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La seconde objection consiste dans la néces

Bité de distinguer, surtout en guerre, les corps les uns des autres, et, pour cela, de les habiller diversement.

Les armes se diffërencient suffisamment entre elles, pour qu'il n'y ait pas à s'y tromper, même avec l'unité de costume. Des hommes à cheval ne seront jamais pris pour de l'infanterie. Des groupes pourvus de voitures et de canons, mélangés d'hommes à pied et à cheval, ne peuvent jamais être confondus avec de l'infanterie on de la cavalerie.

Mais les diverses espèces de cavalerie, comment les distinguer? Nous pensons qu'il ne doit y avoir qu'une espèce de cavalerie; comme il n'y a qu'une espèce d'infanterie, qu'une espèce d'artillerie. Si l'on persiste à avoir une cavalerie variée, ses caractères distincts suffiront parfaitement pour en faire reconnaître les différents éléments. La lance, le casque et la cuirasse sont caractéristiques et d'une grande évidence. L'erreur n'est pas possible. Quant à discerner les chasseurs des hussards, à quoi cela peut-il être utile, puisque c'est absolument la même chose comme taille d'hommes et de chevaux, comme armement et comme service 7 On invoque les nécessités du ralliement après la charge. C'est une phrase creuse qu'on reproduit depuis longtemps, sans réfléchir que la pra* tique de la guerre la dément. Nous formons sans cesse des brigades de deux régiments semblables, des divisions de quatre régiments identiques, cuirassiers ou dragons. Depuis la charge des cuirassiers à Eylau, jusqu'à la division Desvaux en Italie, où Ton mit les trois régiments de chasseurs d** Afrique, tout démontre qu'on n'a jamais attaché la moindre importance à la diversité des costumes pour assurer le ralliement.

Dans les mouvements et opérations, la variété des

costumes est donc inutile; est-elle avantageuse dans les détails?

On insiste sur l'ulilité de reconnaître rapidement à quel corps appartient un homme. Cette utilité est-elle plus grande pour la cavalerie que pour Tinfanterie et l'artillerie? on n'oserait sérieusement le soutenir.

Cent régiments d'infanterie ont le même costume, vingt régiments d'artillerie n'en ont qu'un seul; comment pourrait-on prétendre que soixante-deux régiments de cavalerie doivent avoir vingt uniformes différents; ou qu'il soit avantageux que huit régiments de hussards aient huit costumes distincts?

Pourquoi la cavalerie n'aurait<elle pas un habillement unique comme Tinfanterie et l'artillerie? Seraitil donc plus difûcile de reconnaître le 16* de cavalerie que le 16^ d'infanterie ou le 16® d'artillerie?

Cette seconde objection est tout à fait spécieuse; elle est réfutée par la pratique comme par la logique.

514. Ainsi, en général et en particulier, pour les opérations de la guerre comme pour le service de la paix, nous ne trouvons aucune raison valable de conserver la variété des uniformes.

Une troisième objection surgit pourtant. On allègue le culte de la tradition; l'esprit de corps à conserver; la passion qui s'exalte au souvenir d'une forme ou d'une couleur jadis illustrée; l'émulation, l'amourpropre. Tout cela, disent quelques-uns, tient à des nuances d'étoffe, à des insignes, à une coupe, à des parements, à un bouton, etc....

Il faut respecter toutes les convictions sincères, mais il est loisible de les discuter.

A ceux donc qu'un sentiment exalté ou un goût prononcé pour l'archaïsme inféodent à la tradition, je me permets de répondre :

fasse porter le lourd, hideux et incommode bonnet à poil, sous prétexte que les grenadiers de la garde ont illustré cette absurde coiffure.

Qui oserait proposer aux chasseurs à cheval de reprendre les tresses et la queue poudrée dont s'enorgueillissaient les anciens chasseurs?

Du moment qu'il n'y a plus de vieux soldats (ce qui est excellent), les traditions, les légendes disparaissent avec les conteurs qui les propageaient.

Pourquoi maintiendrait-on, à présent, des couleurs, des nuances, des formes, des signes, des coupes, qui ne disent plus rien à personne? bigarrure de souvenirs, incomprise de tous, nuisible aux approvisionnements et coûteuse au Trésor.

C'est moins poétique, je le confesse, mais la poésie est hors de saison dans l'ordre matériel.

Le soldat demande à être commodément et promptementvêtu. Il se soucie peu de la nuance traditionnelle qui l'exposerait à manquer d'habillement. Les théories sentimentales, quelque respectables qu'elles puissent être, ne sauraient servir de règle dans une armée. La pratique les combat; elle exige impérieusement la simplicité et l'économie. S'attacher au passé quand le présent a des exigences contraires, n'est-ce pas faire fausse route ?

515. La dernière objection à l'unité de costume est la nécessité de rehausser la tenue de l'armée par des uniformes variés et brillants ; d'exciter le goût militaire par la splendeur des costumes étalés dans les revues et d'attirer les engagements volontaires par la séduction de vêtements élégants. On avance, comme preuve, le nombre proportionnellement plus considérable d'engagés volontaires dans la cavalerie que

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dans l'infanterie, et plus fort encore dans les hussards que dans tout autre corps de cavalerie.

Le fait est en partie exact ; mais il ne tient pas seulement au costume. Il ne saurait plus être invoqué du moment que tout individu est obligé au service militaire, et qu'il n'y a plus d'engagés volontaires. L'appât à l'enrôlement, par des costumes attrayants, n'a plus de raison d'être, et la dernière objection tombe d'elle-même.

Principes ntiooDels et pratiques du costume.

516. Ces objections écartées, recherchons les véritables principes du costume militaire sous les rapports théoriques et pratiques.

Forcé d'être approprié aux conditions dans lesquelles se trouvent placés ceux qui le portent, il ne saurait dépendre ni du goût, ni du caprice, ni de la fantaisie. Toutes considérations étrangères à la. nécessité ou à l'utilité doivent être écartées. On peut donc» d priori, déterminer le véritable vêtement militaire, abstraction faite de la coupe, des nuances, de l'ornementation>etc....

Des eoDdilioos de la coiffure.

517. La coiffure ayant pour but de couvrir la tête, doit conséquemment en avoir la forme. Toute coiffure conique, cylindrique, tronconique, est impropre. La forme hémisphérique est la seule qui convienne.

La coiffure doit, en outre, remplir les conditions suivantes :

1^ Préserver du soleil la nuque et les yeux. Le couvre-nuque est incommode, chaud et insuffisant. Il faut en arrière un abri analogue à celui que forme^ devant, la visière.

Toute coiffure sans visière fatigue la vue, empêche

de voir à une certaiae distaxice et de viser dans le tir. Elle ne peut donc convenir à l'armée ;

2^ Préserver la tète et le cou de la pluie ; empêcher Teau de ruisseler le long de la tête, de pénétrer dans le cou, et de mouiller la chemise. Une visière en avant et une autre en arrière ne suffiraient pas; il faut aussi un ahri pour les côtés, c'est-à-dire des bords tout autour de la coiffure.

