciceroniana fiat pagana.
« D'où vient le mépris du latin chrétien ? De ce que le nouvel enseignement laisse ignorer le Christianisme à la jeunesse. Qu'elle soit d’abord fortement nourrie d’études chrétiennes, et alors rien ne paraîtra plus magnifique que la religion ; nous ne trouverons rien de plus suave que le nom de Jésus-Christ, rien de plus éloquent et de plus beau que les noms employés par les grands génies chrétiens pour exprimer les choses chrétiennes. Nous sentirons alors que nulle langue n’est belle qu'autant qu’elle est en rapport avec la personne qui parle et avec les choses dont elle parle; nous sentirons même que c’est quelque chose de monstrueux de défigurer le Christianisme avec les colifichets du Paganisme : Monstruosus est qui materiam ccristianam Puaganicis, nugis contaminat.
« Voilà pour les mots nouveaux. Quant aux tournures, direzvous maintenant que, pour être latines, elles doivent ressembler à celles de Cicéron ? Dans ce cas, ni César, ni Sallust*, ni Tite- Live, ni Quinte-Curce, ni Sénèque, ni Pline, ni Taci.e ne savent écrire le latin, puisque leurs tours de phrases ne ressemblent puliement à ceux de Cicéron. Nous voyons également une grande différence entre la forme épistolaire de Cicéron et de Brutus, de Cœlius Plaucus, de Pompée, de Balbus, de Lentulus de Caton, de Crassus, de Dolabella, de Trébonius, de Cécina, de Pollion et de tant d'autres personnages du siècle d'Auguste.
« Les tournures employées par les auteurs chrétiens ne res. semblent pas à certain type que vous vous êtes formé, et pour cette raison vous les traitez de barbares! A vous plutôt revient cette qualification. C’est merveille de vous entendre décrier les Pères de l'Eglise, les grands écrivains du moyen-âge, saint T'homas, Scot, Durand et les autres ; vous n’avez pas assez de voix pour dénoncer leur barbarie. Pourtant, la chose examinée de sang-froid, ces grands hommes, qui ne se vantent ni d’être éloquents, ni d’être cicéroniens, sont plus cicéroniens que vous tous ensemble, qui voulez passer non-seulement pour des cicéroniens, mais pour des Cicérons. N’est-il pas vrai, de votre propre aveu, que celui-là est un Cicéron qui dit très-bien, quelque sujet qu'il
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traite ? Or, pour bien dire, deux choses sont essentielles : con vaître à fond son sujet; avoir un cœur et une conviction qui fournissent les paroles. Tel est le principe d'Horace lui-même et de Fabius. D'ailleurs, sans l'autorité de personne, la chose est évidente. À vous de prouver que les auteurs chrétiens n'avaient ni la connaissance des choses dont ils parlent, ni le cœur, ni la conviction nécessaire pour les exprimer.
« Qu'on ne dise pas: Cicéron ne parle pus ainsi. Cette objection est bonne pour des enfants. Qu'y a-t-il d'étonnant que Cicéron ne parle pas ainsi, puisque l’idée lui manquait? Quelle multitude de choses nous avons à dire chaque jour, auxquelles Marcus Sullius a’a jamais songé! Mais s’il vivait, il les dirait tout comme nous : el si vivent nobiscum eadem loquiatur. Mots, tournures, convenance, tout est donc aussi irréprochable dans nos grands auteurs chrétiens que dans les auteurs païens : leur latin est donc du très-bon et du très-beau latin, c’est-à-dire, dans son genre, tout aussi cicéronien que celui de Cicéron. »
Après de telles paroles, qui font autorité par elles-mêmes, parce que c’est le bon sens qui les a dictées, il n’y a plus rien à ajouter. La cause est parfaitement éclaircie; elle est jugée. Nous tenons à la méthode païenne d'enseignement, parce que nous la croyons indispensable pour apprendre le beau latin. Or, il est cent fois prouvé, et par l'expérience et par la raison, que cette méthode, loin de faire arriver à la fin que l’on se propose, nous en éloigne chaque jour davantage. Si nous sommes peu touchés en voyant que par elle périssent le vrai savoir, les mœurs et la religion, songeons que non-seulement elle met le beau latin en danger de périr, mais qu’elle le conduit à une mort certaine. Déjà il agonise; on n'entend plus que ses pénibles râlements ; hâtonsnous donc de l’arracher des bras de cette marâtre.
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