Les pertes que peuvent subir des armées d'une
force de 650,000 hommes ne sauraient êlre évaluées à plus de moitié dans une année de guerre, et les hostilités ne pourraient se prolonger beaucoup plus à présent.
Pour maintenir TelTectif indiqué pendant une année on devrait être en mesure de disposer d'une réserve de 325,000 hommes ayant déjà une certaine instruction, afin de pouvoir les encadrer, au fur et à mesure des besoins, dans les forces actives engagées.
Gard€ des places à Tiolérieur.
37. Les forces actives et les troupes destinées à en combler les vides sont essentiellement chargées des opérations à l'extérieur. Reste à pourvoir à la défense des places fortes et des villes à l'intérieur. Comme nous le dirons ailleurs (chap. 49), 60 points fortifiés, places ou forts , suffisent largement à la défense de la France. Admettons pour le moment les chifi'res ci-dessous, qui seront démontrés plus tard.
i villes ayant une ganiison de 19,000 b. — 60,000b.
8 iO,000 — 80,000
33 de 1,000 k 2,000 — 49,500
Garaiion des principales villes ouvertes ÛO^OOO
Soit environ 300,000 hommes que réclamerait la garde du territoire.
Nombre «DDuel des jeuoes geos.
38. L'importance des réserves atteindrait ainsi 625,000 hommes, et l'ensemble des forces s'élèverait à 1,275,000 hommes. Mais au moment du besoin, il y aura forcément un déchet assez considérable causé par les malades, malingres, détenus, et il est nécessaire de penser aussi au contingent de la marine. Le recrutement doit donc donner un chiffre plus élevé que ce« lui des forces dont on a effectivement besoin.
En France, chaque année, environ 302,000 jeunes gens atteignent leur vingtième année. Ce chiffre était de ai2,078 en 1866, et de 292,750 en 1867; moyenne : 302,414. Il y a lieu d'en déduire ceux que leur état de santé ou leurs infirmités ne permettent pas d'appeler au service. Ce nombre s'élèverait, d'après les bases du compte rendu de 1867, à 92,213, comprenant les défauts de taille ou infirmités... Comme on le verra art. 428, une partie des hommes considérés comme infirmes (perte de dents, par exemple), et une portion de ceux qui n'ont pas la taille peuvent très-bien être utilisés pour le service. Toutes les autres exemptions étant supprimées, les diminutions sont seulement de 80 à 86,000 hommes. Il resterait environ 210,000 à 220,000 hommes disponibles par an, avec le service obligatoire pour tous.
Durée du service.
39. La marine prend 8,000 hommes par an sur le contingent habituel, avec la durée du service de 7 ans. Il serait utile de lui en attribuer davantage, pour lui constituer une réserve importante en cas de guerre. L'ensemble de ses ressources pour 7 contingents s'élevait à 50,000, déduction faite des déchets. Il semble qu'en portant ce nombre à 90,000 hommes, on pourvoit largement aux besoins. Ce chiffre ajouté à celui de 1,275,000 pour l'armée de terre, donne un total de 1,365,000 hommes, dont le pays doit pouvoir réellement disposer. Le chiffre des non-valeurs dans les con^» ditions du système nouveau, où une partie est déjàsupprimée, ne semble pas devoir excéder le 12' de l'effectif total ou environ 120,000 hommes. En les ajoutant aux 1,365,000 hommes qu'il est nécessaire d'avoir en réalité, on obtient pour le produit à demander au recrutement, 1,485,000 hommes. En calculant
8UP des contingents de 210,000 hommes seulement, sept fourniraient 1 ,470,000 hommes. Ce serait suffisant, car les contingents donneraient sans doute -plus de 210,000 , et les non-valeurs ont été comptées largement. De plus, les 50,000 hommes réservés pour les garnisons des grandes villes ouvertes , pourraient être remplacés par la garde nationale, et, par conséquent, devenir disponibles pour les opérations. Avec cet appoint, on serait certain de n'avoir point de déception dans les chiffres indiqués ci^dessus. De ce calcul , résulte l'obligation pour tout le monde, de servir 7 ans comme soldat dans l'armée active ou dans la réserve.
La considération du nombre impose, on le voit, la
durée de sept années. Ce n'est pas une affaire de dis* cussion : c'est forcé.
40. De ce premier aperçu ressort tout d'abord la division des forces du pays en 4 catégories :
1 ^ Effectif entretenu sous le drapeau ;
2* Contingent de mobilisation, pour passer du pied de paix au pied de guerre.
3^ Forces de remplacement pour maintenir l'effectif des troupes en campagne ;
4* Garde du territoire.
Les trois dernières catégories constituent la réserve. Les deux premières forment les forces actives de guerre, évaluées à 650,000 hommes. Des motifs budgétaires ne permettent d'en entretenir que la moitié à peu près sous les drapeaux. 11 en résulte que les quatre catégories sont sensiblement égales entre elles. Déjà s'indique l'économie de notre projet, qui consiste à n'entretenir que le quart des forces militaires du pays, ou, si l'on aime mieux, à pouvoir quadrupler en temps de guerre l'effectif de paix.