Le soldat est obligé de porter un sac dont le chargement est élevé; il doit manœuvrer ses armes, et, par suite, les bords ne peuvent être qu'assez restreints sur les côtés.

Ces simples considérations permettent d'établir que la coiffure militaire véritable est un chapeau rond, à petits bords. Cette détermination théorique est confirmée par la pratique, car la masse des individus, aujourd'hui, porte précisément une coiffure de ce genre ;

3^ Préserver la tête de la chaleur et du froid. L'homme de guerre n'ayant qu'une seule coiffure, elle doit s'adapter aux températures les plus diverses. On sait que la moindre coiffure suffit à garantir du froid, peu dangereux pour la tête; la chaleur est un ennemi bien autrement redoutable; la coiffure doit être principalement un préservatif contre la chaleur.

On rejettera donc toutes les fourrures, bonnets à poil, colbacks ou talpacks. On cherchera une matière résistante, peu perméable aux rayons ardents, telle que le liège, par exemple. On donnera à la calotte une certaine élévation, et on y pratiquera des évents pour l'aération des cheveux ;

4^ Préserver la tête d'un coup contondant, tel qu'un coup de sabre. On peut y arriver soit par une

matière suffisamment résistante, telle que le cuir, un grillage de fer ou des garnitures métalliques.

5^ Être légère et bien assujettie. Rien ne fatigue comme une coiffure lourde. La peine est encore accrue quand son élévation donne prise au vent. Le casque et le bonnet à poil sont des exemples de coiffures absolument défectueuses sous ce rapport. Dans les guerres en Afrique, en Crimée, en Italie, au Mexique, en 1870, on a môme supprimé les shakos de l'infanterie comme trop pesants. Pourquoi donner aux troupes une coiffure dont elles ne se servent pas à la guerre ?

La coiffure doit être bien assujettie, pour ne pas tomber et ne pas obliger Thomme à employer une de ses mains pour la retenir. Une mentonnière ou des jugulaires sont obligatoires ; elles peuvent être recouvertes d*écailles de bronze, de façon à protéger la figure contre un coup de revers.

Usité de coiffure.

518. Dans tout ce qui précède, il n*est pas question d'une arme plutôt que d'une autre. En effet, les conditions sont absolument les mêmes pour toutes. Il n'y a pas de raison pour qu'un lancier ait un schapska, un chasseur de France un talpack, un chasseur d'Afrique un képi dur, un fantassin un shako différent de celui d'un artilleur.

La seule exception possible serait à l'égard des cuirassiers. Si l'on enferme leur buste dans une cuirasse, n'est-il pas conséquent de leur donner un casque ? Nous croyons que les cuirassiers n'ont plus de raison d'être, et par conséquent le casque doit disparaître.

U n'y a pas de raison sérieuse pour maintenir la diversité des coiffures dans Tarmée. L'unité complète,

absolue, a des avantages considérables et doit être adoptée.

De la couleur de la coiffure.

519. La couleur de la coiffure sera peu voyante, pour ne pas servir de point de mire et pour être moins salissante.

11 ne reste à choisir qu'entre le bleu foncé, le noir ou le gris de fer.

Toute raison d*élégance, de brillant, etc., doit être écartée si elle est nuisible ou inutile.

De la matière de la coiffure.

520. La coiffure sera solide, résistante au choc, et légère à porter. Elle ne doit être attaquée ni par l'excès de chaleur, ni par l'humidité. 11 faut que son entretien soit peu coûteux et les réparations très-rares.

II y a là des conditions parfois opposées que des chapeliers seuls peuvent concilier.

On a fait divers essais en France et à l'étranger. Le casque en cuir a été expérimenté chez nous. Il est adopté en Allemagne. Les bersaglieri italiens ont uq chapeau à larges bords. Toutes ces coiffures ne répondent pas complètement aux conditions désirables. Une (Hude approfondie reste à faire, ainsi que de nombreuses expériences. La solution n'a rien d'impossible. Le shako noir porté par l'infanterie il y a peu d'années présentait de grands avantages comme matière, bien bien que sa forme fût défectueuse. Il pourrait servir de point de départ aux recherches.

La marine se sert d'un chapeau en feutre verni. Son prix n'est que de 1 fr. 56. Sa forme est mauvaise et sa matière cassante. On a mis en essai récemment deux autres modèles. L'un est en feutre noirci ; sa forme et sa matière sont meilleures, mais il coûte

3 fr. L'autre, de même forme, est en cuir noir. Il est plus solide, un peu plus lourd, et coûte 6 fr. 50. Sans les adopter tels qu'ils sont, ils montrent cependant que la solution du problème est possible et qu'on la trouverait certainement si Ton voulait s'en occuper.

Des ornements de la coiffure.

521. En principe, tout ce qui est ornementation doit être supprimé dans le costume militaire, comme une inutilité.

Le chapeau peut porter des signes distinctifs, pour permettre de reconnaître les corps. On y placera par exemple la cocarde nationale, le numéro du corps et un petit motif de cuivre indiquant l'arme:

Denx fasils croisés pour l'infanterie.

Deux canons pour 1 artillerie.

Deux sabres pour la cavalerie.

Une voiture pour le train.

Un caducée pour les ambulances.

Deux épis pour Tadministration.

Ces signes devront se fixer très-rapidement avec un morceau de fil de laiton, de manière que les hommes puissent le faire eux-mêmes. Un changement de corps n'entraînerait que le changement du numéro; un changement d'arme, le remplacement du motif caractéristique, mais riiomme conserverait sa coifiure.

Insignes de grade.

522. Au point de jonction de la calotte et des bords on pourrait placer un ruban portant les insignes du grade, pour les sous-officiers comme pour les officiers.

Suppression des aeeessotres

523. Un autre principe essentiel dans la tenue est de réduire les objets au moindre nombre, afin de diminuer la dépense, les pertes, les embarras et les soins.

II faut proscrire le couvre-chapeau, le pluaiet, le pompon, le cordou et ea général tout ce qui ne tieat pas d'une manière permanente au chapeau. Ces accès* soiresy dont la plupart sont d'anciennes coutumes bar* bares, n'ont aucune utilité pratique. C'est de la fantasia pure^et rien n'est plus incompatible avec la simplicité militaire.

On a poussé trop loin les signes de reconnaissance. Après celui du corps, on a voulu celui du bataillon, puis celui de la compagnie. On a composé des pompons, des macarons de diverses nuances et on est arrivé à une complication étrange pour la moindre mutation, sans aucun avantage dans le service.

Il suffit de savoir à quel corps appartient un homme pour l'y renvoyer ou l'y signaler. Aller au delà, c'est de l'exagération et une dépense inutile.

