‹ La réforme de l'administration locale en AngleterreChapitre 2 sur 11 · REVUE HISTORIQUE · texte numérisé non relu

REVUE HISTORIQUE

Dirigée par G. MONOD ^

Maître de conférences à l'Ecole normale supérieure, directeur à TEcole des hautes études.

y 4e année, i8S9.

La Revue historique paraît tous les deux mois, par livraisons grand in-8 de 15 à 16 feuilles et forme à la fin de Tannée trois beaux volumes de 500 pages chacun.

Fondée en 1876, elle a acquis, par la solidité de ses travaux, par l'abondance de ses informations, et par l'impartialité de ses jugements, une grande autorité dans le monde savant. Indépendamment des mémoires originaux insérés dans chaque livraison et qui sont signés des noms les plus autorisés de la science, par ses bulletins, ses comptes rendus, sa chronique et son analyse de recueils périodiques, elle fournit sur le 7nouve' ment historique en Finance et à VEtranger un ensemble de renseignements qu^on ne peut trouver dans aucune publication analogue. Intéressante pour toutes les classes de lecteurs, la Revue laistorique est un répertoire et un guide indispensables pour les historiens de profession, en particulier pour les archivistes et les professeurs et pour ceux qui se destinent à renseignement.

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Le « Local ^^overnment act » de i888 commencera à fonctionner en 1889. Il n'est pas sans intérêt de rappeler ici le but que le législateur s'est proposé, l'organisation d'ensemble dont il avait tracé le plan, les parties qu'il a fait accepter au parlement et celles qu'il a dû sacrifier, enfin, l'esprit et la portée probables de cette grande réforme. Nous n'insisterons que sur l'essentiel.

11 faut avoir devant les veux les grands traits du régime qu'il s'agissait de réformer.

Au plus bas, la paroisse languissante, dépouillée graduellement de ses attributions au profit de districts plus étendus, gérant elle-même ses aftaires, mais n'ayant presque plus d'affaires. Au sommet, le comté et le bourg incorporé, tous deux vivaces et autonomes, organisés celui-ci démocratiquement, celui-là aristocratiquement. Dans le comté, l'autorité appartient à des notables de la circonscription, généralement grands propriétaires, commissionnés par le gouvernement sous le nom de magistrates. Ces « magistrates » soit isolés, soit dans des réunions de district (petty sessions), soit dans des sessions trimestrielles générales (quarter sessions) pour tout le comté, exercent conjointement des pouvoirs administratifs et une Juridiction correctionnelle et de police. Dans le bourg, Tautorité appartient à un conseil municipal élu par tous les babitants payant l'impôt; la garantie d'un cens d'éligibilité n'est exigée que des non résidants. Sessions trimestrielles et conseils municipaux jouissent d'une grande liberté dans les initia" tives à prendre. Les pouvoirs de contrainte et de contrôle que le gouvernement central exerce sur eux sont très limités : les recours élevés contre leurs actes, même par le gouvernement, suivent la voie judiciaire.

Entre les autorités paroissiales à une extrémité, les conseils municipaux ou les sessions trimestrielles à l'autre, la région moyenne est occupée par des comités de dénomination diverse, préposés, dans des districts bizarrement découpés, celui-ci à l'assistance publique, un autre au service sanitaire, un autre à la voirie, un autre à l'instruction primaire, etc.. C'est un encbevêtrement inextricable. Ces autorités, de création récente, sont électives; mais leur organisation, moins aristocratique que celle des comtés, est loin d'être démocratique comme celle des bourgs. L'élection se

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