‹ La réforme de l'arméeChapitre 112 sur 142 · OM · texte numérisé non relu

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Ajoutons que dans Tartillerie les conducteurs et servants à cheval ont 10 centimes de plus que les servants à pied.

On ne saurait rien imaginer de plus bînrre et de moins logique que ce tableau. On y reconnaît la routine , d'anciennes traditions, le particularisme des armes, mais rien de pratique ni de rationnel.

11 y a là des privilèges d'autant moins justiGables

que c'est ici une question de première nécessité, d'alimentation, et que Ton ne saurait admettre d'inégalité devant la faim. Quant à donner à une arme une prééminence sur l'autre par la différence de solde, nous avons déjà dit, art. 68i , que cela ne valait rien. Si, cependant, on persistait dans ce système, c'est à l'infanterie que devrait appartenir la plus forte solde.

Unité (le solde.

693. Avec un recrutement plus égal pour toutes les armes, ce qu'il y a de mieux, c'est l'unité de solde, complète et absolue.

La solde du soldat a cette différence, par rapport au traitement de l'officier, qu'elle ne doit pourvoir exactement qu*à ses besoins.

L'officier passe sa vie au service, le soldat n*y reste qu'un temps très-court, 3 ans au plus.

Pour pouvoir fixer la solde minimum du soldat de 2^ classe, il faut établir exactement ses besoins.

Solde miDimum.

694. Nous étudierons ailleurs (chap. 40) les conditions d'alimentation du soldat ; nous résumons seulement ici la dépense journalière.

0\3S0 de viande à i fr. le kilo fr. 0,350

OSl^OO de pain à 0.35 0,315

OSOOO de café à 3,20 0,019 S

OSOIO de sucre à 1,30 0,013

Légumes suivant la saison. ) f. ^^^

Bouquet pour la soupe . . j "*"^

Sel 0,003 4S

Poivre 0,001 4S

Eclairage des chambres à l'huile 0,001 66

Balais 0,000 54

Graisse pour les armes 0,000 88

Huile pour les armes 0,000 19

Encaustique 0,000 35

Cirage 0,000 38

Perruquier, 0,10 par mois 0,003 33

Blanchissage, 0,S0 par mois 0,006 66

Plaçons en regard des besoins ce que l'État alloue aujourd'hui au soldat de 2^ classe d'infanterie. La solde est de 0,48 par jour.

L'indemnité d'eau-de-vie de 4,5 accordée pendant i) mois représente 2 centimes par jour toute -l'année.

Le prix moyen de la ration de pain fournie par l'État^ en 1867, a été de 0 fr. 2507. Elle coûte plus chère en réalité à cause de l'entretien du personnel, des bâtiments et des réserves. Ces divers frais s'élèvent à 0,0334 par ration, ce qui en porte le prix total à 0,2841 (Voir art. 715). Additionnant ces trois prestations on a un total de 0,7841 actuellement accordé. Si on le rapproche des besoins constatés 0,75743, la différence est un excédant de deux centimes et demi; néanmoins, Tordinaire est insuffisamment doté et^ de plus, il ne reste rien à l'homme. On a jugé, avec raison, utile de lui laisser la disposition de 0,05 par jour. Si on les ajoute aux besoins constatés, on obtient une somme de 0,80743 ou de 81 centimes au minimum, qu'il conviendrait d'allouer aux soldats de 2' classe de toutes armes.

Déduisons de ce chiffre l'allocation pour le pain, il reste 0,5234. Otons-en l'indemnité d'eau-de-vie, il reste 0,5034. Si nous prenons la moyenne des soldes des hommes de 2' classe consignés dans le tableau de l'art. 692, nous obtenons Oy55. Ainsi la moyenne accordée actuellement est supérieure à celle que nous proposons^ Seulement elle est inégalement répartie. Entre le maximum 0,66, dans le génie, et le minimum 0,48 dans l'infanterie, il y a une différence qui constitue l'abondance pour l'un et le dénûment pour

Tautre.

La répartition de notre système ne coûtera pas plus à l'État, et si elle fait tort à quelques-uns, elle est profitable à la masse.

Solùe eo campagne.

695. En paix, les hommes de 2® classe pecevronl la solde de 81 centimes et se pourvoiront de tout. Au camp, et en campagne, les troupes pourront toucher la ration complète. On déduira alors de leur solde l'indemnité qui est affectée, en paix, à se la procurer, soit 0,6341, et il resterait 0,1759. Mais il est juste d'accorder également aux hommes un supplément de guerre qui peut s'évaluer à 0,08 par jour. Il en résulterait une solde de campagne de 0,25 par jour pour l'homme de 2* classe dans toute Tarmée, en sus de la ration complète de vivres.

SoMe des diflèrento grades.

696. Il est nécessaire de distinguer les tireurs d'élite des soldats de 1"^ classe et d'encourager le tir par un supplément spécial qui se cumulera avec le supplément de 1^ classe. On pourrait accorder 3 centimes au tireur d'élite et 5 centimes au soldat de i"^ classe. Ce supplément ne serait applicable qu'aux soldats.

Les tambours, clairons et trompettes n'auront qu'un supplément spécial de 5 centimes en plus de la solde de leur classe.

Le caporal ou brigadier vit avec les honoimes; ua supplément de 0,16 parait suffisant.

Les sous -officiers doivent être rangés en deux classes : la seconde classe comprendra ceux qui ne font qu'accomplir leur temps de présence sous les drapeaux; la l^ classe sera formée de ceux qui veulent faire leur carrière et qui se rengageront. Il y a lieu de donner une meilleure position à ceux-ci qu'à ceux-là.

Les aspirants seront payés par jour. Ils n'auront pas de prime journalière de masse, et ils ne recevront pas l'habillement^ mais lisseront logés dans les quartiers. Leur position doit ôtre modeste, car ils n'ont pas les

dépenses ni la vie de l'officier. Ils participeront, pour leur nourriture, aux marchés passés pour les troupes, et il semble qu'en leur accordant un traitement de 3,50 par jour, ils seront suffisamment rétribués. Les adjudant» n'ont pas cela aujourd'hui.

La solde de la troupe serait donc la suivante :

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