Le cordon usité dans la cavalerie légère^ l'artillerie et le train, est sans aucune utilité. C'est un ornement coûteux que des jugulaires bien installéea remplacent avantageusement. La coiffure la plus difficile à maintenir est le casque, et cependant ni les cuirassiers ni les dragons n'ont le cordon.

Bonnet de travail et de corvée.

524. Bien que la coiffure de tenue soit le chapeau^ il est avantageux de donner aux hommes un bonnet pour le travail de force, les corvées, le gymnase, et pour dormir la nuit par le froid. L'expérience en a constaté l'utilité.

Cette coiffure doit être souple, molle, légère, adhé^ rente à la tôte.

Sous la République et le premier Empire^ le bonnet de police était un vaste et long bonnet de laine pointu terminé par une bouffetle. Il enveloppait la tdte tout

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entière durant la nuit ; pendant le jour, on te repliait d'une certaine façon, et il recourrait seulement le dessus de la tête.

Cette coiffure commode et pratique s'est transformée en bonnet de police, en carton et à soufflet, coiffure ridicule, qui ne tient pas sur la tête, qui ne la garantit ni du soleil, ni de la pluie, ni du froid, qui n'est bonne ni le jour ni la nuit.

On Ta remplacé par la casquette, dont les inconvénients sont de ne pas préserver do froid, d'avoir une visière de cuir, dure à la tête en dormant et gênante sous la patelette du sac.

Le fez^ usité comme tenue d'écurie, est trop eidgu, et sa couleur grise est salissante.

La chéchia des corps indigènes et des zouaves remplit mieux les conditions cherchées. Sa couleur rouge est trop voyante et trop salissante pour une coiffure de corvée. Elle ne préserve pas les yeux, et c'est un grand défaut.

Mous voyons, à côté de nous^ employer par la marine française un bonnet de travail bleu foncé en laine dont k calotte, plus large que le toar d<e tête, peut se ramener sur le devant et aibriter k vue»

Oa ne peut imaginer quelque chose de plus commode, de plus simple, répondant mieux à toutes les conditions. Sa forme n'est pas disgracieuse ; elle a un certain cachet qui la rend très-propre à ki coiffure militaire. Ici il n'y a rien k chercher ; l'eSrt existe, il est employé. 11 suffit de l'adopter dans l'armée.

Oûfliira des olficien.

525. Les officiers auroiit an ehapeau' semblaUe à celui de la troupe; quelques ornements peuvent y être placés, pour faire reconnaître les rangs ou grades.

En petite tenue, les ofûciers auront la casquette Hïotle à visière, en usage à présent. Seulement, elle serait bleue comme celle de la troupe. La casquette, bien entendu, serait la même pour tous les officiers de l'armée.

Les ornements, broderies ou bandes de grade, seraient dorés pour les officiers et argentés pour tous les fonctionnaires.

Les bandes ou galons de grade ne peuvent être portés que par les officiers. Les fonctionnaires auront des insignes différents (Voir art. 534).

Coiffure de la réserre.

526. Les hommes de la réserve n'auront que le bonnet de travail. Les magasins des dépôts terri to— riaux renfermeront des chapeaux pour les réservistes, en cas de mobilisation.

De rbtbilleoient.

527. Le soldat a besoin de deux vêtements de corps, pour pouvoir en changer quand Tun est mouillé* ou en réparation ou les porter l'un sur l'autre si le temps est mauvais. Ce nombre devrait sufGre. Jusqu'à présent on ne l'a pas pensé, et les soldats ont eu trois vêtements, un de corvée, un de tenue et un pardessus. Nous ne mentionnerons pas, bien entendu, les corps qui en avaient davantage comme tenue ordinaire et grande tenue ; ce sont des aberrations qu'il ne faut même pas discuter.

La vie du soldat rend nécessaire un vêtement de corvée, de travail, d'exercice. Elle supporte un habillement plus soigné pour la tenue, le service extérieur. Elle exige un vaste pardessus contre les intempéries.

Le premier et le troisième sont rigoureusement suf-

lisants. On peut admettre le second dans une certaine mesure. Il augmente la dépense et il charge Thorome; deux inconvénients graves.

La veste existe dans tous les corps de l'armée comme vêtement de corvée, mais elle n'a pas la même forme.

L'habit de tenue varie. G^est la tunique dans l'infanterie, l'habit court dans l'artillerie, la tunique dans une portion de la cavalerie, le spencer, le dolman, le courka, la pelisse, etc., dans le reste.

Le pardessus est la capote grise ou bleue dans l'infanterie, l'artillerie à pied et le génie. Les zouaves et les chasseurs ont un collet-manteau gris de fer. Les troupes à cheval usent du manteau, blanc pour la cavalerie, bleu pour rartillcrie.

La variété est assez grande pour la troupe. Elle est infinie pour les officiers. Leurs pardessus sont de toutes formes, de tous genres, de toutes coupes et souvent de toutes couleurs.

CoDdilioos du fètement de corrée.

528. Recherchons les conditions normales du vêtement. Pour exécuter des corvées, pour porter des poids sur le dos, pour travailler aux routes, aux fortiGcations, manier la pioche ou la hache, il faut un vêtement ample, souple, ne gênant pas les mouvements, ne comprimant pas les articulations. L'homme doit y être à l'aise, ce qui exclut tout ajustage à la taille. La veste serrée, étriquée, boutonnée, empêchant de lever les bras,^ est un vêtement détestable que \es hommes ôtent toujours pour travailler. Il est gênant à porter sous le pardessus.

Là encore il n'y a pas besoin de chercher. Le vêtement désirable existe : c'est la vareuse ou la chemise de laine bleue des marins. On ne saurait trouver un

vêtement convenant mieux sous tous les rapporta aux soldats. Il se prête parfaitement à tous les exereiecs de force ; il dure longtemps, il se lave facileraenL, il forme un commode vêtement de dessous. 11 réunit toutes les conditions. Porté par-dessus la chemise de toile, et dans le pantalon, dont le haut est recouvert par le ceinturon, il forme une tenue très-décente, trè&> dragée et qui n'est pas sans élégance» Les fusiliers de la marine ont très-bonne tournure dans cette tenue.

La veste vaut en moyenne i 2 fr. 50, la vareuse 1 0 fr. 90 seulement. Il n*y a donc pas hésiter, et la varease de laine bleue doit être adoptée pour toute Tarmée.

Lorsque l'homme ive la pcnrte pas sur lui, elle se place facilement dans le sac, et son poids est un peu moindre que celui de la veste.

Conditions du Tétement de tenue.

