‹ La réforme de l'arméeChapitre 40 sur 142 · AMBULANCES · texte numérisé non relu

AMBULANCES

Prineipes d'organisation.

201. D'après les idées exprimées chap. 14, Tintendance se transformant et cessant d'être la directrice de tous les services, les ambulances reprennent naturellement l'existence indépendante qui leur appartient et relèvent directement du commandement (art. 54).

Le service de santé comprend des médecins, des administrateurs, des agents secondaires et un matériel. Les moyens de transport, ou plutôt d'attelage, incombent au train unique, comme pour les munitions, les ponts, la télégraphie, les subsistances (art. 29), et ils ne font pas partie intégrante des corps dont ils conduisent le matériel.

Une ambulance peut et doit être un corps constitué, analogue et non semblable à un corps de troupes.

Un régiment de cavalerie, par exemple, a des officiers, des soldats, des médecins, des vétérinaires, des fonctionnaires administratifs, des ouvriers selliers, maréchaux^ tailleurs, etc., et cependant ces individus ne forment qu'un seul corps. De même, il est rationnel d'admettre qu'une ambulance, avec des médecins, des comptables, des infirmiers, peut parfaitement être constituée en un corps unique, sans inconvénient et avec profit pour le service.

De trop petits corps isolés sont mauvais. Ils ne s'entr'aident pas, ne sont pas surveillés, et manquent de l'impulsion qui vient d'un commandement supérieur, secondé par des lieutenants responsables. D'un autre côté, les questions d'avancement des soldats et

— us —

sous-officiers, les cassations, etc., sont difficiles à résoudre dans les corps trop restreints. Enfin, il y a multiplicité de comptabilité ou de gestions et, par conséquent, travail inutile ou perte de temps.

On est ainsi conduit à former un corps unique d*ambulance par corps d'armée. II se décomposerait en trois fractions, comme un régiment en trois bataillons, de manière à donner un service d'ambulance à chaqiie division, et à en conserver un troisième en réserve, tant pour secourir les deux autres que pour assurer le service du quartier général du corps d*armée.

Étant donnée la formation du corps d'armée en trois groupes, deux divisions et les troupes de réserve, il s'ensuit forcément une division analogue du corps d'ambulance. Ce n'est point un partage arbitraire : c'est une conséquence logique.'

Ce corps d'ambulance de corps d'armée aurait, comme tous les autres, son conseil d'administration, ses commissaires chargés de la comptabilité, ses secrétaires, ses ouvriers, ses accessoires.

II porterait le titre d'ambulance de tel corps et se fractionnerait en première, deuxième et troisième division d'ambulance.

Les fonctionnaires des deux catégories seraient attachés à une ambulance, comme les officiers à un riment.

Direction de l'ambiiUiDce.

202. La partie médicale et la partie administrative sont distinctes et cependant nécessairement liées pour atteindre complètement le but du service; elles ne peuvent être indépendantes l'une de l'autre, et, par conséquent, doivent obéir à un chef commun, tout

en conservant chacune leur spécialité et leur hiérarchie, qui ne peuvent être confondues.

Le débat est très- vif entre les opinions qui portent à la direction de l'ambulance un médecin ou un administrateur. En pesant les raisons alléguées de part et d'autre ; considérant Tintérèt du service et surtout celui des malades, il est évident que la médecine est le principal, et Tadministration Taccessoire. Gela résout la question.

La direction appartient donc à un médecin et non à un administrateur. Les attributions étant bien définies, et un conseil d'administration constitué pour résoudre toutes les questions, les abus ne sont pas à craindre. Le règlement du service et la discipline peuvent aussi bien être placés entre les mains d'un médecin que dans celles d'un administrateur. Les commissaires ne resteront pas étrangers à la discipline, et ils figureront dans les conseils de justice (chap. 43).

Il y aurait à examiner si le maintien d'un corps de pharmaciens est utile ou si un médecin ne pourrait pas être chargé de ce service. Cette question est sans importance et ne modifie en rien les besoins ni la constitution des ambulances.

Obligations du seniet des ambulaoeas.

203. Les obligations du service de santé sont basées sur le chiffre moyen des malades et blessés qui résultent des marches ou du combat.

Dans les routes et camps, on estime comme maximum de malades ou écloppés, 5 p. 100 de refi^ectif. Avec des évacuations fréquentes, ce nombre est rarement atteint à l'ambulance. Cela pouvant arriver toutefois, les ressources seront calculées en conséquence.

