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gaillardement de la divinité, et ne trouvait la religion bonne que pour le peuple, vu que la superstition le rend plus facile à manœuvrer et à conduire.
La philosophie actuelle s'est isolée de Dieu, elle aussi, et elle s'épuise à entasser incohérences sur incohérences, contradictions sur contradictions, absurdités sur absurdités. Dans son jargon, elle exalte la raison humaine jusqu'à la diviniser, en affirmant qu'elle seule est la lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde.. Exhumant jusqu’à la dernière des vieilles bêtises qui ont germé dans le crâne de ces philosophes païens que saint Augustin appelle « des animaux de volupté, » elle convie tous les hommes à ne reconnaître d'autre autorité doctrinale que la sienne. s
La littérature, considérée dans son ensemble, marche de pair avec la philosophie. Sa plus innocente besogne consiste à se pavaner, frivole et niaise, avec grand étalage de breloques et de fanfreluches. Elle ne sait plus traduire les grandes pensées de l'âme ni les nobles sentiments du cœur ; elle ne sait plus répéter les gracieux chants d'amour que la nature tout entière fait incessamment monter vers le ciel ; elle ne sait plus célébrer la vertu, encore moins rendre tangibles ses divines amabilités en nous la montrant incarnée dans les anges de la terre ; elle ne parle plus de Dieu ni des mystérieux rapports de cet Esprit d'amour avec les âmes de son choix. ÆElle ne sait plus rien de tout cela, cette littérature qui fut autrefois si chrétienne. Ce qu’elle sait, quand elle cesse d'être frivole et niaise, c’est entonner des dityrambes en l'honneur des passions et des vices, puis flatter les vils penchants de la nature corrompue. Courtisane effrontée, elle n'a que des propos immondes et s’acharne à poursuivre l'innocence de ses exhalaisons putrides jusque dans ses derniers retranvdements. À ces traits, qui sont bien véritables, on est forcé de
reconnaître que la littérature actuelle n'est autre chose que la 4
littérature païenne ressuscitée.
Si enfin nous nous demandons ce qu'est l'art actuel, nous ne le Ë N trouvons plus avec ces formes pures et aériennes, gracieuses et
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sévères, qu'il revêtait dans les âges de foi. Il a renoncé à servir d’organe au surnaturalisme pour redevenir ce qu'il fut dans l’antiquité païenne : l'expression brutale du sensualisme et du matérialisme le plus dégoûtant, le chantre, le sculpteur et le peintre de toutes les difformités de la nature dégradée. La musique est légère, molle, efféminée, lascive et impudique ; elle n’ambitionne qu’à chatouiller le sens abject et ne réussit malheureusement que trop. La sculpture et la peinture s’exercent sur le nu, en vivent et le vomissent aux quatre vents. Elles qui jadis avaient des ailes et possédaient le don de spiritualiser la matière, parce qu’elles étaient filles de l’idée chrétienne, se ravalent maintenant à la salle besogne de faire puer le marbre, la toile et le papier, parce qu'elles se laissent inspirer par l'idée païenne,
Ainsi, impossible de le déguiser ou de le nier, la société moderne est saturée de paganisme ; il a pénétré la moëlle de ses os et la tient complètement asservie à ses lois. Voilà le mal qui la ronge, la tourmente et la jette si souvent dans d'étranges convulsions. Et ce paganisme n'a pas que les seuls éléments constitutifs du paganisme en général ; il a de plus un caractère propre et particulier, une manière d'être à lui qui le fait parfaitement re. connaître en accusant son origine : c’est le paganisme grécoromain.
Comment expliquer la présence de cet élément dans la société moderne ? C’est ce.que.je vais faire dans le chapitre suivant.