529. l"" Il doit être bon pour le froid comme pour le chaud; conséquemment il doit pouvoir s'ouvrir ou se fermer à volonté. C'est surtout la poitrine qu'il convient de couvrir ou de dégager. Donc il faut un vêtement croisé à deux rang;^ de boutons, qu'oa puisse boutonner alternativementdesdeux côtés, ce qui entre* tient la propreté et ménage l'habit.

i" Ubomme obligé de mancrovier et d'agir avec son habit doit y être très à Taise ; pouvoir lever les bras et urètre gêné par aucune pression. Le vêtement demande ainsi beaucoup d'ampleur. 11 repousse toalea les formes ajustées, seirées à la taille, prenant bien le corps, comme on dit. L'habit large et non ajusté a encore l'avantage de rendre les approvisiosneroeBÉs plus faciles en ce que le même objet convient h un plus grand DMf)bre d'hommes.

La forme de ce vêtement sera sensiblement celle

d'un paletot, car <r la forme de l'habit militaire doit suivre Tusage du pays. » (MoranDi p. 199.)

On croit à tort qu'un vêtement militaire doit être serré, ne faire aucun pli, présenter un certain aspect rigide. C'est une inconséquence, puisque la capote, vêtement militaire par excellence, n'e^ ni ajustée ni serrée.

3^ L'habit doit couvrir le ventre, ce qui détermine sa longueur. Il ne saurait aller au delà, pour ne point gêner le mouvement des jambes, ni constituer un poids inutile. Il sera donc plutôt court que long»

4"" Les considérations relatives à sa nuance sont les mêmes que celles déjà indiquées art. ^19. Toutes les couleurs claires et voyantes doivent être rej^tées. Le bleu foncé et le gris de fer ou bleuté sont les seules nuances acceptables.

S"" Le drap est l'étofTe la plus durable, la plus chaude, celle qui s'abîme le moins. C'est donc le drap qui doit former le vêtement de corps.

6^ Les conditions du vêtement sont absolument les mêmes quels que soient l'arme ou le corps. La seule différence serait dans la longueur, qui ne doit pas être exagérée dans les corps montés, pour ne pas gêner l'assiette en selle. En adoptant une dinskension convenable, le même vêtement est boa dans les deux cas. La pratique en diverses circonstances constate que cela se peut. Rien absolument ne s'oppose à l'unité de vêtement dont nous avons, parlé art. â.11» &12^ 5>3, 514 et 515.

Des si|Des dîsUoctifs du T4iaBieal.

' 530. La nuance de l'habit fixée , l'économiie et la simplicité veulent qu'on n^y ajoute aucune portion de couleur différente. C'est un manque de goût et de bon sens que d'avoir donné à l'infanterie, un collet jon-

quille et des parements rouges. C^est une bigarrure choquante, une dépense en pure perte. Elle doit être absolument proscrite. Si l'on désire éviter une monotonie trop complète de l'uniforme, unpassepoil sera ajouté au vêtement, mais c'est le maximum de ce qu'on peut concéder en ce genre.

A ce sujet, les amoureux du passé et du distinct se récrieront. Ils consentiront peut-être à l'unité de vêtement; mais ils persisteront à soutenir la cause dc> couleurs distinctives des armes ou des corps, au moins pour les parements et le collet. Nous avons déjà dît plus haut que ces distinctions sont assez chimériques et ont peu, si ce n'est point d'utilité. En regard, il est bien évident que toute partie dissemblable, si mince qu'elle soit dans le vêtement, détruit l'unité et complique les approvisionnements. Il faudrait des tuniques à collets de toutes les couleurs, alors autant vaudrait des uniformes différents. II n'y a pas de milieu, ni de composition possibles. Une transaction est inadmissible, puisqu'elle ne procure qu'un avantage bien léger, et qu'elle laisse subsister dans son intégralité le vice de la diversité, dont on a vu les funestes effets en guerre.

531. Tout ce qui tient à demeure au vêtement doit être absolument semblable. Quel que soit le corps et dans quelque dépôt qu'il puise, en paix ou en guerre, il doit trouver des effets qui lui conviennent.

Personne n'ignore que sur une quantité d'effets semblables, quoique variés de pointure, il en demeure toujours quelques-uns qui ne vont à personne. Leur quantité est d'autant plus grande que le nombre des parties prenantes est moindre. Si toute l'armée concourt pour le même vêtement, on peut affirmer que le déchet sera nul ou à peu près.

Les approvisionnements ne peuvent pas être calculés exactement sur le nombre des hommes à pourvoir. Il faut une réserve pour parer aux événements. Si chaque corps a la sienne particulière, il tend à calculer trop largement ses aléa. Il craint de manquer, il emporte toujours plus que moins.

Non-seulement il en résulte l'inconvénient, dans une armée, d'avoir une quantité de magasins de corps différents; mais encore leur poids total dépasse notablement celui qui serait nécessaire, si Ton avait l'unité de costume. Avec la variété d'uniforme, chaque corps, spéculant sur un chiffre d'hommes de 600 à 2000 suivant les armes, doit faire entrer au moins 10 pour cent de supplément pour les aléa. Si au contraire tous les magasins étaient semblables comme effets et solidaires les uns des autres, les prévisions s'appliqueraient à la totalité d'une armée, à 150,000 hommes par exemple, et dans ce cas les aléa se réduiraient à peine à 1 pour cent.

Les considérations stratégiques demandent la réduction des objets transportés, pour diminuer la Ion» gueur des convois et augmenter la facilité des mouvements. Les considérations économiques réclament le moins de transports possible à payer, comme la moindre quantité d'effets à fournir.

Le vêtement unique satisferait à ces deux exigences, et en outre les hommes seraient infiniment mieux pourvus.

Des aceestoires du fètement.

532. D'^après le principe exposé art. 523, les effets des hommes doivent être réduits au moindre nombre. Tout ce qui n'est pas partie intégrante du vêtement sera proscrit. Les plastrons mobiles et les épaulettes sontà supprimer. On placera des pattes sur les épaules»

pour les protéger el retenir le fourniment; mais elleauront uneextrémité Gxe comme cellesoutenant le ceinturon. Les boutons seront en bronze, afin de supprimer la fiole de tripoli, la patience et la brosse à astiquer ; ils ne porteront pas de numéro. On fera disparfdtrc ceux des manches et ceux des basques comme absolument inutiles. On en réduira ainsi le nombre de moitié ; légère économie, et petite réduction de poids pour l'homme, mais en résumé avantage positif.

Pour distinguer les armes et les corps entre eux, les hommes porteront au collet un motif et un numéro analogues à ceux indiqués art. 523, pour la coiffure. Ces signes, en bronze estampé ou en cuivre, se fixeront sur le côté du collet près du devant, soit par deux petits boutons à demeure, soit par un morceau de fil de laiton traversant deux anneaux.

En cas de mutation de corps ou d'^arme, l'officier ou le soldat change ses signes de collet, à l'instant même, sans travail de couture ni l'intervention' d'aucun ouvrier.

Des insignes de grade.

