‹ La réforme de l'arméeChapitre 87 sur 142 · HABILLEMENT · texte numérisé non relu

HABILLEMENT

Idées géoérsles sur le eoslume des troupes.

510. Les variations du costume des troupes, en France, sont empreintes de la légèreté, du caprice, et de la fantaisie du caractère de notre nation. On vise surtout à l'effet, au brillant, et on oublie les conditions solides et pratiques.

Alors il se produit deux choses : 1^ une transformation continuelle de rhabillemcnt, sans motifs, sans progrès ; on change pour changer ; 2^ en campagne,

les uniforroeB de paix sont gênants, incommodes, in* confortables ; on les supprime, on les modifie, on les dénature, et l'armée présente un aspect bigarré, une confusion de costumes qui accuse le désordre des idées.

En paix même, on voit presque autant de bigarrure, tant les modifications sont rapides : capotes de plusieurs modèles; tuniques de plusieurs coupes; pantalons de diverses espèces; coiffures variées. Le manque d'esprit d'ordre, de méthode, de suite dans les idées, se manifeste particulièrement.

C'est qu'aucun principe ne préside à l'habiHement. On se laisse aller soit au goût du jour, soit à l'influence de quelques faiseurs dévoyant l'opinion. On prône comme excellent ce qui a été rejeté conune mauvais peu d'années auparavant. Combien de fois a*t-on alterné le képi rouge et le képi bleu ! A chaque changement, les plus minces raisons étaient alléguées. Le rapport qui exaltait le képi rouge se trouvait absolument détruit par le rapport du ministre précédent qui l'avait fait supprimer.

Est-ce par ces procédés futiles qu'on peut arriver à des améliorations sérieuses 7

11 est ridicule pour l'armée, gênant pour les hommes et nuisible aux intérêts du Trésor de persévérer dans cette voie de hasard et de fantaisie.

Il faut asseoir l'habillement des troupes sur des principes positifs, sur des bases solides et pratiques, qui lui assurent une longue durée (art. 26).

De Tonité du eMtume.

511. Le premier principe est l'unité de costume; c'est-à-dire un même uniforme pour toute l'armée.

Les avantages sont incontestables sous le rapport

de la eimplicité; de la commodité des approvisionnements; des chaDgements d'armes des hommes; de la régularité de la tenue et de l'économie pour le budget.

Les inconvénients sont peu de chose et plus spécieux que réels. Nous nous y arrêterons, cependant, pour les discuter, car le principe de la tenue unique sera certainement le plus difficile à faire prévaloir en France, où Ton aime tant, surtout en fait de costume, les distinctions, les privilèges, les exceptions, les particularités. Dans ce pays oh l'on parle tant d'égalité, de droit commun, où Ton a une propension pour l'uniforme, on ne veut pas être mis comme tout le monde. On tient à un bout de galon, à un parement d'une certaine nuance, pourvu que les autres ne l'aient pas. On veut un uniforme le plus multiforme possible. Cette inconséquence ne saurait nous étonner, mais il faut la combattre et tâcher de rameaer les esprits à la logique comme à la pratique.

512. La première objection à l'unité de costume, c'est la différence des besoins de l'homme à pied et de l'homme à cheval. Le premier réclame, dit-on, un habit long, un pantalon court, des souliers, une capote de moyenne ampleur; le second demande un habit court, un pantalon long, des bottes à éperons, un vaste manteau.

Ces exigences peuvent parfaitement se concilier et être satisfaites par un seul et unique costume. Nous en trouvons déjà la preuve en Autriche, où le vêtement a la même coupe pour tout le monde, sauf les hussards; et chez nous-mêmes , parmi les officiers en campagne, où ceux de toutes armes finissent par arriver à un même et unique vêtement : paletot court ou pelisse.

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