Le corps d'armée au grand complet de guerre comprend 35,09i hommes (tableau F); mais les corps montés donnent relativement peu de malades, ainsi que tous les services accessoires^ ordonnances, secrétaires, etc.

Dès les premières marches , l'effectif est bientôt diminué de tous les malingres qu'on est forcé de laisser en arrière. Ce criblage augmente d'abord, à mesure des fatigues imposées aux hommes, puis il décroit et tend à prendre une proportion quotidienne uniforme. La réduction de un dixième de l'effectif du départ s'opère très-vite, et le 5 p. 100 de malades ne s'applique pas à plus de 31,500 hommes^ ce qui donnerait un maximum de 1575 malades.

Dans le combat, il est très-rare que les pertes atteignent le dixième de l'effectif, et on peut considérer ce taux comme un maximum.

Un corps d'armée, au départ, a 29,246 combattants (tableau F) qui tombent rapidement à 28,000. Dans une bataille sérieuse , les pertes seraient d'environ 2,800 hommes hors de combat. Les tués y figurent pour un quart en moyenne. Il resterait 2,100 blessés à traiter aux ambulances.

Dans les deux cas, les trois groupes d'ambulance du corps d'armée auraient à traiter chacun, soit 525 malades, soit 700 blessés à peu près.

Si dans la campagne de 1870, notamment à la bataille de Rezonville, des ambulances ont eu jusqu'à 1800 et 1900 blessés, qu'elles n'ont pu que trèsimparfaitement soigner, cela tient à la mauvaise organisation du service qui a laissé inactives certaines ambulances, tandis que d'autres étaient démesurément encombrées.

Les portions d'ambulance placées aux divisions ont

— IIG —

un service plus continuel que celui de la partie marchant avec le quartier général ; celle-ci est considérée comme la réserve des deux autres, et vient à leur secours en cas de nécessité. Elle doit même, dans certains cas, relever une ambulance de division trop éprouvée, et, par conséquent, avoir la même composition.

FnelioDDemfot des ambultnees.

204. Les services divisionnaires doivent, avonsnous dit (art. 50), se fractionner comme les troupes» de manière à les accompagner sans difficulté, sans confusion, en cas de mouvements inopinés.

La division d*ambulance se partagera donc en deux sous-divisions d'ambulance pour suivre les brigades ; et, au besoin, en quatre sections pour accompagner un ou plusieurs régiments détachés.

Ce fractionnement, nécessaire pour les mouvements, répond également aux exigences du service médical.

Pour 525 malades ou 700 blessés, il faut 5 divisions de malades, 5 médecins traitants et 5 aides. Le chef de division et les 4 chefs de section constituent précisément les 5 médecins traitants des 5 divisions de malades.

En cas de nécessité, le groupe de réserve du corps d*armée détachera une de ses sections à chaque ambulance de division, et restera encore en fonctions avec la moitié de son personnel.

Chaque groupe a un pharmacien ou un médecin qui en tient lieu.

Par suite de la séparation possible des sections, il convient d'avoir cinq administrateurs par division d'ambulance; mais il n'est pas nécessaire que tous aient le rang d'officier.

ainsi :

Fonction- 1

naires

ayant

fanij

d'officier.

Troupe.

Composition d'une diTiaion d'ambalance.

Une division d*ambulance se

Pied de guerre.

1 médecin principal (a) de

!'• classe, chef 2chev.

2 médecins principaux de

2 médecins-majors de 1'* cl. n —

5 — de 2* cl. » —

i pharmacien » —

i commissaire de 2* classe. 1 — 2 soQs-commissaires. . • . 2 —

2 aides-commissaires (rang d'adjudant sous-officierj. » —

4 secrétaires » —

6 inOrmiers-majors .... » — 18 infirmiers de visite . . . » —

1 Taguemestre » —

1 chef de cuisine » —

3 aides » —

1 infir.-maj. de pharmacie. » —

2 aides » —

2 clairons » —

1 tailleur » —

1 cordonnier » —

1 ferblantier-étameur ...» —

1 ouvrier en fer » —

1 ouvrier en bois » —

1 buandier » —

72 infirmiers • » »

11 ordonnances » —

7chev.

composerait

Pied de

paix.

n chev.

iM

Page 1