‹ La réforme de l'administration locale en AngleterreChapitre 3 sur 11 · BOUTMY · texte numérisé non relu

BOUTMY

t/aDMINISTRATION locale en ANGLETERRE.

fait ou au vote plural, ou avec une clause en faveur des minorités, parfois avec adjonction aux membres élus d'un contingent de membres de droit, lesquels sont précisément les magistrates locaux, c'est-à-dire les grands propriétaires. L^intérêt foncier est ici prépondérant. En outre ces autorités sont soumises à une étroite tutelle. Deux départements ministériels actifs et étendus, servis par une bureaucratie en progrès, le local government } board et le comité d'éducation les ont réglementées et surveillent de près leurs démarches.

De cet ample et complexe système, qu'a réussi à cbanger le législateur de 1888? Mais auparavant que s'était-il proposé de changer? Car il voulait plus qu'il n'a pu, et il ne pouvait guère, en une seule session, en face d'une opposition liabile à le contrecarrer. Il reprendra plus tard l'œuvre commencée. Le statut de 1888 n'est que l'amorce d'une large reconstruction dont le plan subsiste.

Au plus bas, la paroisse reste intacte dans sa nullité. Le projet du gouvernement ne lui rendait, ne lui donnait rien. C'est un des griefs des libéraux contre le bill. Ils demandaient emphatiquement une restauration de l'antique self government paroissial. Ils n'ont rien obtenu de ce côté.

Dans la région moyenne, le gouvernement, laissant à part les services de l'assistance publique et de l'instruction primaire, proposait de consolider les services d'hygiène et de voirie et de les transférer à des conseils de district avec un certain nombre de pouvoirs enlevés aux magistrates en « petty sessions ». Le district n'était autre que l'ancienne circonscription sanitaire. Quand celle-ci était une ville incorporée, le conseil de district devait se confondre avec le conseil municipal. Les conseils de district étaient intégralement élus et les conditions de l'électorat étaient à peu de chose près les mêmes que pour les conseils municipaux. Le but était double : remédier en partie, par un commencement de concentration, à renchevétrement et au chaos des autorités locales inférieures; mettre la gestion des affaires locales sous le contrôle des intéressés, en la confiant à leurs représentants directs. Mais les libéraux paraissaient résolus à n'admettre qu'une organisation dont la paroisse régénérée serait la base. La crainte d'une obstruction sur ce point a été cause que le gouvernement, pressé par le temps, a délaissé cette partie de son projet et ajourné en entier la refonte des autorités administratives moyennes.

Toute la réforme s'est donc trouvée concentrée dans la région administrative supérieure et, là même, l'ensemble des bourgs n'a été touché que par voie de conséquence. Les comtés, d'une part, la ville de Londres, de l'autre, ont seuls été réorganisés profondément. Notons brièvement la teneur, l'esprit et les effets des changements effectués.

En ce qui concerne les comtés, les magistrates commissionnés par le gouvernement sont confirmés dans leurs fonctions judiciaires. Mais ils sont remplacés en tant qu'administrateurs par un conseil élu dont une délégation leur est associée pour la direction de la police. Les électeurs sont les mêmes que pour les conseils de district, c'est-à-dire à peu près les mêmes que pour les conseils municipaux. C'est un électorat relativement démocra-

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