533. Les insignes de grade devront être les mômes dans toute l'armée. On ne comprend pas pourquoi la troupe, dans les chasseurs à pied, porte des galons de grade chevronnés comme la cavalerie légère et l'artillerie, tandis que les cuirassiers et les dragons placent leurs galons en bande oblique comme l'infanterie. On ne s'explique pas davantage pourquoi certains officiers ont des épaulettcs; les zouaves et les chasseurs à cheval, des nœuds hongrois, les hussards des galons larges chevronnés. Il en résulte souvent des erreurs et des méprises. Incohérence, diversité, inconséquence sans aucune raison. Pourquoi celte va-

riété injasUfiable, alors que dans ies choses militaires la simplicité est si désirable ?

II faut adopter uniformément le port des galons d^ l'infanterie, pour les hommes de 1'* classe, les caporaux, les sergents. — (Les sergents-majors et adjudaiits n'existent plus dans notre système et sont remplacés par les aspirants.) — (Art. 142, C.)

534. Les officiers n'auraient plus l'épaulette, objet gênant, fatigant, incommode et dispendieux. Le grade serait indiqué par de petits galons entourant le poignet et formant une pointe chevronnée à la partie extérieure de la manche.

Les lieutenants auraient deux galons d'or de 3 à 4 millimètres de large, les capitaines trois; les ofQciers supérieurs porteraient un large galon d'or guilloché de 12 à 15 millimètres, insigne particulier de leur classe. Ils y ajouteraient un petit galon d'or pour le chef de bataillon, 2 pour le lieutenant-colonel , 3 pour le colonel.

Les généraux porteraient aux manches et au collet la broderie actuelle.

Tous les fonctionnaires, médecins, vétérinaires» commissaires, ordonnateurs, contrôleurs, auraient pour insignes, des pattes de manches argentées qui en tiendraient lieu. Un large galon circulaire autour du poignet indiquerait la classe des fonctionnaires supérieurs et le nombre des pattes leur rang hiérarchique.

Aucun fonctionnaire, ni officier, ne porterait de broderies, à l'exception des ofGciers généraux.

La nécessité de distinguer les fonctionnaires des officiers motive la dilTérence des insignes. L'harmonie semble exiger aussi les boutons blancs au vêlement. Ce serait sans inconvénient, puisqu'il ne s'agit pas de la troupe.

Les aspirants des corps de troupes porteront un pc* tit galon d'or entourant le poignet, mais non chevronné comme ceux des officiers.

Tous les officiers inférieurs auront sur la patte d*épaule une petite tresse en or; les officiers supérieurs une de plus grosse dimension, et les généraux la même avec les étoiles de leur grade. Une pour le général de brigade, deux pour le général de divi* sion, trois pour le commandant de corps d'armée.

La patte d'épaule des fonctionnaires serait en argent; mais dans aucun cas, ils ne feraient usage des étoiles, insigne réservé au commandement.

Des conditions do pardessus.

536. Le soldat a besoin d'un pardessus; c'est, avec le vêtement de corvée, l'effet le plus nécessaire : l'habit est inutile en campagne.

La vareuse de laine bleue formerait la tenue habituelle par le beau temps. Par le mauvais ou par le froid, on y ajouterait le pardessus.

Ce vêtement doit être très-^ample, chaud, en drap imperméabilisé. Son but est. de préserver de la pluie et du froid. Il lui faut un grand col, pouvant se relever et protéger le cou.

Ce vêtement existe déjà à peu près en France, c'est la capote grise. Elle a été adoptée par presque toutes les nations de l'Europe. Les étrangers lui ont donné une coupe très-pratique, tandis qu'en France, la manie de l'ajustage, des vêtements serrés et étriqués, a rendu la capote trop exiguë. Elle demande à être ramenée à sa véritable forme, en lui restituant le collet et en lui donnant plus d'ampleur.

Cette capote ainsi augmentée convient aux corps montés, comme aux troupes à pied. Il en est ainsi

dans des pays voisins, et la pratique en indique la pos« sibilité.

Si cependant [on persistait à conserver le manteau pour les troupes à cheval, au moins devrait-il être unique. Tout ce qu'on peut admettre, c'est qu'il y ail deux sortes de pardessus, mais pas davantage. Il vaudrait assurément mieux qu'il n'y en eût qu'un.

Tout ce qui est dit art. 530, 531 et 532 s'applique évidemment au pardessus.

537. Les officiers auront le même costume que la troupe. On parait enfin commencer à en comprendre la nécessité, ils n'auront pas de vêtement de corvée^ il est vrai, et porteront toujours le vêtement de tenue; mais quand la troupe sera en pardessus, les officiers l'auront pareillement.

On a fait bien des tentatives pour en trouver un convenable, et on ne semble pas avoir réussi. Le caprice des officiers, quand on les a laissés faire, a été considérable sous ce rapport. Nul vêtement n'a pris plus d'aspects, plus de coupes dissemblables. Ce qui semble le mieux convenir, c'est un vêtement analogue à celui de la troupe. C'est la grande capote que portaient nos officiers dans toutes les grandes guerres du passé. C'est encore le meilleur vêtement. Il sera semblable de forme et de couleur à celui de la troupe. Ce sera donc une vaste capote grise, avec un collet de velours gris, n'ayant ni passe-poils, ni parements, ni collet distinctifs. Elle aura les mêmes insignes que le vêtement de tenue.

Si le manteau se maintient dans les corps montés, il est nécessaire qu'il soit à manches, pour y placer les insignes de grade.

Des oondftfonf du pantribn.

538. Les conditions que doit remplir le pantalon sont analogues à celles indiquées art. 528. îl doit permettre à ITiomme la plus grande agiïïté, et en même temps de travailler, de sauter, de grimper. Une certaine ampleur est nécessaire pour ces motifs. Elle Test encore pour permettre â Taîr de circuler en dessous, condition hygiénique essentielle.

La fatigue qu'éprouve ce vêtement en a fait attribuer deux à chaque homme, afin qu'il y en eût un en bon état et propre pour les revues ou la tenue plus soignée. C'est une augmentation du nombre des effets, une dépense pour le trésor et une surcharge pourThomine.

II est pourtant indispensable que le soldai art denx vêtements pour les jambes comme il en a deux pour le corps, afin de pouvoir en changer et d'être vêtu pendant qu'il sèche, nettoie ou répare l'autre.

Il faut donc deux pantalons à l'homme, maïs il n'est pas obligatoire qu'ils soient tons deux en drap.

Dans la marche, les jambes n'ont pas besoin d*iùe très-couvertes, au contraire. La pluie, la bone, la poussière ont des effets détestables sur le pantalon de drap, tandis que le pantalon de toile se nettoie et se sèche très -vite. D'un autre côté, lorsque îe soir vient , la température fi^fchrt , il est utile qne le soldat soit plus chaudement vêtu, et snrtonf qui? passe la nuit dans des vêtements secs. La pratique réclame le pantalon de toile pour les marches , les corvées, les travaux, et un pantalon de drap pour la tenue soignée ou contre le grand froid.

PanUloQ de drap.

