L'institution capitale pour la mobilisation et
pour les approvisionnemeûts de l'armée en hommes comme en effets, c'est le service des dépôts territoriaux. C'est pourquoi nous l'avons créé local, permanent, immuable, quelles que soient les circonstances. Plus on pénètre dans le vif des questions de guerre, plus on reconnaît l'importante utilité de cette institution.
Une fois la mobilisation faite, les dépôts entrent dans une autre phase. Us doivent pourvoir au ravitaillement incessant et précis des forces actives et satisfaire aux besoins des troupes de défense à l'intérieur: aussi le cas de guerre n'atteint-il pas le personnel des dépôts. Aucune désorganisation, aucune diminution ne s'y produit quoi qu'il arrive, et c'est ce qui constituera indubitablement leur puissance et leur force.
Si nous les voulons vigoureux, actifs, pleins d'initiative, nous n'admettons pas cependant qu'ils soient indépendants, omnipotents. En temps de paix, la surveillance et le contrôle des officiers généraux tempèrent leur pouvoir. En temps de guerre, ils seront dans les mêmes conditions de subordination à l'égard do cadre éventuel de commandement, chai^ de veiller à l'exécution de leur service.
Des senices accessoires.
62S. Les mômes considérations exigent la constitua tion d'un personnel éventuel pour les ambulances» les approvisionnements , l'administration. 11 faut des hommes au courant de ces services et des ressources locales pour monter immédiatement des ateliers et pousser activement la fabrication. On les choisira parmi les fonctionnaires en retraite, comme nous l'avons dit plus haut. Ils entreront en fonctions dès l'ordre de mobilisation, et à l'instant même le ministère
disposera d'un cadre de cominandeinent organisé partout, ayant à sa disposition un personnel opérant selon des règles normales et permanentes.^
623. C'est sous l'impulsion et la direction des officiers généraux du cadre éventuel, agissant d'après les instructions du ministre de la guerre» que tous les services militaires fonctionneront en cas de guerre, après le départ des forces actives.
Ils devront pourvoir au ravitaillement des forces ac* tivesen hommes, en chevaux et en objets; veiller à la tranquillité du pays et instruire les réserves ou les recrues ; assurer la défense des places ou de certaines portions des frontières.
Au moment même de la mobilisation, qui ne le concerne pas, le cadre éventuel entrant en fonctions, réunira les bataillons et batteries de réserve, dans les casernements laissés libres par le départ de l'armée. H les armera, les habillera, les munira de tout et poussera leur instruction avec la plus grande activité. Les cadres de ces troupes y pourvoiront.
Selon les dispositions arrêtées à l'avance par le conseil de laguerre» une partie de ces bataillons seront mobilisés, au chiffre d'environ 1000 hommes, et réu* nis dans les places principales ou les camps, pour servir à la garde des lignes d'opérations des armées, et leur fournir les renforts dont elles auraient besoin.
Des eoBseils près le eadre éfeaioel.
624. Des conseils seront organisés auprès du corn-mandement éventuel, d'une manière analogue à ceux d'activité.
Les troupes seront les bataillons de réserve formant corps distincts et non organisés en régiments. Us peuvent passer d'un commandement à un autre sans que les généraux changent de résidence.
ComnuDdemeiii des lignes oa stations.
625. Des officiers en retraite, pris principaleineDt parmi ceux qui ont appartenu au service d'état-major. seront désignés en permanence comme commandaDts militaires de lignes de fer, ou comme commandants militaires de stations. Ils seront au moins deux sur chaque point. On leur adjoindra des sous-officiers de la réserve et un détachement de gendarmerie départementale ou municipale.
Ces officiers auront pour mission d'assurer la stricte exécution des ordres de mouvement; de veiller à la satisfaction des besoins des troupes en route ; de maintenir l'ordre dans les stations; d'obtenir une grande régularité et une grande promptitude dans les embarquements et les débarquements; d'empêcher le désordre, les encombrements, les erreurs de destination ; de diriger les isolés ; de renseigner les chefs militaires de passage et de prendre toute mesure propre à faciliter le service des mouvements.
Les commandants de stations seront sous les ordres des commandants de lignes, qui eux-mêmes dépendront de l'état-major général de l'armée au ministère (chap. 41) et des généraux commandants dans certains cas.
En temps de paix, les officiers désignés éventuelle* ment pour le service des mouvements sur les Toie^ ferrées auront, tous les trois mois au moins, une entrevue avec les chefs de gare, inspecteurs principaui. ou directeurs, des mouvements de toutes les lignes, de manière à connaître sans cesse les ressources des compagnies, le temps nécessaire pour les réunir en certains points, la manière de procéder en chaque endroit, en raison du nombre et de l'espèce des troupes ou do matériel qui peuvent y être embarqués dans un secs ou dans l'autre.
: Ces entrevues donneront lieu à des rapports transmis par l'intermédiaire des chefs militaires, qui les résumeront de telle sorte que chacun sache très-bien à tout moment comment il doit procéder pour le départ de son corps, de sa brigade, de sa division, de son corps d'armée, quel que soit le jour oh le télégraphe lui apporte un ordre de mouvement.
CompositioD do personnel éventuel.