‹ La réforme de l'arméeChapitre 83 sur 142 · Première partie de la réserve · texte numérisé non relu

Première partie de la réserve

462. Le chiffre des hommes instruits par un passage dans les corps est de 813,900 pour une période de 7 ans ( art, 459). L'effectif entretenu sous les drapeaux, n'étant que de 345,500, la première {ffrtie de la réserve se composera de 468,400 hommes.

Ces militaires seront tenus, les uns de remplir, en qualité d'aspirants auxiliaires ou de sous-ofGciers, les fonctions d'instructeurs dans la réserve; les autres d'assister à toutes les séances d'exercice, à tous les rassemblements de la réserve, et d'y servir de moniteurs pour l'instruction de la 2® partie (chap. 45).

Deoiitoie partit de la résene.

463. La totalité annuelle des jeunes gens de 20 ans s'élève à 302,000. Des causes diverses nous ont con* duits à la réduire à 210,000 hommes. Mais c'est un minimum qui sera certainement dépassé. Il fournit en 7 ans 1,470,000 hommes. La marine disposera de 90,000 hommes environ. Reste pour l'armée 1,380,000 hommes, que différents motifs diminuent de 0 p. 100 et ramènent à environ 1,250,000 hommes. L'armée et la 1*^ partie de la réserve en renferment 813,900; la 2<^ partie comprendra donc 436,100 hommes n*ayant pas été incorporés.

L'ensemble des deux réserves s'élève à 904,500 hommes.

iMorporatioD iMiporain.

464. La 2® portion de la réserve sera instruite dans chaque commune (chap, 45) par des instructeurs de la i "^ portion. Pour la former plus complètement, et

rezercer surtout au tir» elle sera soumise à une incorporation temporaire de peu de durée.

On appellera les hommes qui la composent, dans les corps de troupes et autant que possible aux camps (chap. 44). On les gardera un mois seulement.

Il est possible de faire venir chaque année 3 classes d'hommes delà deuxième partie, ou il 9,000 hommes* Ils subiraient donc 2 fois, durant l^ur service, l'incorporation temporaire.

La 1^ partie de la réserve ne sera soumise qu'une fois à la réinoorporation temporaire, pendant son temps de réserve. On appellera les hommes vers leur 5® année de service et 2 ans après qu'ils auront quitté les corpsde troupes. Cette classe à rappeler chaque année s'élèverait à 122,000 hommes. Aucune dispense, hors le cas de maladie, ne peut être accordée.

465. Il y aurait ainsi à mettre sous les armes chaque année, par une incorporation réelle, 241,000 hommes pendant un mois. On peut le faire sans excéder les prévisions budgétaires pour un effectif normal de 345,500 hommes (non compris les corps de punition). Il suffit de renvoyer chaque année la classe libérable par anticipation, qui est de 103,500 hommes, environ 80 jours avant l'expiration des 3 années de présence au corps. Par ce moyen, les frais seraient équilibrés. En effet, 241,000 réservistes présents pendant 34 jours, aller et retour compris, représentent 8,194,000 journées. 103,500 hommes absents durant 80 jours font 8,280,000 journées. Il y a donc égalité dans les dépenses.

Durant ces 80 jours, on appellera successivement pendant un mois la première, puis la seconde partie de la réserve. L'armée active de paix conservera sensiblement son même effectif.

Les frai:» de roote aeroot très-pea de chose en cou— centrant les résenristes sur le corps le plos voisin de leor résidence, ce qni est conforme an srstème général qne nous ^éconisons.

Il n'est question ici qne de 1 aj^iel des réserves. Tonte la partie relative à son instruction sera développée chap. 43.

Pm CHHHBiiBBft et k itene.

4€6. Pour surveiller une aussi grande masse d'hommes, diriger son instruction, assurer ses mouvements, la munir d'armes et d'effets, il faut des officiers qui s'en occupent spécialement. Il est de plus nécessaire de pourvoir au commandement de la portion destinée à la défense des places et du territoire en cas de guerre (art. 12).

Ces deux considérations obligent de constituer des cadres à la réserve et de lui donner une organisation sérieuse. Elle sera peu coûteuse en temps ordinaire. Les instructeurs recevront une indemnité ; le costume sera des plus simples (chap. 32), et la solde ne sera accordée à la réserve qu'en cas de mobilisation.

L'organisation sera analogue à celle de l'armée. Toutefois le groupement en bataillons est suffisant, pour des forces dont la situation habituelle est la dispersion. La formation d'unités plus fortes entraînerait des dépenses coosidérables et créerait des autorités élevées qui généraient plus qu'elles ne favoriseraient la mobilisation.

Porautioo des baUiHons de résene.

467. L'armée de guerre absorbe 644,682 hommes. Les renforts destinés a maintenir cet effectif s'élèvent à 322,341 . La force destinée à garder rinlérieur n'est plus que de 283,177 hommes. Dès lors, 300 bataillons

seront suffisants. Ils présenteront chacun, en temps de guerre» un effectif de 945 hommes environ.

Lorsque l'armée sera mobilisée, mais les renforts non encore envoyés, l'effectif des bataillons de réserve sera de 2,019 hommes. Il ira en diminuant au fur et à mesure des envois à l'armée.

En temps de paix, les bataillons de réserve atteindront 3,014 hommes. Ce chiffre peut paraître considérable, envisagé d'une manière absolue. Il cesse de l'être, si Ton remarque que ce n^est en temps ordinaire qu'une formation de surveillance, d'instruction, d'administration, et que ces bataillons ne sont point destinés à être réunis.