539. Le pantalon de drap, porté ainsi dans des conditions où il fatigue moins, peut servir beaucoup plus

longtemps qu'aujourd'^hui. Un seul suffira au soldat et durera 18 mois. Sa nuance pourrait être la mém^

que cette du vêtement de tenue. Rien n'empêche de lui en donner une autre, pour éviter la monotonie dit costume.

II est évident, par les raisons exposées d'éjà, .que la nuance doit être sombre. Les couleurs claires et voyantes ne peuvent trouver place dans un costume militaire. Elles se distinguent de trop loin et sont trop salissantes. Ce qui semble le mieux convenir, c'est le gris de fer ou le gris bleuté. Le bleu clair et le garance doivent être absolument proscrits.

La rafson d'économie le veut également. La décision ininîstérieTle du 6 mars 1868 fixe ainsi les prix des draps de troupe.

Bleu foncé . . * . ^ . . » . 9 fx. 39 c.

Garance 8 98

Gm arsenlini. i 67

Gri9 ù% fer foncée 8 56

Gris de fer bleuté » 16

Les nuances grises sont donc moins coûteuses q/xe le garance. La différence pour un pantalon ea garaoee ou en gris argentin est de i Cr. 18 «

S09Mi». Les oraernents sMitune superfétatioD et une inutilité dans le pantalon. IlaiM serveai à rien et leor e»ploi entraîne une dépense assez ooQdidérable. Les bandes, doubles bandes et mène lea paase-poils ne sauraient être admis.

Le mênae pantalon peut servir à toutes les armes GomiDe nuanee. Comme longueur et eemme solidité, il but une certaine différence entre ceux des hommes à cheval et des gens à pied. Cette différence sera le noUis grande possible. Ceux des eorps montés seront basanés en drap pareil , et à défaut de cespantalonsspé-

ciaux, les corps montés pourront au besoin se servir de ceux de Tinfanterie.

Cette faculté tient à la question de la chaussure que nous traiterons plus loin (art. 551 et suivants). Nous démontrerons que la botte est la chaussure préférable pour l'infanterie comme pour la cavalerie. Cela étant admis, le pantalon n*aplus besoin d*ôtre différent pour rhomme à pied ou Thomme à cheval» sauf la basane.

Le pantalon de drap se portera, selon le temps et les circonstances, dans la botte ou par-dessus. Placé dedans, c'est ce qu'il y a de plus commode pour la marche comme pourl'équitation. Mis par dessus, la tenue est plus propre et plus soignée. Il faut donc se ménager l'une et l'autre manière de procéder avec le méoce effet.

Du pantalon de toile.

539 ter. Le pantalon de toile pour la marche, le travail et les corvées, a des avantages que la pratique a constatés de la façon la plus positive. La cavalerie, le génie, l'artillerie, le train, les zouaves, lesturcosont le pantalon de toile, et on peut à bon droit s*étonner que rinfanterie de ligne et les chasseurs à pied en soient privés. Ce sont là des inconséquences qu'il faut renoncer à expliquer, et qui prouvent l'absence de tout principe en matière d'habillement.

Si le pantalon de toile est bon pour les uns, il doit l'ôtre évidemment pour les autres, et nous concluons à son adoption pour tous.

Sans doute, il est contraire à la simplicité du vêtement d'avoir deux sortes de pantalons, mais il est possible d'atténuer beaucoup cette objection. En coupant le pantalon de toile de manière qu'il serve de caleçon, ou en façonnant le caleçon de telle sorte qu'il serve de pantalon de toile, on résout le problème. Dans

des marches au Mexique, par des chaleurs intenses, on a fait voyager l'infanterie en caleçon seulement.

Il est facile de trouver un pantalon de toile qui se rapproche beaucoup d'un caleçon. Une fente pratiquée en bas de la couture et 2 rangs de boutons permet* traient de rétrécir le bas des jambes, ou de lui laisser toute son ampleur, selon qu'on le porterait sous le pantalon de drap ou isolément. Dans ces conditions, le pantalon de toile est un avantage sans être une complication. Le soldat aurait deux pantalons de toile à la place de deux caleçons, et la différence de poids serait minime.

Lioge et eiïets dirers.

540. La nécessité d'alléger le chargement des hommes impose la réduction des effets au moindre nombre. Aller au delà du strict nécessaire, c'est méconnaître les conditions de la guerre.

Chemises.

541. On donne aujourd'hui 3 chemises à l'homme. Deux suffisent. Les soldats en campagne n'en ont pas davantage. La 3® est superflue, car le soldat ne doit avoir en paix que ce qui lui suffit en guerre.

C'est une erreur de persister à prendre une grande partie des chemises en fil au lieu de coton ; c'est» dit-on, pour favoriser l'industrie des plantes textiles nationales; mais cet avantage fait à la population, cause à l'armée deux préjudices graves. La toile de fil est moins hygiénique que la toile de coton, en ce qu'elle est plus froide quand elle est mouillée ; elle coûte plus cher que l'autre, ce qui est un défaut notable quand on opère sur des quantités considérables.

Caleçoos.

542. Les caleçons sont remplacés par des pantalons de toile, comme il est dit à l'article précédent.

Jloacboin.

543. Deux mouchoirs soB-t utiles à Tbomme. C'est une habitude ^e (N*0preté qu'îl est «vutag^eiix de lui donner*

Crayalc.

544. La cravate est trop large' et trop lourde. Les hommes la coupent habituellement en deux. Il serait bon de la diminuer et de lui donner une nuance un peu plus foncée, pour la rendre moins salissante. Une seule suffit^ car elle se lave et se sèche promptement.

Geintare.

545. La ceinture de flanelle a rciïdti d'excellents services aux troupes. On a le tort de n'en pas toujours donner aux soldats. On les leur distribue au moment d'entrer en campagne on en temps d*6pîdémie. Son* vent les magasins en sont dépourvus quand lesbesoîns surgissent. Chaque homme doit en posséder une. Il est sage d'en empocher l'usage constant. Il faut en prescrire l'emploi général dans certaines circonstances. Enfin le médecin peut toujours en indiquer remploi particulier.

La possession permanente de cette ceinture permet* tra de faire disparaître les ceintures bleues ou ronges usitées dans certains corps et qui angmentimt la bi* garrnre et Tirrégularité des tenues.

GoélKf de toile.

546. Les ^êtres de toile n'ont plus de but si l'on adopte la botte (art. 560).

CaloUe de coIod.

547. La calotte de coton, pour dormir la nuit, est une superfluité pour la trou;pe. En général il ne fait pas froid dans les chambres des casernes, nême en hiver. Il faut habituer les hommes à coucher tète Jiue,

âi7 —

c'est plusfaygiénîque. Si la températuree'âhaiâse exceptèonnellemeat, si des hommes 60D t enrhumés, si on les place dans «des haraques ou &û«is la tente, ou les autorise à se servir du bonnet de travail qui a aussi pour objet cette destination. Oaa use pas de la calotte de coton en campagne^ il est inutile de l'avoir en paix.

