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La mobilisation comprend, répétons-le, la

mise sur le pied de guerre de toutes les troupes avec tout ce qui leur est nécessaire, puis l'exécutloQ de quelques mouvements ayant pour but de ramener les détachements au siège principal de leur corps, ou de porter ces corps eux-mêmes à proximité des gares de chemins de fer.

Au premier ordre télégraphique de mobilisatioo, les corps disposent au camp une partie de leurs éléments, de manière à recevoir soit en caserne, soit sous la tente, les hommes et les chevaux qui vont sur* venir.

Ils préparent les bons nécessaires pour toucher les armes, munitions, effets, voitures, vivres, argent, etc., de façon à éviter tout retard à l'arrivée des élémentd nouveaux.

Les dépôts territoriaux et chefs de magasins prennent leurs dispositions, pour que la remise de tous les objets soit prompte et commode ; qu'il y ait le nombre de distributeurs nécessaire et des issues faciles, pour empêcher l'encombrement et les pertes de temps. Des mesures prises à l'avance permettront d'éclairer les magasins, afin que le service ne soit pas interrompa la nuit.

L'artillerie fera charger toutes les voitures de réserve. Le train les enlèvera au fur et à mesure et les formeraren parc sur les terrains désignés, prêtes à être mises en mouvement.

Mif6 en roole det hommes et des «simaiix.

667. Les maires afficheront à la porte de la mairie et aux lieux ordinaires l'ordre de mobilisation et U liste des hommes ou chevaux appelés.

Ils timbreront, du cachet de la mairie, les ordres de route qu'ils possèdent, et les transmettront avec

rapidité aux intéressés par les gardes champêtres, gen-* darmes, sergents de ville, ou porteurs requis à cet effet. Ils se serviront de ces agents pour enjoindre aux réservistes de se conformer à ces ordres et veiller à ce qu'ils y obtempèrent.

La gendarmerie, les officiers de la réserve, les commissaires de police, les juges de paix auront également entre les mains une copie des listes d'appel, et s'emploieront activement pour hâter le départ des hommes et des animaux et poursuivre les récalcitrants ou les négligents.

Des détachements de cavalerie, d'artillerie ou du train, pourront être envoyés dans les villages pour aider au départ et surtout pour ramener les animaux.

Tous les moyens les plus énergiques seront adoptés pour activer ces mises en route. C'est là l'opération la plus longue de la mobilisation, et il ne sera rien négligé pour l'abréger.

Tranox dans les eorps.

668. Au fur et à mesure de l'arrivée des réservistes, ils sont placés dans les compagnies, escadrons ou batteries. Immédiatement, on les conduit aux magasins, et on les pourvoit de tout. Ils reviennent aussitôt au quartier ou au camp, et leur instruction commence à l'instant même.

Les commissions de remonte siègent sans relâche et choisissent les animaux. Ceux qu'elles admettent sont payés, sur l'heure, par le commissaire du corps, immatriculés, harnachés le jour même, affectés aux cavaliers, et mis à l'instruction.

Il y a lieu de penser que les hommes seront plus tôt rendus que les animaux. Si, par impossible, il en était autrement, les hommes déjà sous les drapeaux

suffiraient pour recevoir les nouveaux animaux et les soigner quelques jours.

Les corvées et services divers nécessités par la mobilisation, seront faits par les soldats déjà sous le« drapeaux. Les nouveaux arrivés seront mis aux classe». au moins huit heures par jour, et au tir autant qu'il se pourra. Le temps sera utilisé sans perdre une minute. Cela ne dispensera pas les hommes déjà incorporés de prendre part à tous ces exercices dans les limites du possible.

Le service sera organisé, dans les corps^ en partie double, pour ainsi dire. Une portion des cadres se chargera de recevoir les hommes ou animaux» et de les pourvoir; l'autre partie s'occupera de leur incessante instruction.

Loin d'éprouver une suspension ou un ralentissement, Tinstruction sera poussée avec une ardeur sans égale, durant les jours de mobilisation, et la discipline deviendra plus exacte et plus rigoureuse. On s'attachera particulièrement à bien rappeler et expliquer aux hommes tous leurs devoirs en guerre.

Happons.

669. Des rapports quotidiens tiennent le comman* dément au courant des progrès et des incidents de la mobilisation. Le résumé sera toujours transmis télégraphiquement.

