‹ La réforme chrétienne des études classiques [microforme]Chapitre 5 sur 49 · D GES · texte numérisé non relu

D GES

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aspiraions, les goûts qui grouillent, s'agitent pêle-mêle dans son sein et se traduisent dans ses actes, et l'on sera forcé de reconnaître que rien n’est plus vrai que cette assertion.

Où en sont aujourd’hui rendus tous les gouvernements, par exemple, après bientôt dix-neuf siècles de christianisme? A n'être plus que la copie, plus ou moins réussie, des gouvernements de Rome et d'Athènes. Ils ont successivement tourné le dos à l'Eglise, rompu avec elle, et se sont constitués complètement, en dehors du droit divin, sur l'erreur et le péché. Non-seulement les gouvernements croient qu'ils peuvent exercer leur autorité sans contrôle aucun dans l’ordre temporel, que leur volonté est la source du droit, que tout ce qu'ils décrètent devient par là même légitime et obligatoire; mais ils sont de plus convaincus qu'ils ont la plénitude de la puissance spirituelle. Ils se posent en conséquence comme seuls juges compétents en tout ce qui concerne le culte et la doctrine, puis s’arrogent un pouvoir sans limites sur les personnes et les choses de la religion. Ainsi, comme aux beaux jours du paganisme romain, l’homme qui gouverne aujourd’hui, qu’il s'appelle peuple, sénat, empereur ou roi, est en même temps souverain pontife, c'est-à-dire qu'il dispose à son gré des âmes et des corps.

Et la politique, quelles sont ses allures de nos jours ? Exactement celles qu’elle avait chez les anciens Grecs et les anciens Romains. Son but suprême est d'assurer le bien-être matériel par tous les moyens possibles, sans tenir aucun compte du bien moral, de la vraie félicité des peuples, des destinées futures de l'humanité ; elle va même plus loin, elle les sacrifie, Elle ne voit dans la religion qu'un instrument de règne; elle la regarde comme une servante dans l'Etat, et ne la favorise que dans les limites où son intérêt le demande. Elle l’abandonne et même la persécute

quand elle ne peut l'assouplir à ses volontés. Toutes les doctrines, tous les systèmes, toutes les religions sont bonnes pour elle, pourvu qu’elle puisse les transformer en marchepied et grimper par leur moyen là où elle désire atteindre. Bille méprise tout, foule tout aux pieds, brise et massacre tout pour arriver à

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ses fins, car elle ne souffre pas contradiction, de Dieu moins que de tout autre. Elle ne vise qu'au succès, et, pourvu qu'elle réussisse, elle ne s'inquiète plus de rien.

Ce n’est-pas tout. Le fameux principe de la souveraineté du peuple est érigé en dogme, ce qui nous procure l'inappréciable avantage de posséder une seconde édition du peuple-roi. Le peuple actuel, comme celui de Rome, d'Athènes et de Sparte, se laisse tromper par des tribuns nourris d'astuce et gonflés d'or gueil ; il devient le jouet de quelques centaines d'ambitieux débauchés qui vivent de son sang et s’engraissent de ses sueurs. Et quand la misère déguenillée et pouilleuse, la misère née du crime, s’agite furieuse, aiguillonnée par le tourment de la faim et la soif des orgies, des tribuns sont là lui signalant des trônes à renverser, des autels à abattre, des églises et des palais à piller, des tyrans à immoler.

Ce forfait exécrable, le régicide, que les âges de foi n’ont point connu et qui date de la trop fameuse Renaissance, semble être devenu le trait caractéristique de notre époque; et quand il a le loisir de se produire en y mettant des formes solennelles, comme en 93, par exemple, il dit franchement ce qu'il est : Je suis fils du paganisme gréco-romain, je suis Brutus. Sur sept cent vingt et un votants, c'est à peine si l'on en trouve quelques-uns dont la sentence contre Louis XVI n’est pas motivée par un souvenir de Rome païenne, de Brutus en particulier. Comment ce vieux Romain est-il devenu le modèle et le dieu des modernes sauvages ?

Et cette secte abominable, sortie du puits de l'abîme, l’Internationale, qui compte à l'heure présente un nombre quasi infini d’adeptes, qui étreint le monde moderne comme dans un immense réseau, qui préside à toutes les révolutions et qui néanmoins est assise aux conseils des rois, que veut-elle, que prétend-elle, quelles sont ses aspirations ? Ni plus ni moins que ressusciter l’antique république romaine, avec son culte dégagé de l'ombre des figures, avec ses maximes, sa puissance, ses splendeurs, ses

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héros, ses gloires et ses triomphes. Pourquoi cela et d'où viennent ces idées et ces aspirations ?

Un autre caractère distinctif de notre époque, c'est que le mouvement ne lui est plus communiqué par les battements d'un cœur généreux, mais par la fièvre de l'or et du plaisir. On se meut, on travaille, on sue, on s’ingénie à inventer mille et mille

machines qui produisent beaucoup en peu de temps et avec le ,

moins de frais possible ; on'renverse toutes les barrières qui entravent le commerce et l’industrie ; on met les éléments à contribution ; on exploite l’homme lui-même sur une vaste échelle ; on cultive et perfectionne la fraude comme jamais science ne l’a été, et tout cela pour gagner de l'argent, pour avoir de l'or et beaucoup d'or. On ne veut plus de loi qui restreigne la faculté de prêter à n'importe quel taux, vu que la belle antiquité avait la conscience large sur ce chapitre. De l'argent! de l'or ! il en faut encore et encore et n'importe par quels moyens, car l’on sent un

| puissant besoin de jouir. On veut se repaître de toutes les vo-

luptés, voluptés de l'esprit d'orgueil, voluptés du luxe, voluptés de la chair, et lorsqu'on est repu jusqu’à satiété, on sait réveiller et aiguillonner les sens qui s'émoussent afin de conserver l’appétit du plaisir dans la lassitude de la jouissance, L'homme moderne ne sait plus guère que les deux mots que répétait la brute romaine : Punem et circences, « du’ pain et des plaisirs, » et sa vie, comme celle de cette brute, est le complet SIRAOMNENEE des sept péchés capitaux, Animalis homo /

Si maintenant nous prêtons l'oreille à ce que murmure la science, nous ne sommes pas plus édifiés que par les propos de la politique. Jusqu'à ces derniers siècles, elle eut pour mission d'élever l’homme à Dieu ; aujourd’hui, elle semble ignorer qu'il

Le y a un Dieu, et, si parfois elle ést forcée de le reconnaître, elle

détourne la tête et refuse d'avoir commerce avec lui. Elle sé pro-

QE clame complètement indépendante dans son domaine et se rit du

É surnaturel comme d'un fantôme qui n’a d'existence que dans les +7 imaginations surrexcitées par le délire. Telle fut la science VA païenne ; embourbée dans lé matérialisme, elle se moquait très-

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