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CHAPITRE XII

L ENSEIGNEMENT DU FLAMAND DANS LES ÉCOLES NORMALES ET PRIMAIRES WALLONNES

-Nécessité d'une réforme de l'enseignement du flamand. — Échanges d'entants* entre familles flamandes et wallonnes. Organisation de cours de flamand pour les instituteurs wallons.

La loi scolaire laisse aux directions des écoles le soin de décider si une seconde langue sera enseignée à l'école primaire. Nous ne sommes pas partisan d'imposer Tétude du llamand aux Wallons. Par contre, nous estimons qu'il est équitable que la connaissance sérieuse du flamand soit exigée lie tous les magistrats, fonctionnaires et employés wallons t-n contact suivi avec le public flamand. La loi sur l'emploi des langues à l'armée a réglé la question en ce qui concerne les officiers et sous-officiers. Plus que jamais l'application rigoureuse de cette loi s'imposera, car il y va des intérêts primordiaux de l'armée.

Les directions des écoles primaires se laisseront donc guider uniquement par les intérêts des populations. Mais, pour que l'organisation en pays wallon de cours de flamand soit possible et surtout profitable, il sera nécessaire que les écoles normales wallonnes préparent des instituteurs capables d'enseigner convenablement le flamand. Ne soyons pas injustes envers les Wallons. Si la plupart d'entre eux n'ont l)as étudié la seconde langue de leur pajfs, c'est que l'occasion leur en a manqué. Multiplions donc ces occasions, en renforçant l'enseignement du flamand dans les écoles normales wallonnes.

Avouons franchement que cet enseignement a complète-

2ùi LA RÉFORME DE LENSEIGNEMEXT.

meiU échoué jusqu'ici, et que les résultats en ont été déplorables et tout propres à décourager les élèves.

La réduction du nombre des années à consacrer aux études normales ne sera pas de nature à faciliter le relèvement de cet enseignement. Il faudra pourtant y arriver. C'est par de fréquents séjours des futurs normalistes en pays flamand que la question pourra se résoudre. Une fois de plus nous préconisons les échanges d'enfants entre familles flamandes et wallonnes, soitpendantles vacances seules, soit pendant toute une année scolaire. Ces séjours sont salutaires. Ils n'ont pas besoin d'être bien longs : il suffit d'une année à un enfant de i 12 à 44 ans pour apprendre à parler avec facilité une langue étrangère. On nous a même signalé le cas de réfugiés wallons, enfants et adultes, qui pendant un court séjour en Hollande ont appris à parler couramment le néerlandais. Il se créera peut-être en pays flamand de petits instituts spéciaux, qui se donneront pour mission de préparer des jeunes gens wallons aux différents examens sur la langue flamande. Les méthodes d'enseignement du flamand, tant dans les écoles normales que dans les écoles primaires du pays wallon, exigent une refonte complète! Une combinaison de la méthode directe avec la méthode grammaticale nous paraît le mieux répondre au but à atteindre. Les professeurs doivent être, capables, zélés et pénétrés de l'importance de leur cours, sans quoi leur enseignement restera stérile.

D'après nos conceptions, l'examen de chef d'école comportera une épreuve sur la seconde langue nationale. Le gouvernement aura donc pour devoir d'organiser des cours de flamand pour les instituteurs en fonctions qui se préparent à cet examen. Il faudra créer un courant favorable à l'étude du flamand et engager les instituteurs à s'imposer des séjours en pays flamand, à kre des revues et des journaux flamands bien écrits et à correspondre régulièrement avec des collègues flamands, qui profiteront de la circonstance pour se perfectionner en français.

De plus, nous conseillons vivement aux administrations

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