‹ La Réforme Dans Le Comté De MantesChapitre 18 sur 30 · EVA CAIN TR NE HER L JE · texte numérisé non relu

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de Mantes fut mise aux Nouvelles ! Catholiques à Paris par un ordre du 23 novembre 1685 eu même temps que ses deux frères étaient conduits par l’intendant de Ménars aux Nouveaux Catholiques d’où ils s’évadèrent deux fois. De fréquentes évasions attestent que le régime de cette maison était insupportable et qu’on y accablait de mauvais traitements quiconque essayait de sauvegarder l'indépendance de sa conscience. En 1688 les deux frères Dusquerque et leur camarade «le Flinc, qui étaient demeurés deux ans et demiaux Nouveaux Catholiques, sans que les instructions, les sollicitations, les promesses et les menaces pussent entamer ieur résolution, s’enfuirent et se réfugièrent au château de Houdan, où de Ménars alla les reprendre pour les ramener rue. de Seine Saint- Victor, par ordres en date du 13 mars et du 24 avril

A peine rentrés au bercail détesté, ils s’enfuirent de nouveau et trouvèrent un asile dans la terre de Bosc- Roger, près Rouen. Le 13 mai, Seignelay ordonnait à l'intendant Feydeau de Brou de les arrèter et de les mettre en prison et le 25 juin de les tirer des prisons de Rouen pour les ramener aux Nouveaux Catho-

liques. Piqués d'honneur, les directeurs de la maison

voulaient à toute force triompher de ces récalcitrants et montrer à ceux qui auraient été tentés de les imiter que la fuiteétait inutile puisqu'il fallait toujours retomber sous leur domination ?.

Nous avons encore à signaler l’abjuration forcée d’un fonctionnaire de Mantes. On va voir de quelles ruses odieuses usaient les Catholiques. Le 14 décembre 1685, Seignelay fit venir dans son hôtel les prin-

! Douen, ouv. cité, III, p. 121.

#2"IDid. IE) p:231-

cipaux négociants religionnaires de Paris, puis il fit fermer les portes et déclara que personne ne sortirait sans avoir signé qu’ils allaient se faire instruire el qu’ils se réuniraient bientôt à la religion catholique. Sous la pression du Secrétaire d'Etat les moins éloignés de l’abjuration ne s’y résignèrent que le plus tard possible. La Trémollière, receveur des tailles de Mantes, qui était un de ceux que Seignelay avait attirés dans son guet-apens signa le 15 janvier 1686?. Nous avons trouvé aussi à la mairie une curieuse lettre d’un maire de Mantes, Guillaume Lenoir, seigneur d’'Hargeville, concernant une protestante de Beaulieu, hameau de la commune de Neauphlette, qui montre à quelle surveillance étaient soumis les Religionnaires qui avaient été forcés d’abjurer à la suite de la Révocation de l’Edit de Nantes. Leurs actions et leurs pensées étaient épiées et quand on avait la preuve de leur retour au Protestantisme , les agents du fisc le signalaient avec empressement et s’emparaient de leurs biens. Voici la lettre :

« Monseigneur,

» Je me suis informé avec beaucoup d’exactitude du contenu de la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'escrire en datte du 25 du courant (avril 1715), et pour en rendre conte à vosire Grandeur, je prendray la liberté de luy dire qu’il est vray, que damoiselle Anne de Renault de Beaulieu, qui estoit originairement de la religion prétendue réformée, dont elle avait fait cy-devant abjuration, estant morte dans sa maison de Beaulieu, paroisse de Neauflete, au mois d’aoust de l’année dernière 1714, relapse, sans avoir

! Douen, ouv. cité, LI, p. 172.

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