Les généraux doivent alors se multiplier pour activer les opérations. Ce devoir appartient plus particulièrement aux généraux de brigade. Sans cesse en mouvement, ils visitent leurs troupes, voient fonc* tionner les commissions et exécuter les diverses opérations. Ils expliquent, remédient, excitent et encouragent. Ils voient les autorités civiles ou leur écrivent

pour animer leur zèle. C'est un coup de feu de quelques jours où rinfluence du général de brigade peut B*exercer de la façon la plus profitable.

Temps nécessaire èi le mobilisalion.

670. Le calcul exact du temps nécessaire à la mobilisation exige des données détaillées qui nous manquent. On peut toutefois atteindre à une approximation suffisante.

Les hommes pour l'infanterie, seront presque toujours fournis à un régiment par la moitié d'un département seulement. La distance à parcourir, par les réservistes appelés, ne dépasse pas une journée de marche.

Le deuxième jour, après l'ordre de mobilisation parti de Paris, les appelés doivent commencer à paraître et être tous présents le soir du quatrième jour au plus tard .

Le régiment d'infanterie reçoit 1861 hommes à immatriculer, habiller et armer. En 1870, les dépôts des corps n'organisaient que 200 réservistes par jour. Mais alors rien n*était disposé, ni préparé pour cette opération, que personne n'avait éludiée.

11 n'est pas déraisonnable de penser que dans des conditions tout opposées, on pourrait facilement organiser 600 réservistes par jour, et même davantage.

L'opération, commencée le deuxième jour, serait donc terminée le cinquième, ou au plus tard le sixième.

Les autres corps de troupes ont des arrondissements démobilisation plus étendus. On s'appliquera, comme nous l'avons dit, à prendre de préférence les hommes des corps montés, dans les lieux mêmes de garnison, tant pour faciliter leur instruction que la mobilisation.

Néanmoins, comme on tiendra surtout compte de Tap* titude, il pourra se trouver des réservistes asses éloignés, c'est-à-dire à deux ou trois jours de marche, k défaut de voie ferrée.

Cette distance n'a rien de préjudiciable, car les animaux seront plus en retard que les hommes.

Le corps qui en reçoit le plus grand nombre est le train. Chaque escadron en réclame i486. Les deox compagnies affectées aux divisions d'infanterie se remontent sur place. Il ne faut plus pour les quatre compagnies de la partie centrale que 956 animaux.

Un régiment d'artillerie de réserve en reçoit 392 seulement; un régiment d'artillerie divisionnaire 252, et un régiment de cavalerie 162.

Le service des transports est le plus lent à pourvoir, et il faut plus particulièrement le soigner.

Les animaux peuvent commencer à arriver le deuxième jour de la mobilisation, mais il est mieux de ne compter que sur le troisième. Chaque commission de remonte peut recevoir 50 chevaux par jour, soit, pour trois commissions, 150 animaux.

La cavalerie et l'artillerie divisionnaire sei^ent ainsi remontées dès le cinquième jour, l'artillerie de réserve le sixième ou le septième jour, et le train ne serait complet que le dixième ou le onzième jour.

En recourant à l'aide des commissions de remonte de cavalerie et d'artillerie, le train pourrait abr^r un peu ses opérations. 11 n'est pas déraisonnable de penser que le huitième ou le neuvième jour les forces actives, à l'effectif de 650,000 hommes, pourvues de tout, seraient complètement prêtes.

Le transport d'un corps d'armée par les lignes ferrées exige environ 80 à 85 trains, espacés au minimum d'heure en heure, ce qui représente trois jours et demi.

Par conséqueut, on pourrait entreprendre les mouvements de concentration dès le sixième ou le septième jour de la mobilisation, puisque presque tous les corps seront prêts à cette date.

Ce résultat, quoique très-possible à obtenir, étonnera peut-être beaucoup d'ofGciers. Ce n'est pas assurément avec rinsouciance, l'indifférence, le défaut de prévoyance et de calcul, qui ont prévalu jusqu'à présent dans l'armée, qu'un pareil résultat sera atteint. L'expérience l'a bien tristement montré. Mais si l'on a bien suivi les développements des différentes études de cet ouvrage, on se convaincra facilement de l'économie de temps qui résulterait de notre système, et de la possibilité d'opérer la mobilisation dans le nombre de jours indiqué.

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