‹ La reforme de l'enseignement populaire en Belgique. --Chapitre 36 sur 56 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Le buL de l'école gardienne. — L'enseignement gardien doit en revenii aux principes établis par Frœbel. — Création de sections normalepour la formation d'institutrices gardiennes capables. — Le système Montessori. — Une journée passée dans les Case dei bambini de Milan. — Envoi d'une mission belge d'études à Milan.

« L'école gardienne a pour objet de préparer l'enfant à recevoir avec fruit l'instruction primaire, en lui donnant tous les soins que réclame le développement physique, intellectuel et moral du jeune âge.

« Pour atteindre son but, il faut qu'en toutes choses elle vise particulièrement le développement de Vactivité spontanée et libre de l'enfant.

« L'enfant' n'est pas appelé à l'école gardienne pour y demeurer inerte pendant de longues heures, pour y recevoir passiveynent des leçons, pour y. écouter machinalement des remontrances et des exhortations. Il doit se 'mouvoir \ il doit agir sans cesse, non seulement en mettant en jeu ses membres et les forces de son corps, mais en exerçant les facultés de son esprit et en manifestant les sentiments de son cœur.

« C'est là l'activité.

« Ce qu'il fait à l'école gardienne ne doit pas être une imitation servile, une reproduction inconsciente de ce qu'il a vu faire, mais une création ou au moins une transformation née de ses propres recherches.

« Ce qu'il apprend ne doit pas provenir dune appropriation inintelligente du savoir d'autrui, d'une assimilation pénible de choses ou de paroles répétées à satiété ; ce doit être une acquisition résultant de ses observations, de ses investigations^ de ses petites expériences pratiques.

a C'est là l'activité spontanée.

« Les actes, les recherches, les jeux, les travaux de l'enfant ne doivent pas être l'exécution forcée d'un commandement raide, d'un ordre impérieux, d'une invitation sans réplique. Il faut, autant que possible, que tout cela soit pour lui chose désirée, demandée^ voulue.

< C'est l'activité libre.

a Mais, comme tout ce qui vit dans l'enfant a besoin, pour grandir, d'une influence extérieure, c'est à l'institutrice gardienne de la procurer, en venant oppoi^tunément en aide à Vartivité spontanée et libre.

« Provoquer l'action, en faire naître Voccasion, en fournir V exemple ou l'application; aider à saisir le but et la loi des exercices, en augmenter le charme et la valeur éducatrice, tel est essentiellement son rôle.

« Elle ne l'accomplira point, si elle s'attache au mécanisme des méthodes, aux formes extérieures des procédés, à une pratique routinière des travaux et des occupations. C'est de l'esprit même du système d'éducation enfantine qu'elle doit se pénétrer; c'est à en varier les moyens que son intelligence doit s'appliquer, pour parvenir à éveiller l'esprit de l'enfant, à ouvrir son âme à toutes les impressions salutaires, à tous les nobles sentiments.

« Exciter avec mesure, diriger avec sagesse l'activité de son élève, tout en lui laissant spontanéité et liberté, tel est l'art suprême de la véritable institutrice gardienne^ »

C'est en ces termes que s'exprime le programme-type des écoles gardiennes. Bien que plus de cinq lustres aient passé depuis son apparition, — le document date du 20 août 1890, — il n'a guère vieilli et les théories qu'il développe gardent toute leur valeur.

Nous n'avons qu'une seule observation à présenter quant à l'objet de l'école gardienne. Comme son nom l'indique, cette institution sert en tout premier lieu à garder les enfants

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