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Le principe élémentaire de toute organisation

militaire est de n'entretenir qu'une force relativement assez restreinte en temps ordinaire^ de façon à n'avoir pas de charges exagérées, et de se réserver en même temps la faculté d'augmenter rapidement son effectif en cas de guerre.

C'est l'oubli de cette règle de simple bon sens qui a produit nos désastres. N'hésitons pas à le redire. La France entretenait 408,000 hommes, et, eh appelant la réserve, elle n'a pu mettre que 268,000 hommes devant l'ennemi, alors qu'avec cette même dépense d'entretien elle eût dû pouvoir facilement en présenter deux fois autant.

Qu'on médite sur ces chiffres; ils sont d'un haut enseignement.

Ils montrent combien sont nécessaires lés réserves puissantes, et combien il importe de les instruire. Ce système avait des adversaires autrefois. Je pense qu'aujourd'hui il n'en rencontrera plus.

L'obligation de limiter les dé|)enses ne pertnet pas à un pays d'entretenir sous les drapeaux plus du quart des forces dont il disposera pour la guerre ;

Un second quart, parfaitement instruit, sera prêt à rehausser les effectif^, de manière à passer rapidement du pied de paix au pied de guerre. L'armée active à porter immédiatement sur le théâtre de la guerre formerait ainsi la moitié des forces du pays;

Le troisième quart est destiné à réparer les pertes des armées, à protéger leurs derrières, et à fournir des corps de soutien.

Le quatrième quart, comprenait les moins valides et les moins instruits, est chargé de la garde du pays et des places.

81. Ces sortes do calculs doivent se faire avec une précision rigoureuse. 11 faut tenir soigneusement

compte de toutes les causes de diminution d'effeotif, et se baser toujours sur des chiffres supérieurs à ceux qu'on a en vue d'obtenir en réalité.

Il est indispensable de décomposer en classes, es* pèces, genres ou variétés, toutes les unités de l'armée, pour bien connaître le chiffre exact des accessoires, des non-valeurs, et éviter toute déception dans la pratique ( Voir les tableaux). Cela est nécessaire surtout pour supprimer impitoyablement toutes les inutilités ou superfluités, qui causent autant de mal à Tarmée qu'au budget.

82. Les forces actives à mettre en campagne étant évaluées à 650,000 hommes (officiers non compris), l'effectif de paix devrait, d'après l'article 80, se réduire à 325,000 hommes. On se tromperait en se bornant à ce chiffre. Tout l'effectif entretenu ne peut être mobilisé; une petite partie reste forcément à Tintérieur, comme le service des dépôts territoriaux (chap. 29), quelques fonctionnaires administratifs, et quelques offîciers employés à la mise en état de défense ou à l'armement des places.

La mortalité diminue chaque année les hommes instruits, et cependant, au moment delà mobilisation, il faut absolument trouver le chiffre réel dont on a besoin.

Les déchets provenant de ces deux causes se montent à environ 20,000 hommes.

Les corps de punitions comprennent à peu près 5>500 hommes entretenus en paix; mais ils ne servent pas en cas de mobilisation.

Ainsi, au lieu de 325,000 hommes, il y aurait nécessité d'en posséder 350,000 en temps de paix, pour être certain d'en avoir réellement 650,000 sur pied, au jour de la mobilisation.

Comparaison des deux systèmes.

83. Le système proposé présente d'abord une diminution de 58,000 parties prenantes sur l'effectif entretenu en I87O9 et en second lieu il assure des forces redoutables en cas de guerre, tandis que précédemment elles ont été dérisoires.

L'organisation passée donnait une apparence de forces, des hommes sur le papier, et une dépense considérable.

L'organisation nouvelle a la prétention de donner des forces réelles et sérieuses, beaucoup plus considérables , avec une dépense un peu moindre ( Voir chap. 50).

Il ne faut pas croire néanmoins qu'en définitive le budget de la guerre puisse être notablement diminué. Il importe de dire exactement la vérité, et de ne pas se laisser abuser par les phrases pompeuses qui annoncent de chimériques réductions.

Jusqu'à présent, la France n'a eu qu'une réserve fictive : c'étaient des hommes renvoyés par anticipation ou des portions de contingents non appelées et non instruites. Cette réserve peu nombreuse (11 9, 000) ne coûtait rien. L'essai de garde mobile comptait pour 3 millions et demi au budget de 1870. Si l'on ne dépensait rien pour la réserve, on peut dire qu'elle n'existait réellement pas, et, au moment du besoin, elle n'a pas servi.

Dans l'organisation que nous proposons, la réserve dépasse le chiffre de 900,000 hommes; elle est instruite, armée, et en partie habillée ou équipée. On ne peut pas penser qu'un pareil résultat s'obtienne sans dépense, et, comme on le verra plus loin, les frais sont assez considérables.

Ce qui constitue le but essentiel de notre travail, ce

n'est pas tant la diminution du budget de la guerre que le bon et utile emplqi de ses ressources.

En 1870f le système ancien n'adonné, en 20 jours, que 268;00Û hommes à la frontière, et une mobilisation totale, en un mois, d'environ 425,000 hommes. Avec des dépenses à peu près égales, la nouvelle organisation mettrait immédiatement sur le pied de guerre 650,000 faiommesi et la mobilisation entière comprendrait près de 1 ,300,000 hommes. C'est sur ce point essentiel que la comparaison doit porter, et non pas sur les dépenses des deux modes d'organisation.

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