Nombre des compagnies el des scctioDs.

468. Le nombre élevé des hommes conduit à composer Içs bataillons de 10 compagnies. Chacune d'elles renfermera 300 hommes en temps ordinaire, 200 au moment de la mobilisation et tendra à descendre à 100 durant la guerre.

Les compagnies ne seront pas égales entre elles. Elles comprendront les réservistes d'une commune, d'une fraction de commune ou de plusieurs communes.

Chaque compagnie comportera 3 sections avec 1 capitaine, i ou 2 lieutenants et 2 aspirants.

Chaque section comprendra 2 demi-seclions dirigées par des sergents ou caporaux, et 4 escouades aux ordres de caporaux ou hommes de première classe, instructeurs, assistés d'un nombre indéterminé de soldats de première classe, selon ce que le hasard des libérations anticipées en fournira.

Le résultat serait, en temps de paix :

300 bataillons à 3,000 hommes.

:i,000 comp.ignies i 300 —

9,000 sectiûnft à 100 hommi^.

i 8,000 i/2 sections à 50 —

36,000 escouades à 35 —

Relations du cadre et du teraitoire.

469. En additionnant le quatrième et le cinquième chiffre, on obtient 54,000 instructeurs, ce qui permet d'en avoir un par chacune des 38,000 communes de France et de faire face aux besoins des communes dont le chiffre élevé de la population exige plusieurs instructeurs.

Les 9000 officiers de section montrent qu'il pourrait y en avoir un par chaque ville ou bourg tant soit peu important.

Les capitaines sont au nombre de 3,000. II y en aurait un par canton, puisque le nombre de ces circonscriptions est de 2,940.Le8 autres commanderaient les batteries.

Les 300 bataillons correspondraient à peu près aux arrondissements, bien que les unités administratives civiles ne doivent ôtre que fort peu considérées, dans cette répartition, dont la base est la population soumise au service militaire.

470. Les bataillons de réserve sont sous la direction des commandants des dépôts territoriaux et par conséquent sous les ordres supérieurs des généraux commandants dans la circonscription.

Contrôle.

471. Les chefs de bataillon et capitaines tiennent le contrôle matricule des hommes de leurs bataillons ou compagnies. Un double de ces contrôles est tenu par le dépôt territorial qui doit recevoir exactement toutes les mutations. La bonne tenue de ces contrôles est sous la direction du commandant du dépôt territorial et sous la surveillance spéciale des généraux.

472. Les chefs de bataillon, obligés à des frais de tournée et de bureaux, recevront une indemnité de 1000 fr.

Les capitaines, placés dans le même cas, sur une moindre étendue, auront en moyenne une indemnité de 600 fr.

Les officiers de section seront tous ou presque tous instructeurs et obligés en cette qualité d'assister à tous les exercices. Il semble juste de leur accorder une rémunération qui variera de quotité suivant la localité et l'importance de leurs fonctions. On peut admettre en moyenne une allocation de 300 fr.

Les sous-officîers et caporaux, instructeurs titulaires, auront, selon les localités, des vacations variant de 1 à 3 fr. par séance, ce qui, pour 40 séances à peu près, donnerait une moyenne de 80 fr. par an pour chacun.

Le total de la dépense du cadre se résume ainsi :

300 chefs de bataillon à 1,000 fr. 300,000 £r.

3,000 capitaines à GOO i ,800,000

9,000 officiera de section à. 300 2,700,000

54,000 instructeurs à . . . 80 4,320,000

Total 9,120,000 fr.

Charges coqHonaales.

473. Le paiement des chefs de bataillon et des ca-* pitaines incombera seul àrÉtat,'soit 2,100,000 francs.

Le traitement des instructeurs, s'élevant à 7,020,000 francs , concernera uniquement les municipalités comme charge communale. Tout village sera tenu d'avoir son instructeur, comme il a un maître d'école ou un garde champêtre. La somme est peu considérable, puisqu'elle se réduit dans une petite commune à moins de 80 fr.

Le service étant obligatoire, l'instruction militaire ne Test pas moins. Elle est aussi indispensable qae rinsiruction primaire. Il semble juste d'en laisser les frais aux budgets communaux et non à celui de la guerre.

HabiOcacil et «mmil

474. L'habillement, l'équipement et l'armement incomberont au budget de la guerre et seront comptés lors de son établissement (chap. 50).

Batterie! de U rtene.

475. Dans toutes les villes où cela sera jugé possible, des batteries seront formées pour la défense des places et préparer des hommes pour l'artillerie. Ces batteries compteront dans les bataillons comme organisation, et y tiendront la place d'une demi-compagnie par batterie, d'une compagnie par deux batteries. Dès lors, il n'y a pas lieu de compter de nouveaux cadres. Ils se confondent avec ceux déjà énumérés.

Dispofiiioiu pertiealières à la cavalerie.

476. Comme cela a déjà été reconnu pour la garde nationale mobile, il n'est pas praticable d'établir des corps à cheval dans la réserve, à cause de Timpossibiliié de leur procurer des chevaux.

La cavalerie sera pourvue, en paix, des deux tiers de son efieclif de guerre. Elle aura de plus ses hommes de réserve instruits qu'elle rappellera de temps à autre, comme il est indiqué art. 464. En oullrei dans les lieux où il existera des garnisons de cavalerie, on choisira des hommes de la deuxième portion de la ré« serve pour les exercer le dimanche, comme cela se lait pour l'infanterie et l'artillerie (Voir chap. 45).

477. Des dispositions analogues seront prises pour le train, les ambulances et les services administratifs.

Recrutement des officiers de résene.

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