•âânto.

548. Les gants ne sont qu'un luxe et une recherche pour la tivMipe. Ils gdiieat ielJement, que pour les maxoemefits d'aronee et le tir^ on les lait ôter. En campagne, on ae somge pas à s'en servir : pourquoi les avoir en paix 3 Us peuvent se perdre ; ils nécessitent de l'entretien et des lavages, ils entraînent une dépense; ce sont des olsijets à supprimer^

549. L'étui d'habit est une iiiTitilité. Au camp et en campagne, l'homme n'aura que la vareuse de laine et la capote. Celle-ci sera roulée sur le sac de manière à s'enlever ou se replacer en un moment si la pluie se produit ou cesse. 11 est superflu de l'enlourer d'une toile de coiitil, qui forme une dépense, un effet de plus et une augmentation de poids. En campagne, T'étu! sert de bissac, d'où lui vient son nom d'étui-musette. n est tout a fait inutile avec un sac allégé, dans lequel on peut placer les vivres heaucoup mieux à l'abri.

Petite monture.

550. La petite SDonttfre compreod un nombre trop consîdératile de iM^osses, iiales, boiiee, etc. Leur valeur eatde 3^90. 'Ouekiues «régiimeats ont su déjk réduire tous fies objets en «campagne, et pour^i^ir les homotes moyemaAt i^85. Le poids se ti*ouve.aussi di- BÛmié, «^ ceA quelque lobose.

Alors qu'on se montre « imprévoyant sous tant de

rapports essentielsy on pousse les prévisions jusqu'à la minutie à l'égard de la petite monture. La moitié au moins des objets qui la composent est à supprimer.

Chaossore.

551. Bien que le soulier ait prévalu dans Tarniée française, il n'est pas du tout constaté que ce soit la meilleure chaussure.

Les trois types, souliers, bottines et bottes, ont chacun des inconvénients et des défauts. Il est difficile de réunir tous les avantages dans la môme forme, car quelques-uns sont opposés et s'excluent mutuellement.

Pour déterminer la chaussure la plus propre à l'homme de guerre, il faut rechercher les conditions indispensables qu'elle doit remplir et choisir celle qui fr'en rapprochera le plus.

Dei conditions de la chaussure.

552. La chaussure doit garantir le pied des aspérités du sol ou des plantes, delà poussière, du sable, de la boue, de l'eau. Ces conditions obligent à envelopper aussi complètement que possible le pied et le bas de la jambe.

On résout la question plus ou moins complètement soit par un seul objet, comme la bottine ou la boite» soit par la réunion de deux objets, le soulier et la guêtre.

La réunion de deux objets laisse des interstices, des fentes, par lesquels les corps étrangers pénètrent. Le soulier est à peine élevé de 6 à 7 centimètres; la moindre couche d'eau ou de boue le remplit La pous* sière, le sable et souvent même de petits graviers l'envahissent très-facilement, malgré la guêtre, et le pied souffre du contact de ces corps étrangers.

L'humidité est surtout néfaste pour la santé quand elle est prolongée, et il est impossible de s'en préserver dans la vie militaire avec des souliers.

La bottine offre de meilleures conditions. Elle est beaucoup mieux fermée que le soulier et s'élève plus haut. Cependant elle est fendue, soit sur le dessus, soit sur le côté, et bien qu'une languette de cuir forme obturateur sous le lacet, la fermeture laisse toujours à désirer ; la poussière, le sable et la boue épaisse s'y introduisent peu, mais l'eau y entre facilement.

La botte s'élevant à la hauteur du mollet, permet de marcher dans la boue, et, lorsqu'elle est bien graissée, dans 1 5 à 20 centimètres d'eau, sans que rien pénètre jusqu'au pied , c'est là un avantage capital.

ComparaiwD des direnes chaassures.

553. Ce n'est pas le seul : elle a en outre celui de la simplicité. Elle est unique, sans parties annexes ou séparées.

La bottine a une annexe, la languette, et une partie séparée, le lacet.

Le soulier a des cordons et comporte ou une guêtre de cuir composée de 3 parties distinctes, ou une guêtre de toile avec sous-pieds et boutons.

S'il s'agit de se vêtir promptement, la botte se met instantanément. La bottine réclame plus de temps, puisqu'il faut la lacer. Le soulier et la guêtre en demandent encore davantage. On sait que rien ne repose comme d'ôter la chaussure la nuit : or, il est utile en casd'alerte que les hommes soientrapidementsur pied.

Comme nombre de pièces à soigner, surveiller et entretenir, tout l'avantage est à la botte, objet unique. La bottine est dans le même cas à peu près; cependant elle exige un lacet de rechange.

Im goMre de «cuir demande aa soin oonstant» des TOvs-pieds et des lacets de rechange. FêXMie d'^ua lacet elle ne peut plus servir* A la goêtre de totle, il £Mit «ans cesse raocomnioder , recoudre ou duoiger les sous-pieds ou les boutons, c'est une occupation ittoes-* saute.

554. On serait déjà tenté de conclure k 1 adoptioB de la Iwtte^ à cause de sa simplicité. Examinons la commodité.

Le pied tbmmge de dimension^, selon que le sang y afQue plus on i»oitts par la marche; qu'il Sait chaud ou froid. C'est là Técueil de la chaussupe. iV>ur ^fo'faUe soit cooimode, elle doit adhérer au pied, le soutenir sans le presser trop, et éviter les frottements. Si elle remplit ces conditions, au repos et quand le pied est froid, elle sera trop étroite, quand il gonflera. Si, au oontraire , on la choisit ponr l'étal le plus volumineux du pied , elle sera trop large et ballottera lorsqu'il se contractera. L'homme doit pouvoir élar* gir tSFU resserrer sa chaussure, selon l'état de son pied, et c'est ce qui donne tant de partisans aux chaussures lacées, soulier ou bottine.

555. On reproche à la botte de ne pouvoir se modifier comme eux et de présenter une capacité invariable, tantôt trop grande, tantôt trop petite*

On pourrait répondre d'abotd que lef* soldats portent presque tous le soulier sans le lacet, et que, par conséquent, Tarantage de resserrer plus on nmm» la chaussure n eiTste pas en réalité.

Seoondement, on peut arriver à modifier un pen, sinon la t>otte, an moins sa position, par rapport au pied, en employant un moyen «site chez les cha»seurs an marais. Deux courroies extérieures, fixMs à la naissance du talon, viennent s'unir snr ieoounie-

— 3ai —

pied au moyen d un bondeteâii. En seiTant plus 011 moins, la botte adhère très-suffisamment et ne risque pins de blesser. Au lieu de ne d&nner qn'oin qpoint d'attackie fixe à ces oonrpoies, on ponrpait les faifur* quer de manière qu'elles eai aient deiix^ et augmenter ainsi l'adhérenoe.

