INSTRUCTIOIÏ THÉORIQUE DES TROUPES
Nécessité de l'étude.
811. C'est une erreur, assez répandue dans notre armée, que l'exercice physique suffit à l'instruction des troupes. On aime encore assez les manœuvres et monter à cheval, mais l'étude en chambre ou dans un livre répugne généralement. Cela tient à des habitudes de paresse, malheureusement fort enracinées chez nous. Quelques tentatives ont été faites pour combattre ce vice, et le peu qu'elles ont produit montre tout ce qu'on pourrait obtenir en agissant plus éncrgiquement.
Le soldat français est intelligent, pourquoi ne pas utiliser ce don naturel ?
Si l'homme comprenait bien ce qu'on lui demande, la raison de ce qu'on lui prescrit, il exécuterait infiniment mieux etserait moins porté à la résistance. C'est,
en outre, un moyen d'accélérer le dressagede Thomme. 11 est impossible de rappliquer tout le jour à des exercices physiques. Il faut laisser reposer son corps. Ces moments de délassement ne peuvent être abandonnés à l'oisiveté pure. On en profitera pour parler à l'intelligence comme aux sentiments du soldat ; développer son instruction et sa moralité.
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812. Pour que les hommes soient susceptibles de travailler leurs règlements et leurs théories, ils doivent savoir lire. Pour obtenir de l'avancement, ils sont tenus de connaître la lecture, l'écriture et les quatre règles. Enfin, au point de vue de la société en gêné* rai, il est triste de penser que des soldats, après avoir passé plusieurs années sous les drapeaux, rentrent chez eux illettrés, comme ils en étaient sortis. 11 y a là quelque chose de choquant et de pénible pour l'armée. L'état militaire doit être pour Thomme une école d'amélioration intellectuelle et morale. L'armée ne doit pas seulement être une force matérielle, mais une corporation bienfaisante pour le pays.
Par conséquent, on y doit l'instruction élémentaire à tous les hommes appelés. Il faut en faire une obligation absolue, et déclarer qu'un soldat ne peut être renvoyé dans ses foyers tant qu'il ne sait ni lire ni écrire.
Les écoles régimentaires n'ont atteint que très-imparfaitement le but. Leur organisation ne permettait pas de faire mieux. Un officier par régiment, assisté de quatre moniteurs, ne pouvait suffire à cette besogne considérable.
Système proposé.