ARMEMENT
Des armes portatives.
600. Le principe de simplicité et d'unité dansTarmement n'est pas moins précieux que dans les autres branches organiques du système militaire. Cette unité absolue est obligée de se modifier en raison de cer* tainos conditions, mais il faut les restreindre à l'indispensable et supprimer tout ce qui tient à la fantaisie.
Nous poserons donc comme principe, pour les armes à feu portatives, un fusil plus ou moins long, un seul sabre, et une lance^ soit trois armes ou même deux seulement.
Fusil d'iafanterie.
601. Le fusil d'infanterie, modèle Ghassepot, est bon. L'expérience a montré ses qualités, mais elle a fait ressortir ses défauts. Il est susceptible de grandes améliorations sans notables changements. Depuis sa
création, de nombreux modèles nouveaux l'emportent sur lui sous certains rapports particuliers, mais qui ne semblent cependant pas lui enlever la prééminence comme arme de guerre,
La première modification à apporter au chassepot est de changer sa hausse. Il a été reconnu que cette arme, dépassant les prévisions, peut porter la balle jusqu'à 1800 mètres, La hausse sera réglée jusqu'à cette distance. Pour profiter de cet avantage dans toute sa plénitude, il conviendrait d'^augmenter la charge de poudre de 5 décigrammes à un gramme. Ces modifications sont faciles à réaliser.
Il en est une autre plus grave. Elle consisterait à remplacer Taiguille par un percutant, de manière à avoir un mécanisme moins délicat et d'une exécution plus sûre. On parait lavoir déjà trouvé. Il ne resterait qu'à l'appliquer au chassepot, sans changer l'arme, bien entendu. Ce n'est pas que le fusil actuel puisse être considéré, tant s'en faut, comme le dernier mot de la question. Il est susceptible de perfectionnements considérables, et la fabrication doit sans cesse se tenir à hauteur des progrès de manière à pourvoir, sinon toute l'armée active, au moins une grande partie, de ce qu'il y a de plus nouveau et de meilleur en fait d'armes. On y parviendrait aisément si Ton pouvait maintenir seulement l'unité de calibre de manière à utiliser les munitions et à éviter la confusion dans les approvisionnements.
Le fusil, ainsi modifié, est Tarme de jet de l'infan-» terie.
Foiil court oa motuqoeton d'artillerie et de canlerie.
602. Cette même arme, réduite de longueur, devient un fusil court, sans aucun changement de modèle ni de cartouche. Ce sera, si Ton veut, un mousqueton et
constituera rarme à feu de tous les hommes qui n'ont pas le fusil d^infanterie : clairons, sapeurs, artillerie, train, cavalerie, infirmiers. Bien que cette arme soit moindre comme longueur, on ne peut prétendre qu'elle soit autre que celle de l'infanterie, et on doit reconnaître que sous ce rapport il y aurait à bien peu de chose près unité complète d'armement.
Nombre de cartouches.
603. Les hommes d'infanterie recevront 11 paquets de cartouches en temps de guwre, soit 99, plus deux cartouches libres; total : 101. Elles ne pèsent pas plus que les soixante ancien modèle qu*on délivrait jadis aux soldats.
Tous les autres corps ne posséderont que deux paquets et deux cartouches libres, soit 20 en tout. Cela est suffisant pour la nature de leur service.
ApproTisionnement de cartouches.
604. L'effectif de guerre que nous avons indiqué (tableau C) est de 657,000 hommes. On en déduit facilement les approvisionnements nécessaires.
L'infanterie a un approvisionnement de réserve égal à celui qu'elle porte dans le sac ou la giberne (art. 178) et qui se trouve aux réserves divisionnaires et de corps d'armée.
Il est nécessaire de compter sur un approvisionnement de remplacement de même importance réuni dans les places frontières et prêt à être dirigé sur les armées, soit 300 cartouches par homme d'infanterie.
Les autres corps sont suffisamment pourvus avec 20 cartouches. S'il leur en fallait un supplément, on le trouverait facilement dans l'excédant provenant des hommes morts, blessés ou malades.
U faut donc pour 500,000 hommes d'iafanterie à raison de 300 cartouches par homme. 150^000^000
Pour 148^000 hommes de diverses armes, à raison de 20 cartouches chacun 2,960,000
Les hommes de remplacement destinés à combler les vides des armées actives doivent rejoindre avec un approvisionnement complet. Cette force estde 325,000 hommes (art. 36).
Pour 250,000 fanUssins à 100 cartouches. . . 25,000,000 Pour 75,000 hommes d'autres armes à 20 cartouches 1,500,000
Les hommes destinés à la garde du territoire auront besoin aussi d'une certaine quantité de cartouches qu'on peut évaluer à un demi-approvisionnement. Cette seconde réserve s'élève à 300,000 hommes (art. 37) et est composée presque exclusivement d'infanterie. Il lui faudrait 15,000,000 de cartouches.
On peut compter sur à peu près autant pour les approvisionnements des places de guerre et pour les volontaires de ces villes, soit encore environ 15 millions.
En réunissant ces divers chiffres , on obtient un total de 210 millions de cartouches qui devraient toujours exister. Elles se renouvelleraient sans cesse par les exercices de tir annuels qui en enlèveraient une assez notable partie.
11 faut faire tirer chaque année les 345,500 hommes de l'effectif entretenus sous les drapeaux, puis les 241,000 qu'on y appelle temporairement durant un mois (art. 465).
11 y aurait ainsi à faire tirer 453,000 hommes d'infanterie à raison de 60 balles par homme, soit 27,180,000
Et 133,000 hommes d'armes diverses à 20 halles, soit 2,660,000
Total 29,840,000