DIVISIONS
41. Les effeetifti doivent être nombreux, pour réduire la proportion des accessoires aux combattants et obtenir aux moindres frais la plus grande somme de force vive réelle.
Il est certain que, dans notre armée, chacun des officiers ou fonctionnaires ne donne pas la somme de travail dont il est susceptible. Il est non moins exact que le travail ou la diÂiculté du commandement ou de Tadministration ne croit pas proportionnellement au nombre des hommes à diriger ou à administrer. L'usage ancien est de former des divisions de 9 à 10,000 hommes qui tombent rapidement à 8 ou à 6,000 hommes ; ce qui est trop faible eu égard aux accessoires, dont le nombre est invariable quel que soit reffeotif. On est conduit par ces motifb à demander 15 à 16,000 hommes par division, de nianiëre qu'elle ne descende pas au-dessous de 11 à 12,000 hommes.
42. Les corps d'armée ne peuvent, sans inconvénient, être trop nombreux. L'expérience le démontre; une masse de 30 à 35,000 hommes ne saurait être dépassée, sans se trouver au-dessus de la capacité de celui qui la dirige.
En second lieu, la transmission des ordres s'appliquant à trop de personnes différentes, amène de la lenteur et du désordre.
Ces deux considérations bornent les corps d*armée à deux divisions. Avec les réserves qu'ils entraînent et deux divisions de 15 à 16,000 hommes chacune on
arrive à 34 OU 35,000 hommes, chiffre très-suffisant. Celte composition nécessite^ comme on le verra (art. 74), la correspondance du commandant du corps avec sept personnes principales et quatre accessoires , ce qui est déjà beaucoup.
La composition des corps d'armée doit être identique. C'est une nécessité en paix pour les changements de garnison ; c'est indispensable pour obtenir rapidement la mise sur le pied de guerre, et c'est encore obligatoire pour obtenir l'uniformité d'avancement. En guerre, des forces accessoires peuvent être attachées aux corps d'armée et créer entre eux une inégalité momentanée d'effectifs.
43. Le système des réserves générales d'armée .et des grands parcs est vicieux. Ces immenses impedimenta embarrassent le grand quartier général et paralysent l'action du commandant en chef, qui doit avoir une grande mobilité (voir art. 75 et 126).
Us arrivent toujours trop tard pour prendre part aux faits de guerre, ou, si l'on veut les y amener à temps, ils gênent la marche des troupes.
La plus grande masse des parcs ne renferme que des objets de remplacement. Avec la rapidité des communications actuelles, il est facile, au besoin, de les faire venir des places en arrière, au lieu de les traîner constamment avec soi. Les parcs de réparation ne sont pas moins inutiles. Les batteries et les com • pagnies du train peuvent faire elles-mêmes leurs réparations courantes. Le matériel qu'elles ne pourraient réparer, avec leurs moyens, doit être laissé ou renvoyé en arrière. La facilité des communications et les ressources de l'industrie privée, bien utilisées, permettent parfaitement de se passer des grands parcs, et c*est une simplification énorme dans les armées.
Les réserves générales d'artillerie et de munitions seront mieux placées, plus faciles à manier et moins encombrantes, en les divisant entre les corps d'armée, oh des réserves existent déjà. De cette manière on a autant de ressources; elles sont plus à proximité des troupes, et on supprime tout le personnel de gérance, d'administration et de commandement qui faitactuellement marcher ce grand dépôt ambulant.
44. La seule exception à la suppresion absolue des réserves d'armées concerne la cavalerie. Il parait bon d'en laisser une portion à la disposition du commandant en chef seul, pour des opérations particulières. Mais cette force ne parait pas devoir dépasser une division habituellement ou deux divisions dans des cas très-rares. Cette réserve, très-mouvante, ne constitue pas un impedimenta pour le grand quartier général, avec lequel elle ne marche pas. Tantôt elle appuie un corps, tantôt elle éclaire les colonnes. C'est un clément de l'armée plutôt qu'une réserve.
45. L'effectif de 650,000 hommes de forces actives, indiqué art. 36, obligerait à former dix-huit corps d'armée à deux divisions d'infanterie , plus quatre divisions de cavalerie indépendantes, ce qui donnerait :
iS corps à 35,000 h 630,000h.
4 divisions de cavalerie à 3,000 12,000
Or il existe actuellement :
22 divisions territoriales. 3 divisions en Algérie.
8 divisions actives d'infanterie.
A divisions actives de cavalerie.
D'après ce qui est dit plus haut, il faudrait en t out, quarante divisions. Il suffirait donc de rendre actives les vingt-cinq divisions territoriales et d'en créer trois
de plus. On y parviendrait facilement, sans augmentation de cadre, et même avec une diminutioni comme on le verra plus loin.
46. Dans certaines circonstances les troupes de rem* placement (troisième catégorie de l'armée) forme^ raient des divisions auxiliaires, chargéesi soit de ren-« forcer un corps d'armée, soit de garder les places de dépôts et les lignes de communication des armées. Les hommes y recevraient une instruction complémentaire et combleraient successivement les vides causés dans les rangs des armées actives^
47 1 En raison des possessions françaises au delà des mersf il conviendrait de créer des forces auxi-> liaires localesi comme cela a déjà lieu en partie en Algérie*
Les troupes permanentes françaises d'Afrique » zouaves et chasseurs d'Afrique, doivent être supprimées; c'est une mauvaise école pour les officiers et les soldats, l'expérience l'a cruellement montré.
Il est bon que les troupes françaises ne restent pas trop longtemps en Algérie. Cette colonie peut parfaitement fournir Une division indigène de quatre régiments de tirailleurs et une division de cavalerie de quatre régiments de spahis.
Eu y joignant un corps d'armée complet^ on Aurait en Algérie :
s régim«Dt8 d'infanterie française 1
4 régiments d'infanterie indigtee > Infanterie.
3 batailloni de punition )
î ugzs îSdSsr '^'- ( c«*«««»«. .
3 régiments d'artillerie j ArtiUerie.
Cela ne diffère pas sensiblement de ce qui existe à présent. Les autres colonies auraient, suivant leur importance, un régiment ou un bataillon local» per-
inanent, ce qui permettrait de supprimer en grande partie l'infanterie de marine.
Les troupes auxiliaires , considérées seulement comme forces locales, devraient être payées par les fonds coloniaux et ne pas figurer au budget de la guerre.