Il serait meil^^ur encoi« de eubstitirer à ces courroies une large bride passant «ous le pied, danfs l'inlérienr de la semelle, eè etle serait fixée et dont les extrémités se réuniraient sur le dessus du pied, au «Myen d'un lacet. On aurait ainsi les avantages réunis de la botte et de la bottine.

Prii de rerient.

556. Le prix de cette botte, fabriquée par les compagnies hors rang, serait de 9 fr. 50 c. L'industrie pourrait la donner à 12 fr. Avec un remontage, elle durerait près d'un an, mettons dix mois. La dépense totale pour le soldat serait de 18 fr. 20 c. 11 consomme, actuellement, 2 paires de souliers et demie par an, soit 15 fr. 65 c; une paire de guêtres de cuir durant 3 ans, soit 1 fr. par an et trois paires de guêtres de toile valant 3 £r. 60 c.

Le total est de 20 fr. 25 c; l'avantage économique serait en faveur de la botte.

En prenant les prix du commerce, on a, avec la botte, une dépense annuelle de 23 fr. 40 c, ^ avec le soulier de 23 fr. 95 c.

557.. La botte résout complètement ie proUè»e du pantalon «qui, sans forme spéciale «t wec la »oo«pe ordinaire, se met par-dessus la ohftiiasiire «en tenue soignée; en dedans quand il iait «mauvais «ou -qu'on marche. «Gela n'>est pas nouveau. C'esA ce -que iont tous les piétons, voîturiers, ouvriers ; c'est un usage

natfoDa], on peut dire, et il est regrettable qu'on y ait renoncé pour Tarmée.

On a inventé des moyens bien compliqués : les pantalons à la turque ou façon demi-turque, des jaml^ières, des guêtres en cuir, en drap, en toile, montant plus ou moins haut. L'expérience a condamné tout cela, et on est revenu à la forme ordinaire du pantalon. La difficulté de le relever, de l'enfermer dans la guêtre n'en subsiste pas moins, et le problème est toujours en suspens.

La guêtre de toile, prétendra- t-on, soutient la jambe et le bas du mollet, quand elle est bien ajustée. Les soldats le font facilement en avançant ou reculant les boutons, et ce soutien, donné à la jambe, est favorable à la marche. Cet avantage est le plus habituellement illusoire par l'obligation de faire entrer le pantalon dans le haut de la guêtre, ce qui est incommode.

Si l'on pouvait craindre que, par la pluie, la botte ne devînt un réservoir d'eau, il faut remarquer que le pantalon remplit l'ouverture; ses plis bouffants en dépassent le contour et rejettent l'eau à l'extérieur. D'ailleurs, il serait très-facile de fixer une jarretière en haut de la botte, de manière à la faire adhérer au gras du mollet.

Suppression de li seconde paire de chaussure.

558. La botte pèse plus que le soulier. C'est un inconvénient, sans doute, mais il ne saurait balancer les avantages qu'elle a d'autre part. Du reste, sous ce rapport, il n'y aurait pas une très-grande différence de poids. Elle serait sensible si Ton donnait à l'homme deux paires de bottes au lieu de deux paires de souliers.

Le soldat n'en doit posséder qu'une seule paire. Les avantages d'une double chaussure sont peu de chose, en comparaison des inconvénients qu'elle présente.

Une paire de souliers pèse environ 1 kilogramme (Og,035). Chaque fantassin portera cet excédant de poids à 16 ou 25 kilomètres de distance chaque jour. Qu*on réfléchisse un instant à la force immense représenlée par des certaines de mille kilogrammes trans-* portés en moyenne à 20 kilomètres, pendant plusieurs mois. C'est un effort prodigieux. II s'accomplit aux dépens de la force musculaire de l'homme, et laifaiblit d'autant. Tout le monde est d'accord sur la nécessité d'alléger la charge du soldat et de diminuer son bagage. 11 faut donc sacrifier la seconde paire de chaussure.

On objecte, il est vrai, qu'il y a avantage, pour l'intégrité du pied, à changer de chaussure; que les points d'adhérence n'étant plus constamment les mêmes, les blessures sont moins fréquentes. Cela est en partie exact; toutefois, ce qui blesse le plus les hommes, c'est la dureté du cuir. En marche il ne faut plus cirer les chaussures» mais les graisser abondamment, pour entretenir leur souplesse et leur imperméabilité à l'eau. L'expérience est faîte non-seulement chez nous, dans nos communes rurales, mais dans d'autres armées où la botte a été adoptée et passe encore pour le système français. La pratique est là, d'accord avec le raisonnement.

Dans les guerres d'Italie et de 1870 on a pu constater que la plupart des soldats se débarrassaient de la seconde paire de souliers, soit en la vendant, soit en la jetant. Cela prouve combien ce poids les incommode» et qu'il est possible de faire la guerre avec une seule paire de fhaussure.

559. Un accident, une perte, peut priver l'homme de sa chaussure; comment y parer s'il n'en possède qu'une? En paix, cela ne présente pas de difficulté;

en eainpagse, les réserves ddvisioimaires eontiendrent un petit apprevisionoemeirt destiné précisément à sdlM^nir avoc cas de ee* genre (art. 227), t/fOO* peatêtre» 1/200* même de l'effectif suffirait, et les hommes et les chevaux seraient allégés d'un poids considérable.

Unité de cbaussure.

560. La botte adoptée sera d'un modèle unique pour toute Parmée; elle aura deux dimensions sous le rapport de la tige, afin d'en donner de plus hautes aux corps montés, mais saqs rien changer au modèle, ni à la faculté de porter le pantalon en dessus ou en dedans. La botte à Técuyère est coûteuse pour la troupe; l^éperon à la chevailière se perd, parce qu'il est mal assujetti. La botte ordinaire, un peu montante, avec un éperon fixe, est très-suffisante en toute occasion; elle remplace avantageusement toutes basaneSy fausses bottes, ou autres inventions, plus ou moins vicieuses, coûteuses, et qui compliquent les approvisionnements.

Ici, encore, Tunité nous apparaît comme ce qu*îl y a de plus simple, de plus économique et de plus rationnel.

De la »aiMUl».

56 t. Cepen<lant, dira~t-on, une seule ehaussure? et quand il faudra la réparer, la nettoyer, l'honime restera donc nu*pieds? Cette question intéressante se résout sans la complication d'une double ehiaus* sure. Il est facile de pourvoir les hommes d'une paire de sandales, légères à porter; elles permettrafent souvent de marcher à l'homme, dont le pied excorié ne peut supporter de chaussure fermée. La sandale est en usage chez certains peuples ; nous Pavons employée au Mexique quand les souliers ont parfois manqué. On ne s'en est pas mal trouvé.

ComBarsison entre le système actuel et celui proposé.

562. Le tableau suivant moutre les résultats du système actuel d'habillement et de celui que noua propose as :

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